Les Aspects Scientifiques de l’Affaire Epstein sont beaucoup moins documentés que les scandales sexuels

Les Aspects Scientifiques de l’Affaire Epstein sont beaucoup moins documentés que les scandales sexuels, ces derniers dominent les médias.

Les liens d’Epstein avec la communauté scientifique américaine, en particulier des institutions comme le MIT, Harvard, Princeton, Caltech et le Santa Fe Institute sont cités mais non analysés.

Les informations disponibles mettent en lumière un « mode opératoire » d’influence par proximité, avec accès indirect à des informations classifiées, avec des implications éthiques profondes pour la science.

Jeffrey Epstein, financier condamné pour trafic sexuel en 2008 et décédé en 2019, n’était pas seulement impliqué dans des crimes sexuels ; il cultivait activement des relations avec des élites scientifiques pour avancer des intérêts personnels en génétique, intelligence artificielle (IA), calcul avancé et idées « transhumanistes » (amélioration humaine via la technologie).

Les enquêteurs ont souvent négligé cet aspect, se concentrant sur les inconduites sexuelles, alors qu’il révèle une « infiltration sociale » dans les cercles scientifiques liés à la défense nationale. Contrairement aux allégations conspirationnistes, il n’y a pas de preuves crédibles qu’Epstein ait eu une habilitation de sécurité ou accès à des documents classifiés, mais son réseau lui permettait de récolterer des informations précieuses sur des avancées technologiques.

Cela pose des questions surtout quand des fonds privés influencent la recherche.

Epstein courtisait les élites scientifiques. Epstein ciblait systématiquement des physiciens théoriciens, mathématiciens et biologistes de premier plan, issus d’institutions prestigieuses. Ces choix n’étaient pas aléatoires : ils coïncidaient avec les bastions académiques des membres du groupe JASON, un collectif semi-secret de scientifiques conseillant le gouvernement américain sur des questions de défense depuis 1960 (initialement sur les armes nucléaires, puis sur l’IA, la cybersécurité et la modélisation).

JASON, fondé par des physiciens comme Freeman Dyson et Murray Gell-Mann , tous deux fréquentés par Epstein, opère en dehors des structures bureaucratiques, avec des listes de membres semi-publiques.

Les chevauchements avec JASON sont multiples et ils ne peuvent pas etre le produit du hasard: liens récurrents, avec des membres ou anciens de JASON enseignant à Harvard ou au MIT (ex. : Marvin Minsky, pionnier de l’IA, impliqué dans des recherches DARPA – l’agence de défense pour les technologies avancées). L’Institute for Advanced Study de Princeton, berceau historique de JASON, et le Santa Fe Institute (où la science de la complexité fusionne avec la modélisation de défense) étaient des pôles d’attraction. Epstein s’intégrait socialement à cette « mouvance intellectuelle » reliant universités et défense, sans en faire partie formellement.

Epstein n’était pas motivé par une curiosité pure ; ses obsessions (génétique, IA, transhumanisme) recoupaient des domaines à « double usage » (civil et militaire), surveillés par les réseaux de sécurité nationale selon the Guardian. Des rapports de 2026, issus des « Epstein Files » déclassifiés, confirment qu’il organisait des dîners et retraites avec des scientifiques comme Stephen Hawking ou George Church, discutant d’amélioration génétique et de « super-humains ».

Epstein finançait des réseaux spécifiques; on connait la liste liste des dons et événements, ils sont bien documentés via des emails, rapports publics et enquêtes journalistiques comme celle de The New Yorker.

À Harvard : Epstein a financé des colloques réunissant physiciens et spécialistes des sciences cognitives. Son don majeur de 6,5 millions de dollars en 2003 a créé le Program for Evolutionary Dynamics (PED), dirigé par Martin Nowak, avec un bureau privé pour Epstein (en violation des règles universitaires). Entre 1998 et 2007, Harvard a reçu 9,1 millions de dollars d’Epstein, dont une partie post-arrestation en 2006 mais pré-conviction en 2008. Après 2008, il a introduit d’autres donateurs (comme Bill Gates via des intermédiaires), amenant 9,5 millions supplémentaires pour Nowak et Church.

