Ceux qui me lisent depuis longtemps, près de 30 ans par exemple, savent que j’ai toujours eu cette idée de base: notre système de prix est faux, faussé, aberrant, aussi dysfonctionnel que l’était celui de l’URSS au moment de sa chute.
RIEN N’EST A SON PRIX
La frivolité qui s’est installée avec l’avènement du marginalisme et sa théorie selon laquelle toutes les valeurs ne sont que subjectives, dans la tête des gens, cette théorie a produit des pratiques économiques et sociales absurdes qui elles mêmes ont produit un système de prix relatifs de proche en proche de plus en plus inadapté à signaler les vraies utilités et à guider nos actions.
Notre système de prix est relatif à un ordre social, politique, géopolitique et monétaire, historique, et c’est cet ordre qui se disloque devant nos yeux.
Le combat des occidentaux pour le maintenir est un combat d’arrière garde: quelle que soit l’issue des guerres en cours et à venir, notre ordre fait son temps, il a buté sur ses limites endogènes, il a épuisé ses bienfaits il est trop couteux et nous ne pouvons plus le reproduire . Ses couts de maintien , ses des-utilités, ses couts externalisés sont devenus hors de notre portée., hors de nos moyens,
Notre système de prix produit par nos politique monétaires, nos politiques de taux d’intérêt et nos valeurs sociales et politiques ne reflètent pas les véritables valeurs-travail et les véritables valeurs-utilité qui seront porteuses d’adaptation et donc d’avenir. Notre système de prix représente un système de valeurs-désirs dont en particulier , celui de vous baiser, de vous exploiter, de vous aliéner.
Nos systèmes sont branchés, ont les yeux fixés sur les rétroviseurs et non sur les parebrises parce qu’ils sont incarnés dans et par un ordre social et que ceux qui profitent de cet ordre social ne veulent pas lâcher prise.
Ils ne veulent pas que le Futur advienne.
Tout cet ensemble dysfonctionnel, repose sur un système social, politique géopolitique et social; rigidifié, mort, qui empêche les forces de vie et d’adaptation de se manifester, d’où les craquements, les fissures, les combats, les guerres.
C’est ce système , ce régime qui est en train d’être mis à mal à la fois de l’intérieur de nos nations par l’émiettement de nos sociétés et la disparition des consensus, et de l’extérieur par les protections, les barrières, les guerres contre l’ordre mondial ancien.
Un formidable mouvement historique fruit des antagonismes internes et externes de nos sociétés, est lancé. Il est accéléré depuis 2008.
Les monnaies et quasi monnaies doivent être détruites, c’est la Nécessité!
Pourquoi?
Parce que monnaie et quasi monnaies sont la mémoire, la cristallisation, le passif de l’ordre ancien et de ses valeurs. Et ce passif ne peut etre honoré.
Les mutations qui en découleront ne sont bien sur pas prévisibles sauf pour les escrocs, les grands prêtres, qui font de la prévision/divination une activité qui leur permet de tromper leurs semblables.
Il n’y a pas d’initié!
Un colossal mouvement est en cours et il ne date pas d’hier , c’est un processus lent; mais il accélère et devient chaotique avec des ruptures, des non linearités, des fractures.
Nos systèmes de compréhension, nos capacités d’intelligibilité reposent sur l’expérience du passé, l’extrapolation et la répétition .
Autant dire qu’elles sont peu efficaces pour prédire un avenir qui se caractérise par l’émergence de nouvelles relations, interrelations, ou corrélations.
On pourrait croire que la crise a atteint son paroxysme. Non.
Maintenant les arbres qui cachent la forêt.
Le prix du pétrole brut WTI a frôlé les 120 dollars lors de la séance nocturne mouvementée de dimanche.
Les contrats à terme du Nasdaq ont chuté jusqu’à 2,6 %.
Lundi, l’indice Nikkei 225 japonais a plongé de 7,7 %, après une baisse de 5,5 % la semaine précédente.
Le Kospi sud-coréen a reculé de près de 9 %, s’ajoutant à la chute de 10,6 % enregistrée la semaine dernière.
