Editorial. Vers la guerre super hybride. La semaine de tous les dangers

Vers la guerre super hybride.

La guerre hybride est une forme moderne de conflit qui mélange plusieurs types d’actions pour atteindre des objectifs stratégiques, sans exclusivement passer par létapes de la guerre ouverte et déclarée traditionnelle.

C’est un peu comme un véhicule hybride : on combine plusieurs moteurs (essence + électricité) pour obtenir le meilleur résultat avec le moins de risques et de couts.

Dans cette guerre on combine plusieurs « moteurs » de conflit pour déstabiliser un adversaire tout en restant le plus souvent en dessous du seuil qui déclencherait la réponse massive par exemple du type nucléaire.

Les ingrédients les plus typiques d’une guerre hybride sont connus, on retrouve généralement un mélange de :

  • Actions militaires conventionnelles
  • Actions irrégulières / asymétriques (milices, , groupes armés non officiels, forces spéciales)
  • Cyberguerre (piratage de réseaux électriques, banques, administrations, hôpitaux)
  • Désinformation / manipulation informationnelle massive deepfakes, amplification via trolls et bots
  • Sabotage physique discret câbles sous-marins coupés, entrepôts qui explosent « accidentellement » , approvisionnement en eau
  • Pressions économiques chantage au gaz, embargo sélectif, achat massif d’actifs stratégiques
  • Ingérence politique financement de partis extrêmes, corruption d’élites
  • Utilisation de proxies et de mercenaires

L’objectif principal est le plus souvent créer de la confusion, de la fatigue, de la division dans le camp adverse, tout en gardant un déni plausible (« ce n’est pas nous »).

Je soutiens que l’élément le plus important de la guerre hybride actuelle n’est pas mis en évidence dans les théories actuelles et pour moi, cet élément central, qui existe déjà, mais n’est ni théorisé ni verbalisé , cet élément central c’est:

L’ACTION TERRORISTE CALCULEE SUR LES MARCHES

En 2025-2026, ce que j’appelle la guerre super-hybride est omni présente mais elle n’est pas nommée; on écorne le sujet quand on parle par exemple de ventes de Treasuries americaines par la Chine, mais c’est très insuffisant et peu riche au plan conceptuel.

Les actons hybrides ne visent plus les citoyens ou les peuples car tout le monde s’en fiche, nous ne sommes plus en démocratie, les peuples ne votent plus pour ou contre la guerre, les journaux sont tous au mains des élites qui veulent la guerre , et personne n’attache d’importance à ce que disent les sondages.

En revanche il y a un monstre qui fait peur a tout le monde, ce monstre, ce sont les marchés.

ILS ONT REMPLACE LES ELECTEURS!

Il y a un espace ou les opinions se forment, s’affrontent et ou elles sont déterminantes matériellement et concrètement et cet espace ce sont LES MARCHES.

Les marches fixent les prix du pétrole , de l’argent, de l’incertitude, ils orientent les ressources, les flux et surtout ils fournissent le nerf de la guerre: LE POGNON qui finance les dettes lesquelles dettes financent les guerres.

Les liens de la guerre super hybride sont tellement gros qu’on ne les voit pas ils vont de l’énergie au pétrole, aux matières premières , aux marchés boursiers, aux dettes et aux mines d’or ultimes que sont les couples Banque Centrale/Tresor public .

Pensez à cette guerre super hybride en lisant. De la sérénité des uns a la folle agitation des autres!

Pékin et Moscou affichent un haut niveau de confiance politique mutuelle et ne craignent pas les provocations extérieures, a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

« La Chine et la Russie entretiennent une grande confiance politique mutuelle ; le soutien bilatéral est au cœur des relations sino-russes. Nous ne craignons aucune provocation ni pression extérieure et disposons d’une solide résilience stratégique », a déclaré Wang.

« Le pays s’efforcera de préserver un ordre économique international équitable et entend défendre le système commercial multilatéral fondé sur les normes de l’Organisation mondiale du commerce », a-t-il ajouté.

Les réactions chinoises et russes sont rares et surtout modérées, elles contrastent avec l’agitation apocalyptique de Trump et de son entourage.

Pourtant, cette guerre correspond exactement à la manière dont on pourrait imaginer le début d’une confrontation mondiale majeure.

6 mars – Washington Post:

« La Russie fournit à l’Iran des informations de ciblage pour attaquer les forces américaines au Moyen-Orient, première indication qu’un autre adversaire majeur des États-Unis participe – même indirectement – ​​à la guerre, selon trois responsables bien informés…

Cette assistance… indique que ce conflit, qui s’étend rapidement, met désormais en scène l’un des principaux concurrents nucléaires des États-Unis, doté de capacités de renseignement exceptionnelles.

Depuis le début des hostilités samedi, la Russie a communiqué à l’Iran la position des moyens militaires américains, notamment des navires de guerre et des avions, ont déclaré ces trois responsables, qui ont requis l’anonymat… « Il semble s’agir d’un effort d’envergure », a déclaré l’un d’eux…

Interrogé cette semaine sur son message à la Russie et à la Chine, qui comptent parmi les plus puissants soutiens de l’Iran, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré qu’il n’en avait pas et qu’« ils ne sont pas vraiment un facteur déterminant ici ».

Il est difficile de croire que la Russie et la Chine ne joueront aucun rôle dans le déroulement de cette guerre.

