Shaiel ben Iphraim: perceptions fausses et mitigées de la guerre en Israel

J’ai discuté avec des responsables israéliens et lu de nombreux articles de presse en Israël.

Voici comment la guerre en Iran est perçue jusqu’à présent :

1) Sur le plan tactique, ils estiment que l’opération s’est très bien déroulée et qu’Israël a détruit une plus grande partie des capacités militaires iraniennes que prévu.

2) Ils sont déçus que le régime n’ait pas été affaibli autant qu’ils l’espéraient et qu’il conserve un contrôle ferme. L’absence de soulèvement populaire, en particulier, est source d’inquiétude.

3) Ils constatent que Trump est peu fiable. Alors qu’Israël privilégie une campagne prolongée pour garantir l’élimination totale des menaces, Trump a manifesté le désir de mettre fin à la guerre « prochainement », ce qui risque de créer une divergence quant aux objectifs militaires.

4) Le Hezbollah est plus fort que prévu. Il a mené des frappes de drones et de missiles contre Israël, tuant des soldats. Son rétablissement est plus rapide que prévu.

5) L’incapacité de l’aéroport Ben Gourion à résister à la fermeture et au chaos a démontré la fragilité de la cohésion sociale israélienne.

6) Ils sont déçus du manque de soutien des États du Golfe qui souhaitent la fin de la guerre plutôt que l’escalade souhaitée par Israël.

7) Israël accepte que le régime de Téhéran survive et espère simplement que cela l’affaiblira en préparation du prochain round.

8) Les stratèges israéliens craignent de plus en plus de gagner la guerre tout en perdant la région. Si les cibles militaires sont anéanties, les dégâts causés aux infrastructures civiles provoquent une vive réaction.

9) La guerre s’avère très coûteuse. La nécessité de consacrer 28 milliards de shekels (9 milliards de dollars) au budget militaire a contraint le gouvernement à geler les projets sociaux, ce qui a provoqué les premières manifestations antigouvernementales d’envergure depuis le début du conflit, notamment de la part des classes moyennes qui supportent le poids des impôts.

10) Ils savent que la guerre est très impopulaire aux États-Unis et qu’Israël est pointé du doigt. Ils s’inquiètent des conséquences pour l’alliance.

Alors que Netanyahu présente cela comme un immense succès, les stratèges israéliens, eux, ne partagent pas cet avis. Le public le sait également.

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