–Le distributeur de produits pétroliers Rubis a indiqué jeudi s’attendre à une progression de ses résultats en 2026, à taux de change constants, soutenue par la croissance de ses activités historiques de distribution de carburants et de bitume.
Ces dernières sont épargnées par les conséquences du conflit dans le Golfe. « Pour l’instant, nous ne voyons aucun impact négatif », a indiqué Jean-Christian Bergeron, directeur de Rubis Energie et gérant associé du groupe, lors d’une conférence téléphonique.
Pour livrer certains marchés d’Afrique de l’Est, La Réunion et Madagascar, le groupe a provisoirement changé de point d’approvisionnement et se fournit à Singapour. Par ailleurs, le groupe répercute la hausse des cours du pétrole sur ses clients, ce qui n’affecte pas ses performances financières mais peut entraîner une hausse temporaire du besoin en fonds de roulement, a-t-il précisé.
Le dirigeant a fait ces commentaires alors que le distributeur spécialisé a publié des résultats globalement conformes aux attentes pour l’exercice écoulé.
Le bénéfice net de Rubis s’est replié de 10% l’an dernier, à 309 millions d’euros. Le résultat de 2024 incluait une plus-value exceptionnelle liée à la cession de Rubis Terminal.
En données pro forma, son bénéfice net a progressé de 19% en 2025.
Le résultat brut d’exploitation (Ebitda) s’est apprécié de 3%, à 741 millions d’euros, tandis que le chiffre d’affaires a reculé de 2%, à 6,53 milliards d’euros, pénalisé notamment par des effets de change.
Selon un consensus établi par FactSet, les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 314 millions d’euros et un Ebitda de 743 millions d’euros. Rubis prévoyait de son côté un Ebitda de 710 millions à 760 millions d’euros en 2025.
« Cette publication annuelle nous semble solide en première lecture. Elle ne devrait pas justifier de changement important de nos prévisions de résultats », commentent les analystes d’Oddo BHF.
Pour l’exercice en cours, Rubis table sur un résultat brut d’exploitation (Ebitda) compris entre 740 millions et 790 millions d’euros, à taux de change constants, grâce à la croissance de ses activités de distribution de carburant et de bitume en Afrique et dans les Caraïbes, et à de nouvelles opportunités en Europe notamment notamment sur le marché du bitume.
« Comme en 2025, l’accélération des coûts de développement dans la production d’électricité renouvelable devrait peser sur l’Ebitda 2026, en ligne avec la stratégie d’investissement visant à soutenir la création de valeur à long terme », a souligné Rubis. En 2025, Photosol, la filiale d’énergie solaire du groupe, a enregistré un Ebitda de 23 millions d’euros, en baisse de 11% sur un an.
Dans le cadre de sa stratégie de diversification, l’entreprise s’est cependant fixé un nouvel objectif qui consiste à multiplier par cinq l’Ebitda de ses produits et services « bas carbone » d’ici à 2030, soit un chiffre avoisinant 100 millions d’euros.
Rubis proposera le versement d’un dividende de 2,07 euros par action au titre de l’exercice écoulé, contre 2,03 euros par action pour l’exercice précédent.
Vers 11h50, le titre chutait de 4,9%, à 33,92 euros. Il a été soutenu au cours des six derniers mois par des spéculations de rachat, le groupe ayant indiqué en septembre qu’il menait des discussions « très préliminaires » avec plusieurs acteurs industriels et financiers. Ses dirigeants n’ont fait aucun commentaire à ce sujet jeudi.