L’Inde et les États-Unis ont conclu un accord commercial, a annoncé le président Donald Trump dans un message publié lundi sur les réseaux sociaux.
Les pays n’avaient pas réussi à parvenir à un accord après plusieurs cycles de négociations en 2025 et Washington a imposé un droit de douane de 50 % à New Delhi, dont la moitié constituait une pénalité pour les achats de pétrole russe par l’Inde.
Dans un message publié sur Truth Social , Trump a déclaré avoir parlé avec le Premier ministre indien Narendra Modi, qui, selon lui, aurait accepté de « cesser d’acheter du pétrole russe et d’en acheter beaucoup plus aux États-Unis et potentiellement au Venezuela ». Il a ajouté que cela mettrait fin au conflit en Ukraine.
« Par amitié et par respect pour le Premier ministre Modi, et conformément à sa demande, nous avons conclu un accord commercial entre les États-Unis et l’Inde, prenant effet immédiatement, aux termes duquel les États-Unis appliqueront une mesure de réciprocité tarifaire, abaissant leur taux de 25 % à 18 % », a déclaré Trump. « L’Inde s’engage également à supprimer tous ses droits de douane et barrières non tarifaires à l’encontre des États-Unis. »
Cet accord est evidemment une humiliation pour Modi et son ton flagorneur dans le tweet ci dessus en donne bien la portée; c’est un genou à terre!
L’Inde accepte de renoncer au pétrole russe en retour d’avantages commerciaux (baisse des droits de douane américains), ce qui lui permet d’accroître ses exportations vers les États-Unis et donc d’acquérir plus de dollars dont elle a un besoin pressant.
Cela montre comment l’accord échange une concession énergétique contre un gain commercial, renforçant les réserves en dollars de l’Inde (essentielles pour stabiliser la roupie, qui a chuté à 90-91 pour un dollar en janvier 2026).
La chute de la Roupie impose aux indiens de se soumettre car ils ont un besoin vital de dollars.
Taux de change : La roupie a été sous pression en 2025 (dépréciation notable, dépassant 90-92 INR/USD à certains moments), mais l’accord avec les USA a provoqué un rebond récent (autour de 90-91 INR/USD début février 2026, avec des attentes de stabilisation ou d’appréciation modérée).
L’Inde a un besoin structurel et vital en dollars (et autres devises fortes) pour plusieurs raisons :
- Importations énergétiques : L’Inde importe ~85 % de son pétrole et une partie de son gaz. Les paiements se font presque exclusivement en dollars → besoin annuel de dizaines de milliards USD.
- Autres importations critiques : Or (record en 2025), engrais, machines, composants électroniques → facturés en USD.
- Service de la dette extérieure : Intérêts et remboursements en devises (dette ~746 milliards USD).
- Stabilisation de la roupie : La RBI intervient en vendant des dollars pour éviter une dépréciation trop rapide (qui alimente l’inflation importée). Sans réserves solides, une crise de balance des paiements (comme en 1991) pourrait survenir.
- Croissance et investissements : Pour financer la croissance rapide (PIB ~7 %/an), l’Inde a besoin de capitaux étrangers (FDI, FPI) → dollars entrants via exportations ou investissements.
En résumé : le déficit courant modéré est financé par des capitaux entrants et des remises, mais tout choc (hausse du pétrole, sortie massive de capitaux, tarifs US prolongés) accentue le besoin de dollars.
Les réserves records renforcent la résilience, mais l’Inde reste dépendante du dollar pour son commerce extérieur et sa stabilité macro. C’est pourquoi l’accès au marché américain (et aux dollars via exportations) est stratégique.
Cet accord reflète une dynamique de pouvoir où les États-Unis utilisent les tarifs douaniers comme levier pour influencer les choix énergétiques de l’Inde, tout en soulignant la dépendance de l’Inde au dollar américain pour son économie.
Cependant, votre formulation (« soumission » et « besoin vital de dollars ») est un peu tranchée : il s’agit plus d’une négociation pragmatique que d’une capitulation pure, car l’Inde réduisait déjà ses importations de pétrole russe fin 2025 en raison de sanctions internationales et de pressions américaines, avant l’annonce formelle de Trump.