Les marchés obligataires mondiaux ont subi de fortes pressions à la vente. Le rendement des gilts britanniques a bondi de 17 points de base lundi, à près de 4,80 % (son plus haut niveau en 14 mois), tandis que le rendement à deux ans a grimpé jusqu’à 29 points de base, à 4,17 %. Le rendement italien a atteint son plus haut niveau de la journée, en hausse de 17 points de base, à 3,77 % (son plus haut niveau en 11 mois).
En début de séance lundi, le rendement des bons du Trésor à 10 ans progressait de sept points de base à 4,21 %.
Les mouvements les plus inquiétants se situaient sur le marché des swaps. Signe de tensions de liquidité croissantes, le spread des swaps sur les bons du Trésor à 30 ans a reculé de près de trois points pour atteindre un plus bas de six mois à 82 points de base, poursuivant ainsi sa baisse la plus marquée depuis avril.
Les CDS à haut rendement ont bondi à leur plus haut niveau depuis mai. Les CDS bancaires ont également atteint des sommets en 10 mois.
« Les principaux ETF à haut rendement chutent à de nouveaux plus bas en neuf mois ».
Les prix des métaux précieux étaient également sous pression (l’argent a par exemple reculé de 5,5 %).
En bref, une multitude de stratégies financières à effet de levier ont subi la semaine dernière une pression intense.
10 mars – Bloomberg :
« Certains des plus grands fonds spéculatifs au monde, réputés pour leur stabilité, ont subi des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars la semaine dernière. La guerre contre l’Iran a en effet provoqué une forte volatilité des marchés et affecté les portefeuilles de l’ensemble du secteur. Le fonds spéculatif de Coatue Management a perdu 3,8 % la semaine dernière et affichait une baisse de 2,4 % depuis le début de l’année jusqu’au 6 mars…
Le principal fonds spéculatif de Citadel, Wellington, a perdu 2 % la semaine dernière, son activité macroéconomique ayant également enregistré des baisses… Le fonds spéculatif multi-stratégies d’ExodusPoint Capital Management a effacé la semaine dernière tous les gains réalisés depuis le début de l’année… Le géant des fonds spéculatifs Millennium Management, qui gère 86,7 milliards de dollars, a perdu environ 1,5 milliard de dollars au cours de la semaine se terminant le 6 mars… Chez Point72 Asset Management, le recul de 1,1 % enregistré au cours de la semaine a ramené sa progression depuis le début de l’année jusqu’au 6 mars à 3,4 %… Balyasny gérait 32 milliards de dollars, tandis que Point72 supervisait 45,7 milliards de dollars… Le fonds spéculatif phare de Marshall Wace, Eureka, a… » « Le cours a baissé de 3,7 % la semaine dernière… »
11 mars – Bloomberg : « Les hedge funds subissent leur plus forte baisse depuis les turbulences tarifaires de la Journée de la Libération, les débouclements de positions sur des marchés saturés pénalisant les investisseurs à haut rendement, selon les stratèges de JPMorgan. Depuis le début de la guerre en Iran, les fonds quantitatifs, comme les conseillers en trading de matières premières, ont connu leur pire période en près d’un an, ont indiqué les stratèges… Les hedge funds actions long-short ont également enregistré de lourdes pertes en raison de leur surpondération des marchés européens et coréens et de leur sous-pondération des valeurs technologiques, selon la banque. »
L’indice bancaire KBW a ouvert la séance de lundi en baisse de 3,6 %, avec des replis de 4,2 % pour Citigroup, 3,1 % pour Goldman Sachs, 3,8 % pour Bank of America, 4,3 % pour Wells Fargo, 3,8 % pour Morgan Stanley et 3,2 % pour JPMorgan.
Lundi, à leurs plus bas niveaux, Bank of America affichait une baisse de 7,0 %, Goldman Sachs de 8,4 %, Citigroup de 8,3 %, Wells Fargo de 8,1 %, Morgan Stanley de 8,0 % et JPMorgan de 6,4 %.
La panique s’installait.
« La crise iranienne pourrait accélérer le repli du crédit privé »,
« Les acteurs majeurs du crédit privé contraignent les fonds à des opérations de couverture brutales »,
« Les difficultés du crédit privé pourraient engendrer des problèmes pour les centres de données ».
À 35,3, l’indice VIX (volatilité des actions) atteignait son plus haut niveau depuis avril en début de séance lundi. Le risque systémique montrait son horrible tête .
