| Strategika5100 on 06/03/2026 |
| Des médias américains accusent la Russie d’avoir fourni une assistance technique à l’Iran pour lui permettre de mener des opérations de ciblage sophistiqués contre des radars, des serveurs, des nœuds de communication et des bâtiments de surface US, notamment le porte-avions à propulsion nucléaire USS Abraham Lincoln (CVN-72). Ces accusations révèlent une confusion classique entre la perception induite par l’idéologie et la réalité. C’est moins une réification qu’une douche froide. Cela signifie que dans cette guerre sans surprise stratégique qui se déroule de la Méditerranée orientale aux côtes du Sri Lanka, les choses se déroulent assez mal pour les pays ayant lancé l’assaut. |
| Au début du mois de mars 2026, l’Iran a pris pour cible les radars complexes américains AN/TPY-2 (intégrés aux systèmes THAAD) de la base aérienne Muwaffaq Salti en Jordanie et des sites situés aux Émirats arabes unis (Ruwais/Sader) et au Qatar (Umm Dahal) à l’aide de missiles balistiques de précision et/ou d’essaims de drones Shahed. |
| Des images satellites ont révélé des cratères de 4 mètres de diamètre situés juste à côté des remorques radar AN/TPY-2 de 12 mètres de long en Jordanie (opérationnelles depuis février 2026), confirmant des impacts directs à plus de 800 km de l’Iran. Des tactiques de saturation ont probablement submergé les défenses multicouches (par exemple, Patriot/THAAD), permettant aux drones Shahed-136/238 ou aux missiles hypersoniques Fattah, peu coûteux, de pénétrer les niveaux de défense antimissiles. |
| Le Fattah est un missile hypersonique dont la vitesse, estimée à Mach 15 fabriqué avec des matériaux absorbant les ondes radar. Ses fameuses manœuvres terminales lui permettent d’échapper au suivi en bande X (8,55-10 GHz). |
| Les planificateurs de cette guerre devaient le savoir car ils préparaient des plans de guerre avec l’Iran depuis si longtemps qu’ils n’auraient pas dû être choqués par cela. Cet exploit tactique iranien n’a jamais été réalisé par la Russie, pourtant en guerre depuis quatre ans avec l’ensemble des pays de l’OTAN en Europe orientale. |
| Il y a un autre aspect dont presque personne ne parle. Les frappes ont dégradé le guidage du THAAD pour les intercepteurs, obligeant à recourir aux batteries MIM-104 Patriot et réduisant la couverture des pays du Golfe sous protection militaire US payante ; les États du Golfe ont payé des sommes astronomiques à Washington pour leur protection et découvrent avec cette guerre que les États-Unis ont des difficultés à le faire et cela aura des répercussions dans le futur. Certaines voix dans les pays arabes du Golfe évoquent une opportunité historique de s’affranchir de la présence militaire US et de la remplacer par des compagnies militaires privées multinationales, jugée comme la solution la plus optimale. |
| La destruction des systèmes sophistiqués du parapluie défensif US protégeant Israël vise à paver le chemin aux missiles iraniens les plus récents. les remplacements nécessitent des mois et une logistique importante. Cela démontre le passage de l’Iran à une précision hybride impliquant un usage économe de (missiles et drones guidés par une IA dont on ne connaît pas l’origine contre des actifs de très grande valeur et peu nombreux (seulement environ 6 AN/TPY-2 dans le monde). |
| Autre aspect passé sous silence: les missiles hypersoniques iraniens s’abattant sur Israël causent des dégâts importants. L’usage du Khorramashahr-4 avec son ogive conventionnelle de 2 tonnes contre le ministère israélien de la défense, l’état-major des forces israéliennes et le siège du Mossad a été dévastateur. Officiellement, la propagande de guerre israélienne annonce l’interception de 100% des missiles iraniens mais il est clair qu’aucun système de défense au monde ne peut obtenir ce score. Ce qui est à relever est que le CEP ou cercle d’erreur probable des missiles iraniens ayant détruit le siège du Mossad était moins de 5 mètres. |
| Plus étonnant encore est le ciblage par l’Iran de l’IA de combat US. Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique iranien (CGRI) a pris pour cible des centres de données aux Émirats Arabes Unis et au Bahreïn en raison du rôle joué par AWS d’Amazon dans le soutien des opérations militaires et de renseignement américaines via des contrats cloud tels que le cadre JWCC de plusieurs milliards de dollars du ministère américain de la Défense, qui héberge le traitement de données sensibles. Les centres de données fonctionnent comme des « raffineries modernes » pour la guerre menée par l’IA, permettant la simulation de cibles, l’analyse de renseignements (par exemple, l’utilisation de l’IA Claude d’Anthropic*) et les communications, ce qui en fait des cibles asymétriques de grande valeur avec des répercussions économiques régionales à partir de dommages minimes. Les frappes contre les hubs des Émirats arabes unis et de Bahreïn perturbent l’infrastructure informatique des alliés du Golfe alignés sur les États-Unis, signalent une escalade vers les vulnérabilités de « l’ère informatique ». |
| Nous disposons désormais d’assez d’éléments pour établir que les objectifs de guerre changeants et versatiles annoncés par Trump pour justifier cette guerre sont impossibles à atteindre en se basant sur les données actuelles. Cela explique pourquoi Israël veut que l’Azerbaïdjan, son allié militaire le plus proche, entre en guerre avec l’Iran et que les guérillas kurdes puissent être armées et bénéficier d’un CAS (Close Air Support) américain. |
| Les déclarations de Trump sont de plus en plus bizarres. Celles de son administration clairement surannées car elles reprennent des éléments de langage que l’on peut plus déchiffrer de manière logique ou rationnelle. Indépendemment des motivations réelles de cette guerre variant du chantage à des impératifs de stratégie d’attrition de la Chine dans le cadre d’un conflit global pour l’hégémonie, il semble qu’il y ait eu une mauvaise perception de la réalité concernant la situation réelle de l’Iran ayant été prise en compte dans le processus de prise de décision et cela pourrait relever de l’anthologie des débâcles militaires des deux derniers siècles. |