Le discours sur l’état de l’Union de Donald Trump en 2026 fut le plus long de l’histoire, d’une durée d’une heure et quarante-sept minutes. Le président a formulé de nombreuses affirmations, et voici quelques points que nous, à PIIE, pouvons aborder.
Il a bien sûr évoqué la décision historique de la Cour suprême (6 voix contre 3), sujet principal de cette lettre d’information. Quatre des neuf juges de la Cour suprême étaient présents lors du discours, et n’ont guère réagi lorsque Trump a qualifié leur décision de « regrettable » et de « décevante », des termes bien moins dénigrants que ceux employés lors d’une conférence de presse suivant le prononcé du jugement.
Trump a déclaré que « les droits de douane, payés par les pays étrangers, remplaceront, comme par le passé, en grande partie le système actuel d’impôt sur le revenu ».
Ces deux affirmations sont fausses.
Ce ne sont pas les pays étrangers qui paient les droits de douane, mais les entreprises et les consommateurs américains.
Or, comme le démontre une étude de 2024 menée par Kimberly Clausing et Maurice Obstfeld, il est tout simplement impossible que les droits de douane puissent se substituer à l’impôt sur le revenu.
Leurs résultats de 2025 indiquent que, même à des taux maximisant les recettes, les droits de douane généreraient moins d’un cinquième des recettes de l’impôt fédéral sur le revenu, et qu’à des taux aussi élevés, les pertes d’efficacité seraient presque aussi importantes que les recettes perçues.
Trump a également vanté des « engagements de plus de 18 000 milliards de dollars provenant du monde entier ». Or, le tableau de bord des investissements de la Maison-Blanche indique que les investissements américains et étrangers cumulés s’élèvent à 9 700 milliards de dollars.
Gregory Auclair et Adnan Mazarei ont récemment constaté que les engagements pris auprès de l’administration Trump en matière d’investissements étrangers aux États-Unis avoisinent les 5 000 à 6 000 milliards de dollars. Ils ont également noté, comme l’a souligné le New York Times dans sa vérification des faits en direct du discours, que ces engagements d’investissement restent flous ou relèvent du simple vœu pieux.
Ce que Trump n’a pas dit est tout aussi révélateur.
Sa seule mention de la Chine fut incidente, lors d’une description étonnamment détaillée du raid américain qui a abouti à la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro : les forces armées américaines ont pris d’assaut la « forteresse militaire lourdement protégée… défendue par des milliers de soldats et équipée de technologies militaires russes et chinoises. Quel en a été le résultat ? Pas très concluant. »
Les nombreuses références au Venezuela (Maduro et le pétrole du pays) et au Mexique (drogue et pêche ?) dans ce discours, sans quasiment aucune mention des intérêts ou de l’implication des États-Unis en Asie, témoignent du recentrage des priorités de l’administration sur l’hémisphère occidental et l’Amérique latine, tel qu’il est exposé dans la Stratégie de sécurité nationale 2025 [pdf].
—Anjali V. Bhatt