Et puis le PUT est arrivé!
Trump : « Je pense que la guerre est pratiquement terminée. »
9 mars – Financial Times :
« Donald Trump a déclaré que la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran prendrait fin « très prochainement », cherchant ainsi à calmer les tensions sur le marché pétrolier, qui avaient fait flamber les prix à leur plus haut niveau en quatre ans et menaçaient l’économie mondiale. S’exprimant depuis sa résidence de Doral, le président américain a qualifié la guerre que les États-Unis mènent contre l’Iran depuis le 28 février de « petite excursion » qui a abouti « bien plus vite que prévu », mais a refusé de préciser quand elle prendrait fin… « Nous cherchons à contenir les prix du pétrole », a déclaré Trump. « Ils ont artificiellement grimpé à cause de cette excursion. »
9 mars – Axios :
« Le président Trump a déclaré que la guerre contre l’Iran prendrait fin « très prochainement », tout en précisant que cela n’arriverait pas cette semaine. Dix jours après le début du conflit, Trump a évoqué pour la première fois la possibilité d’une résolution rapide… Certains responsables américains estiment que les propos de Trump visaient à rassurer les marchés boursiers aux États-Unis et dans le monde… Le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien a déclaré, en réponse aux propos de Trump, que c’est lui qui « déterminera la fin de la guerre », selon les médias d’État. »
L’indice VIX a chuté de 35 à 25,5, clôturant une séance particulièrement volatile. Le Nasdaq 100 a terminé la séance de lundi en hausse de 1,3 %, progressant de 2,8 % par rapport à ses plus bas. Les indices bancaires (KBW) et des courtiers/négociants ont progressé d’environ 3,5 %, effaçant ainsi leurs pertes initiales.
Les CDS à haut rendement ont reculé de 25 points de base à 335 points de base.
Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a baissé de 4,21 % à 4,10 %.
Après avoir frôlé les 4,80 %, le rendement des gilts à 10 ans a reculé de 16 points de base. .
Le Put sans scrupules aucun de Trump a permis de freiner la dynamique de la crise.
La crédibilité ne s’use que si l’on s’en sert et ici Trump n’en use pas, il en abuse.
Les affirmations selon lesquelles la guerre était « déjà gagnée », « terminée » et se terminerait « bientôt », avec « pratiquement plus rien à cibler » semblent deja drisoires.
Elles ont deja été remplacées par les titres des medias:
« LE PENTAGONE DÉPLOYE PLUS DE MARINES ET DE NAVIRES DE GUERRE VERS LE MOYEN-ORIENT. »
« WSJ : L’USS TRIPOLI ET LES MARINES ATTACHÉS SE DIRIGEENT MAINTENANT VERS LE MOYEN-ORIENT. »
Les Etats Unis ont certainement l’armée la plus puissante du monde, mais ils ont aussi l’un des pires stratèges et surtout ils aussi la plus grande bulle financière jamais enregistrée.
EN PRIME
12 mars – Financial Times :
« Deux semaines après le début du conflit, la stratégie iranienne se précise. Initialement, l’Iran visait à absorber les frappes américaines et israéliennes tout en ripostant contre les villes israéliennes et les bases américaines à l’aide de drones et de missiles, afin d’épuiser leurs stocks d’intercepteurs. Son plan à long terme était de préserver des missiles plus imposants et plus meurtriers pour la seconde phase de la guerre. Mais l’Iran a également déployé une stratégie parallèle – et potentiellement plus efficace : mener une guerre contre l’économie mondiale. Des missiles et des drones iraniens ont attaqué des installations pétrolières et gazières au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, ainsi que des pétroliers dans le Golfe, et ont restreint le passage dans le détroit d’Ormuz, le fermant de facto et provoquant une flambée des prix du pétrole… En temps de guerre, la géographie compte autant que la technologie. L’Iran contrôle toute la rive nord du Golfe, dominant les champs énergétiques de sa rive sud et tout ce qui transite par ses eaux. Ses alliés houthis sont positionnés à l’entrée de la mer Rouge et le long du passage vers le canal de Suez ; l’Iran est donc parfaitement positionné. L’Iran est en mesure d’étouffer l’économie mondiale des deux côtés de la péninsule arabique. Ceux qui dirigent l’Iran aujourd’hui sont des vétérans des guerres asymétriques en Irak et en Syrie. Ils appliquent désormais la même stratégie pour combattre les États-Unis sur le champ de bataille de l’économie mondiale. Drones, missiles à courte portée et mines incendiant des pétroliers et des ports peuvent avoir le même effet que les engins explosifs improvisés en Irak, mais avec un impact bien plus important : perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales et flambée des prix du pétrole.
