La force de la riposte iranienne submerge tout le Moyen-Orient

PATRICIA MARINS

La force de la riposte iranienne submerge tout le Moyen-Orient

L’Iran mène des attaques incessantes contre diverses bases américaines au Moyen-Orient et étend ses frappes aux aéroports de ces pays. Bahreïn et les Émirats arabes unis subissent des bombardements continus de la part des forces iraniennes, qui ne semblent pas craindre de représailles.

Ce matin même, l’Iran a déjà lancé des centaines de missiles contre Israël et les pays du Golfe, mais ces nations semblent encore hésiter à riposter, intimidées par la force et l’ampleur des attaques iraniennes.

Israël a été la cible de tirs de missiles répétés cette nuit-là, submergeant complètement ses défenses aériennes.

Le régime iranien semble s’être préparé minutieusement aux attaques de la coalition, en décentralisant ses structures de commandement et en employant des tactiques novatrices pour les lancements de missiles.

Ils se battent pour leur survie même, ce qui a engendré une réaction bien plus intense que ce qu’avaient anticipé les États-Unis et Israël.

Les problèmes posés par l’intensité des attaques iraniennes sont de deux ordres :

  1. Jusqu’à présent, la coalition n’a pas réussi à neutraliser ni à réduire significativement les capacités de lancement de missiles de l’Iran.
  2. Au rythme actuel, les stocks d’intercepteurs qui auraient auparavant duré 15 à 20 jours pourraient maintenant être épuisés en seulement 10 jours.

Il s’agit d’un problème grave, car il pourrait contraindre les États-Unis à signer un cessez-le-feu tout en leur causant d’immenses dommages politiques du fait du conflit.

Pourquoi la situation actuelle suscite-t-elle autant d’inquiétude ?

Car c’est précisément dans ce type de guerre, une intense attrition aérienne par missiles, que les États-Unis et Israël détiennent un avantage traditionnel.

Toutefois, si le conflit s’étend au domaine naval, où les États-Unis ne disposent actuellement que d’un seul groupe aéronaval dans la région, la situation pourrait devenir extrêmement défavorable.

Aujourd’hui, tous les sous-marins israéliens ont pris la mer. On ignore s’ils se dirigent vers une zone protégée ou s’ils traversent le canal de Suez pour engager le combat avec l’Iran.

Aujourd’hui également, une frégate iranienne a été endommagée dans un port par ce qui semble être un missile maritime ou une frappe lancée par un drone.

Cela semble marquer le début de la phase navale de la guerre à laquelle nous assisterons probablement dans les prochains jours.

EN PRIME

Quatre aeroports !

Quatre aéroports en une seule journée.

Aéroport international du Koweït. Le terminal 1 a été touché par un drone iranien. Des employés ont été blessés. L’Autorité de l’aviation civile du Koweït a confirmé des dégâts structurels. Aéroport international de Dubaï. De la fumée s’est dégagée dans le hall. Quatre personnes ont été blessées. 280 vols ont été annulés. Les aéroports DXB et Al Maktoum sont fermés sine die. Et maintenant, c’est au tour de l’aéroport international de Bahreïn. Le ministère de l’Intérieur bahreïni l’a confirmé : frappe de drone sur l’aéroport. Des dégâts ont été signalés. Aucun blessé, mais il s’agit du quatrième aéroport civil d’un même pays du Golfe à être touché par des munitions iraniennes en douze heures.

L’Iran n’attaque pas les bases militaires situées par hasard à proximité des aéroports. L’Iran attaque les aéroports.

La frappe au Bahreïn lève toute ambiguïté. Celle au Koweït pourrait s’expliquer par un drone égaré visant la base aérienne Ali Al Salem, située à 60 kilomètres. Celle à Dubaï pourrait être attribuée à des débris interceptés suite à un tir de missile réussi. Or, l’aéroport international de Bahreïn jouxte le quartier général de la Cinquième flotte américaine. L’Iran a lancé des drones Shahed sur la base navale et l’aéroport durant la même période. Le ministère de l’Intérieur n’a pas évoqué de débris, mais une frappe de drone.

Des vidéos, filmées à l’intérieur de quatre terminaux d’aéroports civils différents, répartis dans trois pays souverains, montrent de la fumée, des dégâts matériels, des évacuations et le chaos provoqués par des tirs d’armes iraniennes en une seule journée. Quatre aéroports. Trois pays. Aucun de ces pays n’est en guerre contre l’Iran. Aucun n’a attaqué l’Iran. Aucun n’a fait quoi que ce soit d’autre que d’héberger du personnel militaire américain, ce qui aurait incité l’Iran à considérer l’ensemble de son infrastructure aéroportuaire civile comme une cible légitime.

Chaque aéroport international du Golfe persique est désormais une cible réelle. Pas une cible théorique, mais une cible bien réelle. Avec des images à l’appui. Avec des confirmations gouvernementales. Avec des employés blessés, des vols annulés, des passagers bloqués et des dégâts matériels que les experts des compagnies d’assurance photographieront lundi matin.

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) existe précisément pour ce genre de situation. Attaquer des aéroports civils n’est pas une zone grise en droit international. C’est sans ambiguïté. Cela ne saurait être interprété en fonction de la présence ou non d’une base navale voisine. L’article 3 bis de la Convention de Chicago interdit l’utilisation d’armes contre les aéronefs civils et les installations aéronautiques civiles. L’Iran n’a pas seulement violé cette disposition une seule fois aujourd’hui. Il l’a violée à quatre reprises dans trois pays différents avant le coucher du soleil.

Toutes les compagnies aériennes opérant dans le Golfe sont confrontées au même dilemme ce soir. La question n’est pas de savoir s’il faut modifier les itinéraires, mais s’il faut reprendre les vols. Emirates peut rétablir son programme en quelques jours. Lufthansa peut faire escale à Istanbul. Air India peut se rabattre sur Mascate. Mais aucune compagnie ne retournera sur un aéroport touché tant que personne ne pourra garantir qu’il ne le sera plus.

Personne ne peut le garantir ce soir. Et l’Iran vient de le prouver.

Quatre aéroports. Une seule journée. Le modèle aéronautique du Golfe n’a pas seulement été perturbé. Il a été invalidé.

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