L’ampleur de la hausse des prix du pétrole influencera tous les autres marchés.

RJ BROOKS

J’ai passé le week-end à analyser les répercussions du conflit avec l’Iran sur les marchés. Deux points essentiels se dégagent.

Premièrement, l’ampleur de la hausse des prix du pétrole influencera tous les autres marchés. Par exemple, sur le marché des changes, les pays exportateurs de pétrole en bénéficieront tandis que les pays importateurs en pâtiront. Toutefois, l’importance de cette différenciation dépend de l’évolution sous-jacente des prix du pétrole. Plus ces derniers augmentent, plus les répercussions sur le marché des changes seront importantes.

Deuxièmement, le risque géopolitique a été l’un des principaux moteurs de la « dépréciation monétaire », ce qui explique la flambée des cours de l’or après l’entrée en vigueur des droits de douane réciproques en avril 2025 et lors des affrontements au Groenland en janvier.

Hier soir, à l’ouverture des marchés, le prix du pétrole Brent s’établissait à 76,3 dollars, contre 72,5 dollars à la clôture de vendredi. Cela représente une hausse de 5 %, relativement modeste. Selon certaines sources, le Brent avait déjà amorcé une progression ces dernières semaines, les marchés se préparant à un conflit armé. Une autre explication possible serait la faiblesse apparente de la riposte militaire iranienne aux attaques américaines, ce qui aurait apaisé les craintes d’une escalade. Cependant, le trafic de pétroliers dans le golfe Persique est quasiment à l’arrêt, ce qui, à mon avis, laisse entrevoir un potentiel de hausse continue des prix du pétrole.

Cet article présente les élasticités des principales devises et autres actifs par rapport au prix du pétrole Brent, en se basant sur une éventuelle invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Le graphique ci-dessus est établi à partir des variations de prix du premier trimestre 2022, période marquée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le prix du pétrole Brent a progressé de 40 % durant ce trimestre, tandis que le real brésilien a augmenté de près de 20 %. Le graphique illustre l’élasticité du real brésilien par rapport à cette hausse du prix du pétrole, qui est légèrement inférieure à 0,5. Il présente les élasticités équivalentes pour les autres principales devises (en bleu), pour l’or (en rouge) et pour le S&P 500 (en orange).

Si, par exemple, la hausse de 5 % du Brent se maintient, cela impliquerait une appréciation d’environ 2 % du real brésilien par rapport au dollar. De même, cela impliquerait une baisse de 1 % de la livre turque par rapport au dollar. Ces chiffres sont relativement faibles car la hausse du Brent est, pour l’instant, relativement modeste. Si la situation venait à évoluer, le graphique ci-dessus donne une indication de l’évolution possible des marchés au premier trimestre 2026.

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