Le 11 mars, le Guardian :
« C’est officiel : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a ordonné le plus important déblocage de réserves pétrolières publiques de son histoire afin d’atténuer le choc pétrolier provoqué par les attaques américano-israéliennes contre l’Iran. L’organisme de surveillance énergétique mondial a indiqué que ses 32 membres avaient approuvé à l’unanimité le déblocage d’environ 400 millions de barils de pétrole brut d’urgence, soit un tiers des stocks publics totaux du groupe et plus du double du précédent record de l’AIE. Cette intervention d’urgence dépasse largement les 182 millions de barils de pétrole débloqués par les pays membres de l’AIE en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. »
13 mars – Bloomberg :
« Les tensions sur les marchés s’intensifient à un rythme sans précédent depuis le choc tarifaire de l’an dernier. La guerre en Iran fait grimper les prix du pétrole, renchérit le coût des emprunts et renforce le dollar, une combinaison de facteurs qui exerce une pression simultanée sur la quasi-totalité des marchés financiers. Un indice de Bank of America mesurant les fluctuations de prix futures implicites sur les marchés d’options mondiaux (actions, taux, devises et matières premières) a bondi à 0,79, non loin du pic de 0,89 atteint lors des troubles du Jour de la Libération en avril dernier… »
DES BRUITS SINISTRES DANS LA TUYAUTERIE SOUTERRAINE
L’indice bancaire KBW a chuté de 4,2 %, portant ses pertes sur trois semaines à 13,1 %, un niveau équivalent à celui enregistré après la reprise économique. Parmi les valeurs en baisse cette semaine, on note Fifth Third (8,3 %), Western Alliance (8,0 %), Wells Fargo (7,9 %) et Regions Financial (7,5 %). Goldman Sachs a reculé de 4,8 %, Bank of America de 4,0 % et JPMorgan de 2,1 %. Les pertes sur trois semaines sont importantes : Western Alliance (27,2 %), Fifth Third (19,1 %), Regions Financial (16,8 %), Wells Fargo (16,5 %) et Truist Financial (16,2 %). Goldman Sachs a perdu 15,2 % sur trois semaines, Bank of America 12,0 %, Citigroup 8,9 % et JPMorgan 8,8 %. Robinhood a chuté de 4,8 % cette semaine.
Les CDS des banques européennes (subordonnées) ont progressé de sept points cette semaine pour atteindre 118 points de base, leur plus haut niveau de clôture depuis début mai. Ce CDS a bondi de 27 points de base en trois semaines, soit la plus forte hausse enregistrée depuis la libération du pays. Les CDS européens à haut rendement (« crossover ») ont progressé de 18 points de base supplémentaires cette semaine, atteignant leur plus haut niveau depuis juin, après une hausse de 60 points de base sur trois semaines (la plus forte depuis avril).
Le désendettement s’est accéléré sur les principaux marchés obligataires mondiaux. Le rendement des obligations britanniques à 10 ans a bondi de 20 points de base cette semaine à 4,82 %. Il a progressé de 59 points de base depuis le début de la guerre (en deux semaines). Le rendement des gilts n’est plus qu’à six points de base de son plus haut niveau à 18 ans (2008) atteint en janvier.
FOCUS
La crise de confiance qui entoure le crédit privé s’est accentuée cette semaine. Blue Owl a chuté de 11,5 % supplémentaires, portant ses pertes prévues pour 2026 à 41,4 %. Ares Management a dégringolé de 7,5 % (en baisse de 37,0 % depuis le début de l’année), KKR de 5,9 % (en baisse de 32,6 %), Apollo Global de 3,9 % (en baisse de 27,9 %) et Blackstone de 3,3 % (en baisse de 30,7 %). On assiste en quelque sorte à une ruée vers les actifs illiquides.
