La sagesse et l’experience. Je vous fais un compte rendu détaillé rendu de cet entretien important avec William White sur le processus de fuite devant les monnaies Fiat.

Claudio Borio et William White ont été des très grands a la BRI je les suis depuis longtemps et je n’ai jamais été déçu.

Résumé de ce que dit William White dans la vidéo

La vidéo est une interview menée par Paul Buitink avec William White économiste de 82 ans ayant occupé des postes clés à la Banque d’Angleterre, à la Banque du Canada, à la Banque des règlements internationaux (BRI, où il était économiste en chef) et à l’OCDE.

Le titre est Former Chief Economist (BIS) on the Run on Fiat Currency, publiée par la chaîne « Reinvent Money ».

ja partage cette idée qu’il y a un run sur les FIAT monnaies. ou plutôt un processus étalé de run.

White y discute des tensions commerciales, de la dette mondiale, de la perte de confiance dans les monnaies fiat (comme le dollar), et des alternatives émergentes, en s’appuyant sur son expérience d’initié au plus haut niveau. L’entretien couvre des sujets comme les relations États-Unis-Canada, la Chine, le commerce mondial, et la politique monétaire.

White met l’accent sur une « fuite généralisée devant les monnaies fiat » due à des niveaux d’endettement élevés et à une faible confiance dans la gestion des économies occidentales, ce qui se reflète dans la hausse des prix de l’or et de l’argent, mais pas dans des cryptomonnaies comme le Bitcoin.

  1. Relations États-Unis-Canada et tensions commerciales (1:23–11:08) : White aborde les menaces de Trump envers le Canada, comme l’idée fantaisiste de l’annexer comme 51e État américain, et mentionne des jeux de guerre militaires canadiens comme signe de préoccupation sérieuse, bien qu’il doute d’une invasion réelle.
  2. Il critique les tarifs douaniers comme un outil coûteux pour influencer les alliés, impactant des secteurs intégrés comme l’automobile (chaînes d’approvisionnement US-Canada-Mexique). Selon lui, ces tarifs causent de l’inflation et des pénuries, et sont souvent imposés à des « amis » plutôt qu’à des concurrents comme la Chine.
  3. Il évoque l’histoire de l’ALENA (NAFTA), né d’accords bilatéraux US-Canada dans les années 1980, étendu au Mexique, et renégocié sous Trump. White s’inquiète de la « décomposition du commerce mondial » due au mercantilisme chinois, où la croissance « priorise » les investissements et exportations au détriment des consommateurs, créant des excédents commerciaux (ex. : déficit de 300 milliards d’euros de l’Europe avec la Chine). Il pointe du doigt la sous-évaluation du yuan (RMB) comme facteur d’affaiblissement du dollar.
  4. La Chine et les réponses occidentales (6:13–17:14) : White commente l’opposition de Trump aux accords Canada-Chine, vus comme des moyens de contourner les tarifs US. Il décrit un accord limité sur les véhicules électriques et les exportations agricoles (comme le soja), signalant des alternatives au système dollar. Son conseil : négocier d’abord avec les pays sous-évaluant leur monnaie, puis imposer des tarifs ciblés ou porter plainte à l’OMC si nécessaire – critiquant les US pour avoir bloqué les juges de l’OMC.
  5. Il note l’évolution chinoise : réduction de ~50 % des avoirs en bons du Trésor US depuis 2012-2013, investissements dans l’or, et développement d’alternatives à SWIFT via le système CIPS et le projet mBridge (impliquant Chine, Hong Kong et Arabie saoudite) pour des transferts instantanés en devises locales. White estime que la Chine ne vise pas l’hégémonie mais une protection contre l' »armement » du dollar (ex. : sanctions post-invasion russe en Ukraine), et voit cela comme légitime, accéléré par les actions occidentales.
  6. Indicateurs de marché, fuite des fiat et dominance fiscale (35:50–43:40) : White alerte sur une « fuite généralisée des monnaies fiat » due à l’endettement élevé et à la perte de confiance, avec l’or, l’argent et les commodities en hausse comme indicateurs.
  7. Il définit la « dominance fiscale » comme une situation où la dette empêche les hausses de taux sans aggraver l’inflation, les gouvernements comptant sur les banques centrales pour monétiser la dette. Les marchés montrent des taux courts en baisse depuis 2023-2024, mais des taux longs en hausse anormale, signalant des soucis au Japon et en Europe (ex. : problèmes fiscaux en France).
  8. Il critique les politiques de taux bas depuis les années 1990 (ex. : jugements d’Alan Greenspan sur la productivité), ignorant l’accumulation de dette et l’instabilité financière, répétant des « péchés originels ». White souligne des dynamiques non linéaires : les politiques fonctionnent jusqu’à un point de bascule (ex. : crise sous Liz Truss).
  9. Kevin Warsh comme président de la Fed (48:56) : White voit Warsh comme un choix sensé et hawkish (favorable à une politique restrictive), inquiet des assouplissements rapides, des inconvénients du QE, et de la réduction du bilan (tightening quantitatif). Warsh propose de resserrer Wall Street tout en assouplissant pour Main Street pour lutter contre les inégalités, et baisser les taux face aux gains de productivité projetés par l’IA. White craint que cela ignore la dette accumulée, aggravant l’instabilité dans un système de réserves abondantes (où les banques gardent des excédents comme lignes de crédit), risquant des hausses de taux incontrôlées si les réserves sont retirées.

