Le New York Times et Politico rapportent que le 20 février, les services de renseignement russes ont transmis à Téhéran un plan de frappe américain détaillé : cibles, plateformes de lancement, séquences de lancement.
L’architecture complète de la campagne a été remise au Corps des gardiens de la révolution islamique alors même que les pourparlers de Genève étaient encore en cours d’organisation.
L’avantage fondamental de toutes les campagnes aériennes américaines depuis Tempête du désert, a été anéanti par Moscou grace a cette simple transmission.
Six semaines plus tôt, en décembre 2025, la Russie signait discrètement un contrat d’armement de 500 millions de € avec l’Iran.
Le Financial Times a obtenu les détails de ce contrat : 500 lanceurs MANPADS Verba et 2 500 missiles 9M336 de dernière génération. Il s’agit du plus important transfert de systèmes de défense aérienne à l’Iran depuis les S-300, négocié par Rosoboronexport spécifiquement pour reconstruire ce que l’opération Midnight Hammer avait détruit en juin dernier.
La Russie a révélé à l’Iran les cibles américaines prévues; lui a vendu les armes nécessaires pour s’en défendre. Cet accord a été conclu en juillet, après que l’Iran a constaté la destruction de sa défense aérienne.
La fuite est survenue en février, au moment où la campagne suivante se préparait. Qu’elle soit orchestrée ou qu’elle résulte d’une convergence logique, l’effet est identique : l’Iran sait désormais ce qui l’attend et dispose du matériel pour y faire face.
Reuters a confirmé cette semaine que Pékin est sur le point de transférer à l’Iran des missiles antinavires supersoniques CM-302. Mach 3. Conçus pour détruire les destroyers Aegis.
Parallèlement, la Chine photographie chaque base américaine, chaque départ de porte-avions, chaque F-22 sur le tarmac israélien et publie des images annotées sur Weibo en mandarin.
La Russie fournit le renseignement et la défense aérienne.
La Chine fournit les missiles antinavires et la surveillance en temps réel.
L’Iran reçoit le plan de frappe, les armes de contrôle de l’espace aérien et les missiles destinés à menacer la flotte.
Aucune alliance trilatérale formelle.
Shanaka Anslem Perera avance l’interpretation suivante :
Trois puissances s’assurent qu’une frappe américaine coûte le plus cher possible.
La Russie et la Chine ont besoin que les États-Unis dépensent. Chaque missile Tomahawk tiré sur Ispahan est un missile qui manque à l’appel en cas de conflit avec Taïwan.
Des sources internes au Pentagone ont admis disposer de 7 à 10 jours de munitions. Moscou et Pékin veillent à ce que ces jours de combat soient financés par des stocks de précision dont le renouvellement prend des années.
Le scénario idéal pour Moscou et Pékin est une guerre que l’Amérique gagne à un prix qu’elle ne peut se permettre de payer deux fois.
Demain, samedi 28 février, le ministre des Affaires étrangères omanais rencontrera le vice-président Vance à Washington, muni des documents autorisés par Téhéran à l’issue de la session la plus intense tenue à Genève.
Les discussions techniques se poursuivront à Vienne la semaine prochaine. Le temps diplomatique est toujours compté.
La question est de savoir si une campagne à laquelle l’ennemi est préparé vaut encore la peine d’être lancée.