11 mars – Bloomberg :
« Morgan Stanley et Cliffwater LLC ont plafonné les retraits de leurs fonds de crédit privé de plusieurs milliards de dollars après que les investisseurs ont demandé des rachats bien supérieurs aux plafonds autorisés. Le principal fonds de crédit privé de Cliffwater, d’une valeur de 33 milliards de dollars, a limité les rachats à 7 % des parts au premier trimestre, après que les investisseurs ont demandé un retrait record de 14 %. Le North Haven Private Income Fund de Morgan Stanley, qui gère près de 8 milliards de dollars d’actifs, a restitué environ 169 millions de dollars, soit moins de la moitié des demandes de rachat des investisseurs… Ces mesures figurent parmi les exemples les plus frappants à ce jour de la difficulté rencontrée par les fonds de crédit privé face à une vague de demandes de rachat, sur fond d’inquiétudes croissantes quant à la qualité de leurs prêts, notamment aux sociétés de logiciels menacées par l’intelligence artificielle. »
11 mars – Reuters :
« Le géant bancaire de Wall Street, Morgan Stanley, a limité les rachats dans l’un de ses fonds de crédit privé après que les investisseurs ont cherché à retirer près de 11 % des parts en circulation… La banque a indiqué que le secteur du crédit privé est confronté à plusieurs défis, notamment l’incertitude quant à une reprise des fusions-acquisitions, les spéculations sur une détérioration du crédit et une contraction des rendements des actifs. »
.
11 mars – Financial Times:
« Des prêteurs de crédit privés comme Blue Owl dissimulent les faiblesses de leurs portefeuilles et une forte correction des marchés de la dette est imminente, a averti un fonds d’investissement américain spécialisé dans la dette en difficulté. Glendon Capital Management, un fonds de 5 milliards de dollars, a écrit que les fonds de crédit privés gérés par Blue Owl et nombre de ses concurrents avaient « falsifié » les taux de perte de leurs portefeuilles et accusaient des « pertes plus importantes que celles déclarées ». Le fonds a concentré ses critiques sur la manière dont Blue Owl avait évalué les prêts au sein de l’un de ses plus importants fonds, Blue Owl Capital Corporation (17 milliards de dollars). Il a relevé les valorisations plus élevées appliquées par le fonds à ses prêts, effectuées fin 2025, par rapport aux cours actuels des titres de créance liés à ces mêmes entreprises, ce qui a suscité des « inquiétudes quant à la véritable évaluation » de son portefeuille. Glendon a indiqué que des prêts de plusieurs entreprises au sein du fonds de crédit Blue Owl, appelé OBDC, avaient été valorisés de manière significative par le prêteur sur des tranches subordonnées plus risquées. « Au-dessus des cours publics récents des obligations plus sûres et de premier rang émises par ces mêmes entreprises. »
12 mars – Bloomberg:
« Les fonds de crédit privé, déjà fragilisés par un exode d’investisseurs sans précédent et de nombreux défauts de paiement, se préparent désormais à un affrontement avec leurs principaux prêteurs : les grandes banques. La récente décision de JPMorgan de limiter certains prêts après avoir dévalué certains d’entre eux en raison des perturbations causées par l’IA a mis le secteur en alerte maximale quant aux menaces pesant sur le « back-levering ». Cette forme d’emprunt garanti par un portefeuille d’actifs, bien que loin d’être exclusive au crédit privé, a fortement accéléré la croissance des prêts directs. En période faste, le back-levering peut potentiellement transformer des gains de 8 % ou 9 % en gains à deux chiffres… Il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur le back-levering. Moody’s Ratings a indiqué qu’en juin, les banques américaines avaient accordé environ 300 milliards de dollars de prêts à des fonds de crédit privé, à des prêteurs directs et à des sociétés de développement commercial, ainsi que des produits titrisés comme les obligations de prêt garanties. »
14 mars – AFP :
« Les forces armées iraniennes ont menacé samedi de détruire les infrastructures pétrolières liées aux États-Unis après que le président Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient bombardé l’île de Kharg, principal centre pétrolier iranien. Le quartier général militaire d’Al-Anbiya a déclaré dans un communiqué cité par les médias iraniens que les infrastructures pétrolières et énergétiques appartenant à des entreprises coopérant avec les États-Unis seraient « immédiatement détruites et réduites en cendres » en cas d’attaque des installations énergétiques iraniennes. »
14 mars – Financial Times :
« Un proche conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche a appelé les États-Unis à trouver une issue au conflit avec l’Iran, premier signe public de mécontentement face à cette guerre de la part d’une figure importante de son administration. « C’est le moment idéal pour déclarer la victoire et se retirer », a déclaré David Sacks, conseiller de Trump en matière d’IA et de cryptomonnaies… Une telle décision « correspond clairement à ce que les marchés souhaitent voir », a-t-il ajouté. »
LA SEMAINE SUR LES MARCHES
Le S&P 500 a reculé de 1,6 % (en baisse de 3,1 % depuis le début de l’année) et le Dow Jones a perdu 2,0 % (en baisse de 3,1 %).
