La certitude logique de l’hyperinflation.

L’horizon la bas, au loin, de l’hyperinflation.

Les mots importants sont: « horizon » « au loin » et « la bas« .

Il y a trois temps;


le temps biologique
le temps chronologique
le temps logique


L’hyperinflation est une nécessite logique donc elle s’inscrit dans le temps logique de la succession des évènement mais ce temps n’est pas redevable de prévision calendaire.

J’utilise la transposition de l’individu au corps social comme si ce dernier avait un inconscient , cela fait partie de mon cadre analytique qui inclut les phenomènes de prises de conscience dans le corps social comme un processus historique; ici je l’applique à la prise de conscience par le corps social que la monnaie est pourrie, qu’elle est une escroquerie et une arme des Maitres contre les sujets.

Dans la théorie psychanalytique de Jacques Lacan, le « temps logique » désigne une structure subjective du temps, distincte du temps chronologique (mesurable par l’horloge) et du temps biologique (lié au corps et à ses cycles naturels).

Ce concept est exposé dans son texte de 1945

Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée, inspiré du sophisme des trois prisonniers (où des détenus doivent raisonner sur des disques blancs ou noirs fixés dans leur dos pour s’évader).

Les trois temps logiques

Pour rappel, Lacan divise le temps logique en trois moments interconnectés :

  • L’instant du regard (ou instant de voir) : Un moment immédiat, pré-conscient, où le sujet perçoit une situation brute, sans encore la traiter pleinement (ex. : voir les disques sur les dos des autres prisonniers).
  • Le temps pour comprendre : Une phase intermédiaire de réflexion, de doute et d’élaboration hypothétique. Le sujet associe des éléments, évalue les possibilités et intègre l’Autre (le regard ou la position des autres) dans son raisonnement. C’est un temps de suspension, où l’incertitude domine.
  • Le moment de conclure : Un acte décisif, où une certitude anticipée émerge, poussant à l’action. C’est un point de scansion (coupure) qui clôt le processus, même sous pression temporelle.

Ces temps ne se succèdent pas linéairement comme des minutes sur une montre ; ils forment une logique subjective, scandée par des moments de certitude qui surgissent de manière imprévisible.

Pourquoi ne peut-on pas prévoir le temps logique ?Le temps logique est imprévisible par nature, car il est ancré dans l’inconscient et la singularité du sujet, plutôt que dans une mesure objective.

Voici les raisons principales :

  • Timelessness de l’inconscient : Comme Lacan le souligne (inspiré de Freud), l’inconscient ignore le temps chronologique. Il est « intemporel » (zeitlos), sans linéarité ni durée fixe. Les processus psychiques ne suivent pas un calendrier préétabli ; ils émergent de façon non linéaire, influencés par des associations libres, des signifiants et des relations à l’Autre. On ne peut donc « dater » quand un insight ou une certitude surviendra.
  • Anticipation sans datation : Le raisonnement logique permet de prévoir les étapes structurelles (par exemple, dans le sophisme des prisonniers, chaque sujet peut anticiper que les autres raisonneront de la même façon, menant à une sortie simultanée). Mais cette prévision est abstraite et atemporelle : elle décrit quoi (les moments logiques), pas quand (la durée réelle). Le passage d’un temps à l’autre dépend de facteurs subjectifs imprévisibles, comme le doute, la hâte ou la reconnaissance de la position de l’Autre.
  • Distinction avec le temps chronologique et biologique : Le temps chronologique est prévisible (on peut dater un rendez-vous ou une échéance). Le temps biologique est cyclique mais inexorable (ex. : vieillissement, fertilité en AMP). En revanche, le temps logique est « scandé » par des actes (comme la fin d’une séance analytique), qui interrompent le flux sans avertissement préalable. Il peut contredire le chronos : un désir psychique (ex. : vouloir un enfant à 40 ans) surgit indépendamment de l’âge biologique, sans qu’on puisse le programmer.
  • Rôle de l’urgence et de l’acte : Dans la cure analytique, la scansion (coupure de séance) force le passage au moment de conclure, illustrant que le temps logique est précipité par une nécessité subjective, pas par une horloge. Prévoir signifierait objectiver ce qui est foncièrement subjectif et imprévu, ce qui annulerait sa dimension logique (basée sur l’anticipation certifiante, pas sur la certitude empirique).

En résumé, le raisonnement permet de cartographier la structure logique (prévoir les moments en tant que tels), mais pas de la dater car elle échappe à toute mesure temporelle objective.

