
Face à l’engouement pour l’or la Monnaie de Paris, chargée notamment de frapper les euros, fait renaître le Bullion français, une pièce en or fin, qui sera bientôt proposée comme investissement aux particuliers. Un objet fabriqué dans un lieu placé sous haute sécurité, auquel seule une poignée de personnes a accès.
« Des heures et des heures sur un seul sujet »
Après avoir passé un scanner d’aéroport, déposé portable et pièces de monnaie en consigne, l’accès est enfin possible. Derrière ces murs en vieille pierre en bord de Seine, la Monnaie de Paris fabrique et entrepose ses pièces de collection et bientôt, le Bullion. Une pièce inventée en France sous Louis XIII, mais qui demeure depuis longtemps uniquement disponible à l’étranger.
Armé d’un marteau et d’un burin, Corentin passe « des heures et des heures sur un seul sujet ». Lui est graveur de monnaie, un métier en voie de disparition, qui va de la création du dessin sur la pièce à la réalisation de la matrice. « C’est un moule, mais à la place de faire couler de la matière comme dans un moule, on va frapper de la matière », détaille-t-il.
« Il faut s’accrocher pour avoir le même niveau d’exigence du début à la fin. »Corentin, graveur à franceinfo
Ce moule doit être parfait puisqu’il en découlera toutes les futures pièces. Pour le Bullion, le nombre dépendra de la demande et de l’engouement pour ces pièces proposées en quatre versions : once d’or, demi-once, quart et dixième d’once. Si la formule fonctionne, la Monnaie pourrait renouer avec une activité intense.
« On a hâte de voir ce que ça va donner »
C’est bien une machine qui frappe les pièces, en revanche, c’est encore l’œil humain, notamment celui du monnayeur Stéphane Tappia, qui les vérifie une par une et il s’agit là d’un savoir-faire précieux, explique-t-il : « Malgré le fait de les avoir soufflées et nettoyées, il peut y avoir une petite poussière qui se met dessus et comme on frappe souvent autour de 200 tonnes, elle s’incruste dans les parties polies. Pour nous, cela saute aux yeux, cela fait un petit point brillant ».
La charge de travail pourrait s’avérer conséquente. Si la Monnaie de Paris ne traite pas de grosses quantités d’or, « le Bullion, ça peut être 3 000 comme ça, peut-être 300 000 », précise le monnayeur. « La frappe sera donc différente. On ne le fera pas sur les mêmes machines, on s’organisera d’une autre manière. On a hâte de voir ce que cela va donner », poursuit Stéphane Tappia.
Le prix sera indexé sur le cours de l’or et une version numérique sera aussi proposée. Quelle que soit la version, la Monnaie de Paris prend une commission. Elle espère conquérir le marché des pièces d’investissement, avec son Bullion « made in France ». Restent deux inconnues : le design de la pièce et sa date de lancement exacte, dont on ne sait seulement, pour l’instant, qu’elle est prévue courant 2026.
La Monnaie de Paris relance le Bullion, une pièce d’or… d’investissement.
Le reportage de Marina Cabiten écouter (2min)
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