Le secteur des services publics a progressé de 0,2 % (en hausse de 9,9 %).
Le secteur bancaire a chuté de 4,2 % (en baisse de 10,4 %) et le secteur des courtiers a reculé de 3,2 % (en baisse de 6,9 %).
Le secteur des transports a plongé de 4,0 % (en hausse de 2,2 %).
L’indice S&P 400 des Midcaps a reculé de 2,0 % (en hausse de 1,1 %) et l’indice Russell 2000 des Small Caps a perdu 1,8 % (en baisse de 0,1 %).
Le Nasdaq 100 a baissé de 1,1 % (en baisse de 3,4 %).
Le secteur des semi-conducteurs a progressé de 1,8 % (en hausse de 8,0 %).
Le secteur des biotechnologies a chuté de 2,7 % (en baisse de 6,4 %).
Avec un cours de l’or en baisse de 152 dollars, l’indice HUI a chuté de 7,3 % (en hausse de 14,2 %).
SUR LES TAUX
Le taux des bons du Trésor à trois mois a clôturé la semaine à 3,60 %.
Le rendement des obligations d’État à deux ans a bondi de 16 points de base à 3,72 % (en hausse de 24 points de base depuis le début de l’année).
Le rendement des bons du Trésor à cinq ans a progressé de 13 points de base à 3,86 % (en hausse de 13 points de base).
Le rendement des obligations du Trésor à dix ans a grimpé de 14 points de base à 4,28 % (en hausse de 11 points de base).
Le rendement des obligations à long terme a augmenté de 15 points de base à 4,91 % (en hausse de 6 points de base).
Le rendement des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) de référence de Fannie Mae a bondi de 21 points de base à 5,28 % (en hausse
AILLEURS
Le rendement des Bunds allemands a gagné 12 points de base à 2,98 % (en hausse de 13 points de base). Le rendement français a grimpé de 16 points de base à 3,67 % (en hausse de 11 points de base). L’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans s’est creusé de 4 points de base à 69 points de basede 23 points de base).
Le rendement des obligations italiennes à dix ans a progressé de 17 points de base à 3,79 % (en hausse de 24 points de base depuis le début de l’année). Le rendement des obligations grecques à 10 ans a bondi de 18 points de base à 3,78 % (en hausse de 34 points de base). Le rendement espagnol à 10 ans a progressé de 14 points de base à 3,50 % (en hausse de 21 points de base).
Le rendement des gilts britanniques à 10 ans a bondi de 20 points de base à 4,82 % (en hausse de 34 points de base). L’indice FTSE des actions britanniques a reculé de 0,2 % (en baisse de 0,2 % depuis le début de l’année).
L’indice Nikkei 225 des actions japonaises a chuté de 3,2 % (en hausse de 6,9 % depuis le début de l’année). Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a progressé de neuf points de base pour atteindre 2,26 % (en hausse de 19 points de base depuis le début de l’année).
Le CAC 40 français a reculé de 1,0 % (en baisse de 2,9 %).
L’indice DAX allemand a baissé de 0,6 % (en baisse de 4,3 %).
L’indice IBEX 35 espagnol est resté quasiment stable (en baisse de 1,4 %).
L’indice FTSE MIB italien a progressé de 0,4 % (en baisse de 1,4 %).
Les marchés actions émergents étaient sous pression.
