Gulf states to reassess relationship with US and seek to diversify foreign partnerships following Trump’s decision to go to war with Iran. -Reuters
Les États du Golfe doivent réévaluer leurs relations avec les États-Unis et chercher à diversifier leurs partenariats étrangers à la suite de la décision de Trump d’entrer en guerre avec l’Iran.-Reuters
Cette nouvelle de Reuters, datée du 11 mars 2026, est significative et pourrait refléter un tournant géopolitique majeur au Moyen-Orient.
Selon l’article principal (« US ignites Iran war, but Gulf Arab states pay the price »), les États du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, etc.) expriment une frustration croissante : ce n’est pas leur guerre, ils ne l’ont ni initiée ni soutenue publiquement, mais ils en subissent les conséquences économiques et sécuritaires les plus lourdes.
Les frappes iraniennes de représailles ont touché des installations pétrolières, des ports, des aéroports et des bases militaires dans la région, perturbant gravement l’exportation d’énergie via le détroit d’Ormuz et causant des pertes massives.
D’un côté, c’est une réaction pragmatique et logique. Historiquement, ces monarchies du Golfe dépendent fortement des États-Unis pour leur protection (ventes d’armes massives, bases militaires comme Al Udeid au Qatar, parapluie de sécurité contre l’Iran).
Mais la décision unilatérale de Trump d’entrer en guerre aux côtés d’Israël contre l’Iran fin février 2026 a exposé les faiblesses de cette alliance : Washington a agi sans consultation approfondie, et ce sont les alliés du Golfe qui paient le prix fort en termes de sécurité et d’économie.
Les analystes cités par Reuters, comme Ebtesam Al-Ketbi ou Fawaz Gerges, soulignent que cela accélèrerait une diversification des partenariats :
renforcement des liens avec la Chine (via les investissements Belt and Road), la Russie (énergie et armement), l’Europe, la Turquie, l’Inde, le Pakistan, voire un rapprochement prudent avec Israël pour certains.
Ce n’est pas un abandon total des États-Unis, mais une stratégie de couverture pour réduire la dépendance à une puissance dont les décisions peuvent changer brutalement.
D’un côté, ce virage comporte des risques énormes.
Affaiblir le parapluie sécuritaire américain pourrait laisser plus d’espace à l’influence iranienne mais cela laisserait supposer que l’Iran ait des visées expansionnistes ce qui est peu crédible.
Économiquement, les fonds souverains (comme ceux d’Arabie saoudite ou des Émirats) réexaminent déjà leurs investissements mondiaux pour compenser les pertes liées à la guerre, ce qui pourrait avoir des répercussions globales (hausse des prix du pétrole, perturbations des chaînes d’approvisionnement).
De plus, certains pays comme le Qatar insistent publiquement pour renforcer plutôt que diluer leur partenariat avec les États-Unis, voyant dans la crise une raison de consolider les alliances existantes avec Washington et l’Europe.
Cette information est un signal d’alarme pour l’ordre régional actuel.
La guerre a révélé les limites d’une alliance asymétrique où les États du Golfe servent de « tampon » pour les intérêts américains/israéliens sans avoir un vrai droit de veto.
Tout ceci a des limites , raisonner en terme d ‘intérêt national n’est pas adapté à la situation politique et sociale concrète de tous ces états: ce sont des tyrannies, des dictatures , certains pratiquent l’esclavage et leurs chefs savent bien qu’ils n’ont aucune legitimité et que seuls les Etats Unis peuvent leur permettre de prolonger cet ordre social radicalement non démocratique.