Sur Truth Social Trump présente cela comme une victoire mais les sources indiennes (comme le ministère des Affaires étrangères) insistent sur le fait que les importations pétrolières sont guidées par des facteurs de marché et de sécurité énergétique, pas uniquement par des pressions extérieures.
Modi a confirmé la baisse des tarifs, mais pas explicitement l’arrêt total des achats russes, ce qui suggère une flexibilité dans l’exécution.
Cet accord imposé met en lumière comment l’accès au marché américain et aux dollars est un atout critique au niveau commercial et geopolitique;
Les réductions préalables d’importations russes (déjà en baisse de 22 % en décembre 2025) dues à des sanctions américaines sur des compagnies comme Rosneft et Lukoil en limitent la portée réelle, ce qui fait de l’accord une formalisation forcée.
EN PRIME
Les flux commerciaux et énergétiques de l’Inde en 2025-2026 :
- En novembre 2025, l’Inde a exporté pour 6,98 milliards de dollars vers les États-Unis (principalement des instruments de télécommunication, des produits pharmaceutiques et des bijoux), générant un excédent commercial de 1,72 milliard de dollars ce mois-là.
- Sur les neuf premiers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, les exportations indiennes vers les États-Unis ont atteint 65,88 milliards de dollars, en hausse de 9,75 % malgré des tarifs élevés (jusqu’à 50 % imposés par Trump en août 2025).
- La baisse des tarifs à 18 % devrait booster ces exportations de 0,2 point de PIB selon Goldman Sachs, permettant à l’Inde d’acquérir plus de dollars pour financer ses importations (comme le pétrole d’autres sources).
- Renoncement au pétrole russe et besoin de dollars : L’Inde importait environ 1,38 million de barils par jour (b/j) de pétrole russe en décembre 2025 (27,4 % de ses importations totales), en baisse par rapport aux pics de 2 millions b/j en 2024-2025. En janvier 2026, cela devrait se stabiliser autour de 1,2 million b/j, avec une part accrue pour l’OPEP (50 % en 2025).
- Pour compenser, l’Inde se tourne vers les États-Unis et le Venezuela, payés en dollars, ce qui accentue son besoin de devises américaines. Sans l’accord, des tarifs plus élevés auraient réduit les exportations indiennes vers les États-Unis (son premier marché d’exportation), limitant les entrées de dollars et augmentant le coût des importations pétrolières (85 % des besoins indiens sont importés).
FACTEURS STRUCTURELS
- Dépendance au dollar comme monnaie de réserve : Le dollar domine le commerce mondial ; plus de la moitié de la dette extérieure indienne est libellée en dollars, et les importations clés (pétrole, engrais, or) sont facturées en USD
- Avec une roupie affaiblie (dépréciation de 5 % en 2025), l’Inde a besoin de dollars pour payer ses importations et servir sa dette, évitant une crise de balance des paiements. Les exportations vers les États-Unis (excédent de plus de 26 milliards de dollars d’avril à décembre 2025) sont une source vitale de ces dollars.
- Pression énergétique et commerciale : L’Inde, troisième consommateur mondial de pétrole, a profité des prix bas russes post-2022 pour économiser des milliards, mais les sanctions américaines ont rendu ces achats risqués et coûteux (baisse de 38 % en octobre 2025). Les tarifs Trump (augmentés à 50 % en 2025) ont pénalisé les exportations indiennes, forçant une négociation. L’accord permet de diversifier les sources pétrolières (vers États-Unis/Venezuela) tout en protégeant les exportations, justifiant ainsi le « besoin vital » de dollars pour maintenir la croissance (PIB projeté à 6,9 % en 2026 grâce à l’accord).
- Contexte global : L’Inde vise à devenir la troisième économie mondiale d’ici 2030, mais dépend des marchés étrangers pour ses exportations (croissance de 7,3 % en 2025-2026 grâce à la demande intérieure et aux investissements). Sans dollars suffisants, la roupie chute, augmentant l’inflation et les coûts d’importation.