L’évolution historique depuis la crise de 2008 peut être considérée comme une succession de mesures prises par le Capital mondial pour préserver son droit à prélever le surproduit mondial, malgré les phénomènes de suraccumulation, de surendettement, d’insolvabilité.
Il faudrait ajouter dans une perspective mondiale que le Capital Occidental a voulu préserver son droit à prélever le surproduit mondial malgré la montée de la multipolarité et que pour cela il a été obligé de retourner aux méthodes coloniales de l’impérialisme comme la guerre et le pillage, mais cet aspect n’est pas traité ici, je le traite quotidiennement en fonction des guerres en cours.
Cette analyse s’inscrit dans la perspective du matérialisme historique classique, où la crise n’est pas un accident isolé, mais une manifestation inhérente aux contradictions du système capitaliste, notamment la tendance à la baisse du taux de profit due à la suraccumulation de capital.
Dans la théorie du matérialisme historique et de la logique dialectique, la suraccumulation désigne l’accumulation excessive de capital fixe (machines, infrastructures) par rapport au travail vivant, ce qui entraîne une baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse et les parades qu’elle suscite produit les mouvements de l’Histoire
Cela mène à des crises de surproduction, où la production dépassant la capacité d’absorption du marché permise par les revenus gagnés, il faut recourir à la production de pouvoir d’achat fictif, de dettes et de déficits ce qui débouche sur le surendettement, sur le gonflement du capital fictif ( capital boursier ) et sur l’insolvabilité bullaire des acteurs économiques.
La crise de 2008 est une crise de suraccumulation de capital et de droits divers comme les retraites par exemple ou comme les salaires des hautes fonctions publiques, amplifiée par la financiarisation, où le crédit et la spéculation masquent temporairement les faiblesses structurelles du système.
Le capital répond à ces crises non pas en résolvant les contradictions fondamentales, mais en les déplaçant : c’est le fameux « kick the can » ou « extend and pretend ».
Il répond:
-par la destruction du capital le plus faible et le plus fragile excédentaire,
-par la centralisation , remontée des problèmes au Centre « banque centrale, trésor public »
-par les fusions-acquisitions, la concentration du capital; la monopolisation rentière
-par des politiques monétaires, fiscales et budgétaires qui protègent les profits au détriment des salariés et des États.
Depuis 2008, ces mesures ont permis au capital de maintenir son extraction de plus-value (surproduit), même si cela a accru les inégalités et la dette globale.
Succession de mesures post-2008
Voici une analyse chronologique et thématique des principales mesures, vues comme des stratégies de préservation du capital :
- Sauvetages bancaires et injection de liquidités (2008-2009) : Les États, via les banques centrales comme la Fed aux États-Unis, ont injecté des trillions via des plans de relance et des rachats d’actifs toxiques. Socialisation des pertes
- Cela a évité la faillite massive des institutions financières, préservant le « capital fictif » (dettes et titres) et permettant aux capitaux de se recentraliser via des fusions records (ex. : 4,38 trillions de dollars en fusions-acquisitions en 2007/2008.
- Ces interventions ont transféré les pertes du privé au public, maintenant le surproduit pour les élites malgré l’insolvabilité sous-jacente.
- Assouplissement quantitatif (QE) et politiques monétaires ultra-accommodantes (2010-2020) : Les banques centrales ont poursuivi une politique d’argent bon marché et d’achat massif d’obligations (QE), gonflant les bilans des banques centrales et favorisant la spéculation sur les actifs (bourse, immobilier).
- Reduction de la rémunération de l’épargne populaire par ce que l’on appelle la répression financière
- Cela a contrebalancé la suraccumulation en maintenant artificiellement les taux de profit via l’endettement accru et l’effet de levier , mais sans relancer l’investissement productif réel.
- generalisation des rachats de ses propres actions par le capital uns sorte de grève du capital pour maintenir sa valeur
- Résultat : une croissance anémique (« stagnation séculaire »), avec une dette privée atteignant plus de 300 % du PIB aux États-Unis .
- Austérité et réformes structurelles (2010-2015) : En Europe et ailleurs, des politiques d’austérité (réduction des dépenses publiques, flexibilisation du travail, érosion des avantages acquis ont été imposées pour « assainir » les finances publiques, endettées par les sauvetages.
- Cela a dévalorisé le travail (baisse des salaires réels, précarisation), augmentant ainsi la plus-value extraite par le capital malgré la suraccumulation. Ces mesures ont aussi favorisé la centralisation, avec une concentration accrue du capital mondial.
- Réponses à la pandémie et inflation (2020-2026) : La crise COVID a accéléré ces tendances, avec de nouveaux QE massifs et des stimuli fiscaux.
- Mais l’inflation subséquente a révélé les limites: il a fallu faire des hausses des taux pour protéger les créanciers, au risque de récession.
- Tout cela illustre comment le capital utilise les crises pour restructurer l’économie en sa faveur, préservant son prélèvement sur le surproduit mondial via la dette et la financiarisation.
Cette succession de mesures n’a pas résolu les contradictions : la dette globale a explosé, la croissance reste faible, et les inégalités se creusent, les consensus sociaux s’effondrent confirmant la thèse d’une crise non pas conjoncturelle, mais structurelle du capitalisme.
Au lieu de détruire le capital excédentaire comme dans les grandes dépressions passées, le système l’a préservé via l’endettement et les déficits des gouvernements, repoussant la crise dans le futur .