La « théorie de l’animal acculé » (cornered animal theory) – postule que les actions agressives et accélérées de l’administration Trump en 2026, notamment les escalades géopolitiques, les menaces tarifaires et les pressions sur les alliés pour choisir entre les États-Unis et la Chine, ne sont pas irrationnelles ou chaotiques.
Au contraire, elles refléteraient une réaction désespérée d’une superpuissance confrontée à une pénurie imminente de ressources critiques pour sa défense et son économie.
Cette idée est inspirée des analyses de Luke Gromen, un expert macroéconomique et fondateur de Forest for the Trees (FFTT), qui met l’accent sur les vulnérabilités structurelles des États-Unis face à la Chine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Gromen argue que les États-Unis, conscients d’un effondrement potentiel de leurs capacités militaires dans 8 à 12 mois, préfèrent « renverser l’échiquier » maintenant pour imposer une souffrance mutuelle plutôt que de subir une défaite unilatérale plus tard.
Cette théorie a gagné en visibilité en janvier 2026 avec les envolées des métaux. Il décrit les États-Unis comme agissant motivés par une crise cachée des minéraux critiques.
Gromen, est un analyste macroéconomique avec une expertise en finance globale, dette américaine et commodités, il argue depuis des années que le système dollar-centrique des États-Unis est en déclin structurel.
Dans le contexte de 2026, sous la seconde administration Trump, il lie cela à une crise spécifique des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques (comme les terres rares, l’argent, le gallium, le germanium et l’antimoine), essentiels pour les technologies militaires (avions F-35, missiles, drones) et civiles (semi-conducteurs, énergie solaire).
Dépendance critique vis-à-vis de la Chine : Les États-Unis importent plus de 80 % de leurs terres rares de Chine, qui contrôle environ 60-70 % de la production mondiale et 85-90 % du raffinage. @Mylovanov Gromen avertit que cette dépendance, aggravée par l’offshoring des industries américaines vers la Chine pour maximiser les profits corporatifs et affaiblir les syndicats, laisse les États-Unis vulnérables. Il estime que les capacités de production d’armes pourraient s’épuiser en 8 mois sans approvisionnements chinois, car relocaliser prendrait plus de 10 ans.
Comme un animal coincé les États-Unis escaladent pour forcer une « destruction mutuelle assurée » économique. Mieux vaut perturber les chaînes globales maintenant (via tarifs, sanctions, pressions sur le Groenland pour ses minéraux, ou forcer les alliés à découpler de la Chine) que d’attendre une pénurie publique qui exposerait la faiblesse américaine.
Cette thèse est étayée par des faits concrets sur les vulnérabilités américaines, amplifiés en 2026 par les tensions post-élection de 2024 et les restrictions chinoises sur les exportations.
Des rapports du Pentagone et de géants de la défense comme Lockheed Martin confirment des manques en composants pour missiles, capteurs infrarouges et moteurs de drones dus à la domination chinoise.
En 2025, la Chine a restreint les exportations de gallium et germanium (essentiels pour les semi-conducteurs), forçant les États-Unis à accélérer la diversification.
Gromen note que l’argent, déclaré « minéral critique » par les États-Unis en 2024, a vu une explosion de demande physique, potentiellement due à des accumulations secrètes par l’OTAN.
La Chine accumule des réserves physiques au lieu de dollars américains, signalant une perte de confiance dans le système US. Gromen lie cela à une « maladie hollandaise » du dollar : les surplus chinois investis en mines de cuivre et ressources physiques plutôt qu’en bons du Trésor US.
Les actions de Trump en 2026, comme les pressions sur l’Europe pour réduire les liens avec la Chine, s’alignent sur cette logique de « course contre la montre ». Des analystes comme Tymofiy Mylovanov notent que la Chine « étouffe » l’approvisionnement du Pentagone, transformant les minéraux en armes commerciales.
Les thèses de Gromen offrent un point de vue cohérent pour comprendre l’agressivité américaine en tant que réponse à une faiblesse structurelle profonde. Si les pénuries s’aggravent en 2026, cette théorie pourrait s’avérer prophétique. Sinon elles apparaitront comme une rationalisation servant à justifier le mouvement spéculatif sur les ressoures et les métaux.
Cette thèse peut être valable et être mise en oeuvre sans que les acteurs en aient une réelle conscience.Je crois que Trump est plus instinctif qu’analytique et qu’il agit sous la contrainte et avec le peu de marges de manœuvre que veut bien lui laisser le déterminisme.
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