C’est ce qui rend le temps logique essentiel en psychanalyse : il met en lumière comment le sujet agit dans l’urgence de la certitude, sans pouvoir anticiper le « quand » exact.

EN PRIME

L’hyperinflation jaillira d’une prise de conscience traumatique, phénomène de foule, de masse, c’ est à dire de la venue au conscient de tout un ensemble de faits et de peurs accumulées et refoulées liées à la disparition/destruction de la monnaie comme équivalent de tous les désirs. L’hyperinflation aura pour cause la peur, une peur terrible.- Bruno Bertez

Le temps de l’inconscient freudien est un concept central dans la métapsychologie de Sigmund Freud, particulièrement développé dans son essai de 1915 L’Inconscient (dans Métapsychologie).

Freud y affirme que l’inconscient est intemporel (en allemand zeitlos, souvent traduit par « timeless » ou « sans temps »).

La formule freudienne cléFreud écrit explicitement :
« Les processus du système Inconscient (Ucs) sont intemporels ; c’est-à-dire qu’ils ne sont pas ordonnés dans le temps, ne sont pas modifiés par l’écoulement du temps, n’ont absolument aucune relation avec le temps.

La relation au temps est liée au système Conscient (Cs). »Cette caractéristique distingue radicalement l’inconscient des autres systèmes psychiques :

  • Le conscient et le préconscient organisent les expériences selon une chronologie linéaire (passé → présent → futur), avec une perception du temps qui s’écoule, des souvenirs datés, des projets, etc.
  • L’inconscient, en revanche, ignore cette dimension : il n’y a ni succession temporelle, ni vieillissement des contenus, ni oubli naturel.

Conséquences principales de cette intemporalité

  1. Immortalité des contenus inconscients
    Les désirs, impressions refoulées, traumatismes ou motions pulsionnelles ne « passent » pas avec le temps. Freud note : « Rien ne finit, rien ne passe, rien n’est oublié. Une offense reçue il y a trente ans, une fois qu’elle s’est frayé une voie vers les sources affectives inconscientes, continue à agir toujours comme si elle était actuelle. »
    Un désir infantile refoulé reste aussi vif et actif des décennies plus tard, comme s’il venait de surgir. C’est pourquoi un trauma d’enfance peut resurgir à l’âge adulte avec la même intensité émotionnelle.
  2. Répétition et absence de « passage »
    L’inconscient fonctionne sur le mode de la répétition compulsionnelle (Wiederholungszwang), non sur celui du progrès ou de l’oubli. Ce qui est refoulé revient identique, sans altération temporelle. Dans les rêves, par exemple, on passe instantanément de l’enfance à l’âge adulte, d’un lieu à un autre, sans transition chronologique.
  3. Après-coup (Nachträglichkeit)
    Un événement peut n’avoir d’effet psychique qu’après coup, quand il est réinterprété ou relié à d’autres signifiants. Le temps n’est pas linéaire : l’effet traumatique peut précéder la compréhension consciente, ou surgir bien plus tard.
  4. Distinction avec le temps conscient
    Le temps (comme durée, succession, datation) est une construction du système conscient/préconscient. L’inconscient, lui, est régi par le processus primaire : déplacement, condensation, absence de négation, de doute, de contradiction… et absence de temps.

Lien avec Lacan et le temps logique

Freud pose l’inconscient comme timeless (intemporel), ce qui explique pourquoi on ne peut pas « dater » les surgissements inconscients.

Lacan reprend et radicalise cela : l’inconscient structure un temps propre (le temps logique des trois moments : voir, comprendre, conclure), mais ce temps reste subjectif, scandé par des actes et non par l’horloge.

Chez Lacan, l’inconscient n’est pas simplement « sans temps », mais traversé par une temporalité logique et signifiante, où la hâte, l’urgence et l’anticipation jouent un rôle décisif.

En résumé, pour Freud, le temps de l’inconscient n’existe pas au sens chronologique : il est intemporel, immortel et répétitif. Les contenus y demeurent vivants et actifs, indépendamment du passage des années, ce qui rend l’analyse possible (on peut revisiter et transformer ce qui « n’a pas vieilli »).

C’est précisément cette atemporalité qui permet au passé de hanter le présent sans intermédiaire temporel, et qui fait de l’inconscient un réservoir de forces pulsionnelles toujours actuelles.

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