Voici l’essentiel de l’interview de Kevin Warsh sur CNBC (Squawk Box), datée du 17 juillet 2025, où il appelle à un « regime change » à la Fed.
Résumé des points principaux
Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed (2006-2011) et fellow à la Hoover Institution, critique vivement la Fed actuelle sous Jerome Powell.
Il estime que la banque centrale souffre d’un déficit de crédibilité à cause de son erreur majeure sur l’inflation (elle a tardé à réagir en 2021-2022) et d’une hésitation persistante à baisser les taux d’intérêt malgré un contexte économique qui le justifierait.
Il plaide pour un changement de régime (« regime change ») dans la conduite de la politique monétaire, pas seulement un changement de personnes, mais une refonte profonde :
- Des modèles économiques obsolètes (restés en 1978 selon lui).
- Trop de « group-think » et manque de diversité de pensée.
- Une gouvernance dépassée.
- Une indépendance mal comprise (trop détachée du Congrès/Treasury, selon certains commentaires ultérieurs).
- Il compare cela au changement opéré par Paul Volcker dans les années 1980 pour vaincre l’inflation.
Il défend Trump et prétend qu’il a raison de pousser publiquement la Fed, et il propose même une forme de partenariat plus étroit avec le Département du Trésor pour gérer la dette et la politique économique globale.
Citations clés tirées de l’interview et des articles CNBC associés
- « We need regime change in the conduct of policy. »
« Nous avons besoin d’un changement de régime dans la conduite de la politique. » - « The credibility deficit lies with the incumbents that are at the Fed, in my view. »
« Le déficit de crédibilité se trouve chez les actuels responsables à la Fed, à mon avis. » - « Their hesitancy to cut rates, I think, is actually … quite a mark against them. The specter of the miss they made on inflation, it has stuck with them. »
« Leur hésitation à baisser les taux est, je pense, vraiment un point noir contre eux. Le spectre de leur erreur sur l’inflation leur colle à la peau. » - « So one of the reasons why the president, I think, is right to be pushing the Fed publicly is we need regime change in the conduct of policy. »
« C’est l’une des raisons pour lesquelles je pense que le président a raison de pousser publiquement la Fed : nous avons besoin d’un changement de régime dans la conduite de la politique. » - Il évoque Paul Volcker : « Paul Volcker came in and said we don’t need continuity we need regime change and it was that regime change that brought inflation back. »
« Paul Volcker est arrivé et a dit : nous n’avons pas besoin de continuité, nous avons besoin d’un changement de régime, et c’est ce changement de régime qui a ramené l’inflation sous contrôle. »
Commentaires
Warsh se positionne comme un critique virulent et ambitieux de la Fed de Powell, aligné sur les reproches de Trump (trop lent à baisser les taux, trop focalisé sur l’inflation passée).
Sa référence à Volcker est un truc de Com pour bénéficier du ruissellement de sa crédibilité.
Son appel à un « regime change » est fort et inhabituel pour un ancien insider de la Fed — cela dépasse une simple critique pour suggérer une rupture philosophique et opérationnelle.
Points problématiques : Son idée d’une plus grande coordination avec le Trésor frôle une remise en cause de l’indépendance de la Fed, ce qui est dangereux à long terme (risque de politisation et d’inflation via monétisation de la dette).
En 2025-2026, avec la nomination effective de Warsh par Trump , on voit que ce discours de juillet 2025 était en quelque sorte une « campagne » pour obtenir le poste.
Cela rend l’appel au « regime change » plutot opportuniste sinon lèche bottes.. Les idées monétaires et économiques semblent révisionnistes pour donner un semblant de justification théorique à ce qui n’est que de la flagornerie.
La « nouvelle Fed » promet d’être plus favorable au dollar américain et aux bons du Trésor ; légèrement plus favorable aux actions, mais moins à l’or et à l’argent. A mon avis c’est ce que l’on peut appeler le grand écart!
Selon lui, la Fed est devenue trop « politique » en s’affirmant indépendante du Congrès , au lieu de simplement l’être du Trésor.
En matière de politique monétaire, Warsh souhaite se défaire de l’idéologie keynésienne profondément ancrée dans la courbe de Phillips et remettre la notion de « monnaie » au cœur des réflexions de la Fed.
Selon lui la Fed est : « une banque centrale dont les modèles d’inflation sont figés en 1978 ; dotée d’un système de gouvernance d’un autre âge ; incapable de percevoir le miracle de la productivité et interprétant la croissance économique comme inflationniste . »
Le miracle de la productivité fait sourire quand on sait qu’elle n’est qu’apparente et liée aux importations à bon matche sur lesquelles les utilisateurs et revendeurs réalisent des marges colossales qui boostent cette fameuse productivité.
Pour le nominee Warsh, l’inflation survient lorsque « l’État imprime trop de monnaie, dépense trop et vit trop bien. »
Globalement, je trouve son intervention peu cohérente intellectuellement et risquée si elle mène à une Fed trop alignée sur l’exécutif.
C’est un signal clair que la Fed post-Powell pourrait être plus agressive à la baisse des taux et moins « technocratique », ce qui peut plaîre aux marchés actions à court terme mais doit inquièter sur l’inflation et surtout sur la stabilité.
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