L’Iran est un allié proche et clef. Si l’Iran tombe , ce sont les routes qui garantissent la Chine contre l’asphyxie qui se ferment. Contrairement à ce que proclame Trump la situation créée par la guerre en Iran n’est pas comparable a avec celle qui découle de la chute du domino Venezuelien.

Alex Shephard, du New Republic : « Trump divague comme si les conséquences à long terme étaient une question de “woke”. » De toute évidence, la situation en Iran n’a rien à voir avec celle du Venezuela.

Trump ne peut s’empêcher de se vanter et de se mettre en avant: il prétend choisir les futurs dirigeants iraniens:

« Nous allons devoir choisir cette personne, en même temps que l’Iran. Nous allons devoir choisir cette personne. »

Politico : « Interrogé sur l’influence qu’il compte exercer sur les futurs dirigeants iraniens, Trump a répondu : “Je vais avoir un impact considérable, sinon il n’y aura pas d’accord, car nous n’aurons plus à recommencer.” » « Les gens adorent ce qui se passe… Cuba va tomber aussi. » « Je dois être impliqué dans la nomination, comme pour Delcy au Venezuela. » « Ce que nous avons fait au Venezuela, je pense, c’est… le scénario idéal. » « Ça va marcher très facilement. Ça va marcher comme au Venezuela. »

Il est fort probable au contraire que la situation dégénère.

S’engager dans une guerre majeure, avec des risques aussi élevés, était une erreur stratégique. Les stocks de munitions essentielles sont alarmants. Dans tout le Golfe, les stocks d’intercepteurs seraient dangereusement bas. On ne peut exclure un scénario catastrophique d’attaques incessantes contre les infrastructures énergétiques régionales.

C’est toute la chaine d’approvisionnements mondiaux qui est en peril et pas seulement sous l’aspect pétrolier comme en temoignent les prix sur les matières premières et les services.

Le détroit d’Ormuz pourrait également devenir une zone de conflit.

L’extension est probable.

1er mars – The New Arab :

« L’assassinat du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a suscité une vive émotion au sein de la communauté chiite hors d’Iran, parmi les hauts dignitaires religieux et les chefs religieux du monde musulman, ainsi que parmi les manifestants dans les rues des villes d’Asie du Sud et du Moyen-Orient.

Si Téhéran est entré dans une période de transition officielle, les réactions au-delà de ses frontières témoignent de l’importance que Khamenei avait, non seulement en tant que guide de l’Iran, mais aussi comme figure politique et symbolique centrale pour une partie du monde chiite. Son influence dépassait largement les frontières de l’État iranien. En tant que Guide suprême, conformément à la doctrine du Velayat-e Faqih, il cumulait l’autorité religieuse et le contrôle politique absolu de la République islamique…

En Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, le plus haut dignitaire chiite du pays, a publié une déclaration exprimant son deuil et reconnaissant que son rôle « unique à la tête de la République islamique d’Iran pendant de nombreuses années est évident pour tous ». Sistani a exhorté le « grand peuple iranien » à « maintenir son unité et à rester ferme ». et contrecarrer les objectifs sinistres des agresseurs.

« Il n’y aura d’accord avec l’Iran que pour une capitulation sans condition »! Eructe Trump.

Je n’ai entendu aucun analyste crédible considéré que l’Iran capitulera sans une résistance acharnée.

Si Trump est sérieux, il faut s’attendre à des bombardements continus, jour et nuit, jusqu’à la fin du conflit. Je doute que l’opinion publique américaine et la communauté internationale puissent supporter les terribles « dommages collatéraux » qui s’ensuivront quotidiennement.

Et puis il n’y a pas que le militaire ou le politique, il y a l’environnement économique et financier.

Trump et son entourage ne semblent pas se rendre compte de la vulnérabilité des bulles spéculatives américaines et mondiales, de l’effet de levier spéculatif sans précédent, de la fragilité croissante du système de crédit américain et du risque que la réduction des risques et le désendettement ne déclenchent l’instabilité et le chaos.

La conjonction de la guerre elle même, de l’envolée des prix du pétrole, de la course aux armements en intelligence artificielle qui s’est accélérée et de la fragilité du système de crédit, cette conjonction est explosive.

Après les annonces de la semaine dernière sur le Credit Privé, le Private Equity et les Leveraged Loans, , nous sommes désormais proches d’une vague de désendettement spéculatif, ce qui risque de provoquer illiquidité, panique et révulsion des marchés.

Le déclenchement de la guerre ne fait qu’aggraver les problèmes de crédit dissimulés sous les fausses comptabilités .

Le Put de Trump à mon avais est toujours là mais au lieu de rassuer il peut etre perçu comme désespéré et se retourner; au lieu de rassurer, il peut effrayer. Le Put de Trump sera à mon avis une victime collatérale majeure de la guerre.

Le risque d’inflation montre à nouveau son horrible tête. La confiance dans la garantie de la Fed n’est plus à la hauteur des besoins de marchés fragiles confrontés a une situation apocalyptique

Le schéma psychologique Trumpien du Taco est évoqué, mais on voit mal en quoi il pourrait consister.

[MSN/WP] Un rapport des services de renseignement avertit qu’une guerre à grande échelle est « peu probable » pour renverser le régime iranien.

[Reuters] Une semaine après le début de la guerre contre l’Iran, les dangers pour les États-Unis et Trump se multiplient.

[Reuters] La guerre en Iran menace de provoquer un choc durable sur les marchés mondiaux de l’énergie.

[Reuters] La guerre entre les États-Unis et Israël et l’Iran provoque des ondes de choc dans le monde des affaires.

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