Extrait d’un rapport de Michael Howell, fondateur de CrossBorder Capital, firme spécialisée dans l’analyse des flux de liquidité globale.
Daté du 26 janvier 2026, il s’agit de la deuxième partie d’une série sur les variations monétaires relatives, focalisée sur la performance comparative de l’Or et du Bitcoin.
L’argument central est que l’Or surpasse actuellement le Bitcoin non pas en raison d’une « grande dévaluation » généralisée des monnaies fiat, mais à cause de facteurs spécifiques liés à la liquidité :
-son origine (Chine vs États-Unis),
-son mode de circulation (économie réelle vs financière), et
-ses impacts différenciés sur ces deux actifs.
Les arguments principaux :
- Rejet de la thèse de la « grande dévaluation » : Howell affirme que la hausse des prix de l’or (et de l’argent) est principalement pilotée par la Chine, plutôt que par ‘une dévaluation globale des monnaies FIAT. Cela suggère une dynamique régionale, liée aux politiques monétaires chinoises (par exemple, injections de liquidité pour soutenir l’économie réelle face à des tensions géopolitiques ou internes).
- Rôle de l’or et du Bitcoin comme hedges contre l’inflation monétaire. Les deux actifs sont vus comme des protections, mais le Bitcoin « traîne » (lagging). La raison : la liquidité n’est pas homogène. Celle issue de la Chine favorise l’or (utilisé dans l’économie réelle, comme réserve ou bijouterie), tandis que celle des États-Unis booste plus le Bitcoin (lié à la finance spéculative et aux marchés crypto).
- Divergence fondamentale et conjoncturelle : Pas une « défaillance » d’un actif, mais une divergence due à des cycles et structures différents.
- Implications pour la gestion de portefeuille : diversifier en tenant compte de ces nuances, plutôt que de voir l’un comme substitut à l’autre.
- Analyse empirique via modèle VAR : Basé sur des données hebdomadaires, un modèle VAR (Vector AutoRegression) identifie les influences sur le Bitcoin.
- Corrélation positive à long terme (or et Bitcoin montent ensemble face à l’inflation monétaire).
- Relation négative à court terme (cycles divergents : quand l’un monte vite, l’autre peut stagner).
- Situation actuelle : Or à des sommets historiques (dépassant 5 000
l'once), Bitcoin stagnant (autour de 87 000-88 000), ce qui illustre parfaitement cette divergence cyclique.
L’analyse est ancrée dans une vision macroéconomique centrée sur la liquidité, un thème récurrent chez Howell, qui suit les cycles de liquidité globale (environ 65 mois) et prédit un pic fin 2025/début 2026, suivi d’un assèchement potentiellement baissier pour les actifs risqués à cause des besoins colossaux de refinancement des dettes en 2026.
- Liquidité globale : Howell mesure la liquidité non pas seulement via les bilans des banques centrales (comme la Fed ou la PBOC), mais via les flux croisés (cross-border flows) incluant shadow banking, repo markets, etc.
- Elle n’est pas « uniforme » : la liquidité chinoise circule plus dans l’économie réelle (investissements physiques, or comme réserve), boostant l’or. Aux États-Unis, elle alimente l’économie financière (marchés actions, crypto), favorisant le Bitcoin. Cela explique pourquoi une injection en Chine profite plus à l’or qu’au Bitcoin.
- Modèle VAR : Un outil économétrique multivarié qui modélise les interrelations dynamiques entre variables (ici, prix du Bitcoin, or, liquidité, risque). Il capture les « canaux d’influence » et les rétroactions. Le terme « or/BTC$ » (11 %) reflète une interaction bidirectionnelle : l’or influence le Bitcoin positivement à long terme (comme hedge commun), mais négativement à court terme (concurrence pour les flux spéculatifs ou rotations sectorielles).
- Corrélation long terme vs court terme : À long terme (années), or et Bitcoin sont corrélés positivement car tous deux réagissent à l’inflation monétaire (impression de monnaie). À court terme (semaines/mois), négative : par exemple, en période de stress géopolitique (comme tensions US-Chine), l’or monte comme safe haven physique, tandis que le Bitcoin, plus volatil et lié au risque, peut stagner ou baisser.
- Contexte actuel : En janvier 2026, l’or a franchi 5 000
l'once (prix spot ~5 074-5 097), un record historique, dopé par la Chine et les tensions globales. Le Bitcoin, autour de 87 000-87 800 $, oscille sans tendance claire, après un pic à ~98 000 $ en 2025, reflétant un assèchement de liquidité post-pic. Cela valide le modèle : divergence cyclique, avec l’or profitant de flux réels chinois.
Note BB: je rappelle que je n’ai pas la même conception de la liquidité que Howell qui d’une certaine façon la réifie alors que moi je considère que c’est un mouvement, une disposition d’esprit de la communauté spéculative mondiale qui crée la liquidité quand elle croit qu’elle va vendre plus cher qu’elle n’a acheté. La liquidité pour moi n’est pas une réalité mais c’est une croyance.
Howell prévoit un retournement boursier en 2026, avec l’or potentiellement à 10 000 $ d’ici mi-2030, et voit les deux actifs comme protections complémentaires contre une future dévaluation des monnaies avec les gouvernements imprimant pour refinancer leurs dettes).
Le rôle pivot de la Chine est incontestable, ses achats d’or (officiels et privés) depuis 2023 ont accéléré la hausse, contrastant avec un Bitcoin plus sensible aux régulations US (comme les ETF, mais aussi aux hausses de taux).
Globalement, ce rapport de Howell renforce mon idée que les marchés ne reflètent plus l’économie réelle, mais des flux monétaires manipulés, thème qui m’est cher .