White nous offre une perspective d’initié critique mais nuancée, il souligne les failles structurelles du système financier mondial.

Son analyse met en lumière un cercle vicieux : les tensions commerciales (tarifs, sanctions) accélèrent la dé-dollarisation, tandis que la dette élevée mène à une « dominance fiscale » où les banques centrales sont piégées, incapables de normaliser les taux sans risquer l’inflation ou la récession.

Il voit la hausse de l’or/silver comme un signal d’alarme précoce d’une perte de confiance systémique, contrastant avec le manque de bénéfice pour les cryptos, qu’il implique comme trop spéculatifs ou non encore matures comme refuges.

Sur la Chine, White est pragmatique : il rejette l’idée d’une menace hégémonique, la voyant plutôt comme réactive aux erreurs occidentales (ex. : armement du dollar), et plaide pour la négociation plutôt que l’escalade.

Globalement, ses propos révèlent un pessimisme sur la répétition d’erreurs historiques (taux bas ignorants la dette), avec des dynamiques non linéaires menant à des crises soudaines.

Cela s’aligne sur mon cadre analytique exposé jour après jour.

White est un observateur expérimenté et prudent, mais dans sa position il évite bien sur les alarmismes extrêmes.

Il insistant sur l’urgence de réformes fiscales (hausses d’impôts, coupes budgétaires)

– citant Jean-Claude Juncker : « Of course we know what to do. What we don’t know is how to get reelected after we do it. »

Ses commentaires soulignent un manque d’apprentissage des leçons passées : « They’ve learned no lessons at all about the underlying processes that are driving these debt crises. » .

Sur la fuite devant les monnaies fiat, il est percutant : « At what point do people go from saying it’s okay, they’ll fix it, to saying, ‘This thing is out of control and I’m out of here.’ And then you get a generalized sort of run on fiat currencies. Gold goes up, silver goes up, commodities go up… and maybe we’re starting to see that already. »

Sur la Chine : « China doesn’t want to be the hegemon, but it does want to be protected against the use of the dollar as a weapon… and they’re by no means alone in trying to do that. » –

Cela justifie les motivations chinoises, contrastant avec les rhétoriques occidentales agressives.

Sur la dominance fiscale : « There’s no monetary way out… higher interest rates might themselves generate inflationary expectations because you anticipate… that the government can spend the money and the central banks will print the money and in the end that’s got to be inflationary. »

Une critique incisive de Warsh : « Lowering interest rates in the face of projected productivity increases might be even more dangerous than lowering interest rates in the face of actual productivity increases. »

White met en garde contre l’optimisme technologique (IA) masquant des risques de dette.

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