Les marchés et les commentateurs s’éveillent à la réalité que j’ai décrite il y a quelques jours: la guerre super hybride

La guerre super hybride se joue aussi sur les marchés; le petrole, les bourses etc

Petrole : La chute de 35 $ (119 → 84 $) n’est pas une désescalade. C’est la preuve que le marché avale les discours plus vite que les faits.

Mardi 10 mars. Le fil au Moyen-Orient avec MAJ en continu- La guerre pour influencer les marchés – Rappel: l’information vraie et fausse fait partie de la guerre.

Kim Dotcom

DERNIÈRE MINUTE : La Maison Blanche vient d’imputer à un stagiaire la pire défaite en matière de guerre informationnelle du XXIe siècle.

Mardi 10 mars. Le fil au Moyen-Orient avec MAJ en continu- La guerre pour influencer les marchés – Rappel: l’information vraie et fausse fait partie de la guerre.

L’équation du pétrole

Lundi 9 mars. Le fil au Moyen-Orient avec MAJ en continu- La guerre est pétrolière, guerre pour influencer les marchés, les neocons veulent élargir le conflit – Rappel: l’information vraie et fausse fait partie de la guerre.

Voici le déroulement des faits. Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a publié sur les réseaux sociaux qu’un pétrolier escorté par l’US Navy avait franchi avec succès le détroit d’Ormuz. Cette affirmation était fausse. Aucune escorte n’a eu lieu. La Maison Blanche l’a confirmé. M. Wright a supprimé sa publication. L’administration a imputé cette erreur à un membre subalterne du personnel.

Avant sa suppression, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, en a fait une capture d’écran et a publié quinze mots qui ont maintenant été vus par plus d’un million de personnes : « Un pétrolier a traversé le détroit d’Ormuz escorté par des navires de la marine américaine ? Peut-être sur PlayStation ! »

Vingt-et-un mille mentions « J’aime ». 4 700 retweets. Un million de vues. Le tweet du gouvernement iranien le plus commenté depuis le début de la guerre. Et il était exact. L’escorte n’a pas eu lieu. Le tweet américain qui l’affirmait a été retiré. Le tweet iranien qui le ridiculisait est toujours en ligne.

Un fonctionnaire subalterne a publié une déclaration concernant la voie navigable la plus stratégique au monde, extraite du compte rendu officiel d’un secrétaire d’État, en pleine campagne militaire la plus intense depuis 2003. Personne dans la hiérarchie ne l’a vérifiée avant publication. Il ne s’agit pas d’une erreur de personnel, mais d’une défaillance institutionnelle au sein d’un gouvernement menant une guerre où l’information circule plus vite que les corrections.

Le marché pétrolier a réagi à cette annonce avant même qu’elle ne soit supprimée. Le WTI a chuté de 119,50 $ à 87 suite à une série de signaux de désescalade, dont des annonces d’escorte. L’escorte annoncée n’a pas eu lieu. Le prix, lui, a bel et bien évolué. La correction qui a suivi n’a pas permis d’inverser la tendance. Le marché se négocie actuellement à un niveau en partie déterminé par une publication sur les réseaux sociaux, désormais supprimée, attribuée à une personne non identifiée par la Maison Blanche, et diffusée depuis le compte d’une secrétaire qui, de toute évidence, ne l’a pas approuvée.

Pendant ce temps, le détroit reste physiquement inchangé. Sept cents pétroliers sont en attente. On observe deux à trois passages par jour. Sept clubs de protection et d’indemnisation (P&I) se sont retirés, aucun n’a été réintégré. Les services de renseignement américains ont confirmé la présence de quelques dizaines de mines iraniennes dans l’eau, et 80 à 90 % des navires mouilleurs de mines sont toujours opérationnels. Les 31 commandements autonomes des Gardiens de la révolution iraniens continuent de tirer. Le Guide suprême est réduit à une silhouette en carton lors de son propre rassemblement. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de proposer le plus important déblocage de réserves d’urgence de l’histoire, car le détroit que son employé prétendait ouvert ne l’est pas.

L’Iran n’a pas piraté de compte américain. L’Iran n’a pas diffusé de désinformation. L’Iran a attendu que les États-Unis publient leur propre fausse allégation, a vu les États-Unis la supprimer, puis a annoncé cette suppression au monde entier. Cette victoire informationnelle n’a rien coûté à l’Iran. Une capture d’écran et quinze mots.

Les États-Unis ont déployé trois groupes aéronavals, onze bombardiers lourds et la force militaire la plus puissante de l’histoire pour rouvrir un détroit dont un employé subalterne a par inadvertance admis qu’il était toujours fermé. Son erreur n’a pas été de diffuser une information erronée, mais de promouvoir un objectif avant de le réaliser. L’escorte était censée avoir lieu. Elle n’a pas eu lieu. Et maintenant, le monde entier le sait, car Washington l’a annoncé en premier et Téhéran s’est assuré qu’on s’en souvienne.

PlayStation. Un message supprimé. Un employé anonyme. Et le détroit est toujours fermé.

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