Si l’ayatollah Ali Arafi devient le nouveau dirigeant, que Dieu aide les États-Unis.
En tant que dirigeant suprême, Washington et Tel Aviv se retrouveraient face à une figure bien plus rigide sur le plan idéologique et ancrée dans la théologie que toutes celles auxquelles ils ont eu affaire jusqu’à présent.
Grand ayatollah mujtahid, formé intellectuellement par Sayyed al-Shahid Muhammad Baqir al-Sadr et élevé dans une famille proche du cercle révolutionnaire de l’imam Khomeini, Arafi incarne un courant d’autorité cléricale profondément ancré dans la conviction doctrinale et la continuité institutionnelle.
Il a séjourné au Liban, entretient d’excellentes relations avec le Hezbollah et parle couramment arabe et anglais.
Comparé à un tel profil, Ali Khamenei pourrait paraître pragmatique.
Une direction dirigée par Arafi signifierait probablement une consolidation de la détermination idéologique au sommet de la République islamique.
Ayatollah Ali Arafi (plus précisément Ayatollah Alireza Arafi ou en persan آیتالله علیرضا اعرافی) est un haut dignitaire religieux chiite iranien très important.
Voici ce que l’on sait de lui en date du 1er mars 2026 :
- Âge et origines : Né en 1959 (environ 67 ans) à Meybod, dans la province de Yazd. Il vient d’une famille de clercs (son père était un ayatollah ayant lutté contre le régime du Shah et proche de l’imam Khomeini).
- Formation : Il a étudié à Qom dès l’adolescence, a suivi les cours des grands marja comme Ayatollah Wahid Khorasani, Fazel Lankarani, etc. Il est considéré comme un faqih (juriste) expérimenté en fiqh, usul al-fiqh, et questions contemporaines.
- Principaux postes occupés (avant les événements récents) :
- Président du réseau des hawza (séminaires théologiques) d’Iran depuis 2016 (مدیر حوزههای علمیه کشور).
- Membre du Conseil des gardiens (شورای نگهبان) en tant que faqih depuis 2019 (nommé par Khamenei).
- Membre de l’Assemblée des experts (مجلس خبرگان رهبری) représentant Téhéran.
- Nommé deuxième vice-président de l’Assemblée des experts.
- Ancien président de l’Université al-Mustafa al-Alamiya (جامعة المصطفی العالمیة) de 2008 à 2018 (institution chargée de former des étudiants étrangers chiites).
- Imam du vendredi (prière du vendredi) de Qom depuis 2015.
C’est un profil très proche du système de Khamenei depuis de nombreuses années, conservateur, loyal à la ligne de la Révolution islamique, et actif dans l’exportation de la pensée chiite révolutionnaire (via al-Mustafa notamment).
Il est aussi connu pour s’intéresser aux questions modernes (il a déjà parlé de l’utilisation de l’IA pour diffuser l’idéologie islamique).Événement majeur très récent (fin février / 1er mars 2026)
Suite à la mort d’Ayatollah Ali Khamenei (tué dans une frappe conjointe américano-israélienne sur Téhéran le 28 février 2026 selon les rapports), le Majlis-e Tashkhis-e Maslahat-e Nezam (Assemblée pour la discrétion de l’intérêt du régime) a désigné Ayatollah Alireza Arafi comme le membre faqih du conseil de direction intérimaire (شورای رهبری موقت).
Ce conseil provisoire est composé de trois personnes :
- Le président de la République (actuellement Masoud Pezeshkian)
- Le chef du judiciaire (Gholamhossein Mohseni Ejei)
- Le faqih du Conseil des gardiens → Alireza Arafi
Il exerce donc actuellement (depuis le 1er mars 2026) les pouvoirs du Guide suprême de manière collective et temporaire, en attendant que l’Assemblée des experts élise un nouveau Guide permanent.
En résumé : c’est un ultra-pur produit du système clérical iranien post-révolution, très haut placé dans la hiérarchie religieuse et politique.