Au MIT : Dons acheminés au Media Lab via Joi Ito (directeur jusqu’en 2019) et Marvin Minsky. Entre 2013 et 2017, 525 000 dollars au Media Lab et 225 000 à Seth Lloyd, malgré la disqualification d’Epstein comme donateur. Minsky, lié à JASON via des recherches IA financées par DARPA, était accusé d’agression sur l’île d’Epstein. Epstein a servi d’intermédiaire pour 7,5 millions de dollars supplémentaires, dont 2 millions de Gates et 5,5 de Leon Black, souvent anonymisés.

Autres institutions : Dons indirects à Caltech, Santa Fe Institute, et participation à des conférences de la Fondation Edge (réunissant des membres de JASON). En 2011, 20 000 dollars à l’Association Transhumaniste Mondiale (devenue Humanity+).

Epstein en tant que « maître de l’influence de proximité », recueillaitt des informations confidentielles sur les avancées en IA, les financements de la défense, et bien sur les rumeurs scientifiques .

Cela s’apparente à un « espionnage soft mais profond,  » Epstein monétisait ses réseaux d’ élites sans voler de documents. Les institutions comme JASON, par exemple deviennent vulnérables .

L’affaire révèle comment le prestige scientifique se dispense des contraintes morales. Epstein finançait des idées controversées : bébés sur mesure, clonage humain, expérimentation hormonale sur enfants, modification génétique. Son ranch au Nouveau-Mexique était envisagé pour inséminer des femmes avec son ADN, dans une optique eugéniste/transhumaniste.

Conséquences récentes : Les « Epstein Files » de 2025-2026 ont révélé plus de liens (ex. : avec Noam Chomsky, Lisa Randall), menant à des enquêtes à Harvard et MIT. Des scientifiques comme George Church ont présenté des excuses pour « nerd tunnel vision », pour avoir ignoré les crimes d’Epstein.

Les aspects scientifiques de l’activité d’Epstein sont peut etre plus importants que les inconduites et les crimes sexuels : l’affaire expose comment un réseau, des capitaux illimités et de l’influence permettent de poursuivre des initiatives éthiques controversées (bébés modifiés, clonage).

EN PRIME

kATHLEEN TYSON

Il n’existe aucune trace d’une rencontre entre Robert Maxwell (décédé en 1991) et Jeffrey Epstein.

Ghislaine Maxwell aurait rencontré Jeffrey après son installation à New York suite au décès de son père. Ce qui m’intrigue, ce sont les similitudes dans la manière dont les deux ont interagi et fonctionné.

La première acquisition de Maxwell fut Pergamon Press, qui exerçait une domination considérable sur l’édition scientifique et universitaire. La notoriété des universitaires étant fortement liée aux citations de leurs travaux publiés, Pergamon conférait à Maxwell un pouvoir de négociation considérable sur les scientifiques et universitaires souhaitant publier des résultats confidentiels.

Ce réseau de détection et de renseignement alimentait directement les avancées scientifiques et universitaires israéliennes, qui pouvaient exploiter ces documents non publiés pour consolider leur réputation de leader mondial en matière de recherche (par exemple, en pratiquant le plagiat et en copiant les résultats de recherches).

Dès ses débuts, Jeffrey Epstein a ciblé Harvard et Stanford pour développer ses réseaux universitaires et scientifiques, tirant parti des dotations de ses amis fortunés pour obtenir des informations privilégiées sur la recherche. Ces informations étaient ensuite transmises à des chercheurs en Israël ou diffusées à des Israéliens aux États-Unis afin qu’ils puissent publier en premier, s’attribuer le mérite des travaux et détourner des fonds.

Maxwell s’est ensuite ouvertement engagé en politique en rachetant le Mirror, People, le Daily News, etc., et en devenant un faiseur de rois dans la politique partisane britannique, assistant à la conférence annuelle de chaque parti.

Jeffrey a mis à profit son réseau universitaire et financier pour asseoir son influence auprès des politiciens et des célébrités, choisissant qui réussirait et qui serait saboté.

Maxwell a acheté son super yacht en 1986 au marchand d’armes Emad Khashoggi (cousin d’Adnan Khashoggi et de Dodi Fayed, l’amant de la princesse Diana). Il s’en servait pour des opérations d’influence, « divertissant » puis faisant chanter des politiciens, des célébrités et des personnalités influentes de la City.

Epstein a acheté Little Saint James en 1998 et a également utilisé l’île pour des opérations d’influence et de chantage, avec Ghislaine Maxwell comme hôtesse.

Les parpallels sont très intéressants…

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