L’indice Bovespa brésilien a reculé de 1,0 % (en hausse de 10,3 %), et l’indice Bolsa mexicain a chuté de 2,4 % (en hausse de 2,0 %).
Le Kospi sud-coréen a baissé de 1,7 % (en hausse de 30,2 %).
L’indice Sensex indien a plongé de 5,5 % (en baisse de 12,5 %).
L’indice de la Bourse de Shanghai a reculé de 0,7 % (en hausse de 3,2 %).
L’indice Borsa Istanbul National 100 de la Bourse de Turquie a progressé de 2,3 % (hausse de 16,3 %).
SUR LE CREDIT
Les crédits de la Réserve fédérale ont augmenté de 6 milliards de dollars la semaine dernière pour atteindre 6 591 milliards de dollars, portant leur volume d’échanges à 101 milliards de dollars sur 13 semaines.
Ils restent inférieurs de 2 298 milliards de dollars à leur pic du 22 juin 2022. Depuis la reprise du QE le 11 septembre 2019, les crédits de la Fed ont progressé de 2 865 milliards de dollars, soit 77 %.
Depuis le 7 novembre 2012 (696 semaines), ils ont augmenté de 3 781 milliards de dollars, soit 135 %.
Par ailleurs, les avoirs de la Fed pour le compte de détenteurs étrangers de titres du Trésor et de titres d’agences ont reculé de 1,3 milliard de dollars la semaine dernière pour s’établir à 3 046 milliards de dollars.
Ces avoirs en dépôt ont diminué de 229 milliards de dollars sur un an, soit 6,9 %.
L’encours total des fonds monétaires est resté quasiment inchangé à un niveau record de 7 818 milliards de dollars, enregistrant une hausse de 795 milliards de dollars (17,7 % en rythme annuel) sur 34 semaines.
Sur un an, il a progressé de 794 milliards de dollars (11,3 %), après une augmentation historique de 3 233 milliards de dollars (71 %) depuis le 26 octobre 2022.
Le volume total des titres de créance à court terme a progressé de 13 milliards de dollars pour atteindre 1 410 milliards de dollars. Sur un an, il a augmenté de 50,4 milliards de dollars, soit 3,7 %.
Les taux fixes des prêts hypothécaires à 30 ans de Freddie Mac ont bondi de 11 points de base pour s’établir à 6,11 % (en baisse de 54 points de base sur un an).
Les taux à 15 ans ont progressé de 3 points de base pour atteindre 5,50 % (en baisse de 30 points de base). Selon l’enquête de Bankrate sur le coût des emprunts hypothécaires de grande envergure, le taux fixe à 30 ans a augmenté de 20 points de base pour s’établir à 6,45 % (en baisse de 34 points de base). Sur le
SUR LES CHANGES
L’indice du dollar américain a progressé de 1,5 % sur la semaine pour atteindre 100,362 (en hausse de 2,1 % depuis le début de l’année).
Du côté des devises, la couronne suédoise a reculé de 3,2 %, le rand sud-africain de 2,3 %, le dollar néo-zélandais de 2,1 %, le franc suisse de 1,9 %, la couronne norvégienne de 1,9 %, l’euro de 1,7 %, le real brésilien de 1,6 %, la livre sterling de 1,4 %, le yen japonais de 1,2 %, le dollar canadien de 1,1 %, le peso mexicain de 0,8 %, le won sud-coréen de 0,7 %, le dollar australien de 0,7 % et le dollar singapourien de 0,4 %.
Le renminbi (de marché offshore) chinois est resté stable face au dollar (en hausse de 1,22 % depuis le début de l’année).
SUR LES MATIERES PREMIERES
LE 9 mars – Bloomberg :
« La forte volatilité du pétrole s’est poursuivie lundi soir, les contrats à terme chutant après la clôture et ramenant les prix vers 80 dollars le baril. Cette situation fait suite aux dernières déclarations du président américain Donald Trump sur l’Iran, qui ont provoqué une forte hausse des cours. Ce repli est intervenu après que Trump a laissé entendre que la guerre américaine contre l’Iran pourrait bientôt prendre fin… « Je pense que la guerre est pratiquement terminée », a déclaré Trump à CBS News… Durant la séance, le West Texas Intermediate (WTI) a fluctué dans une fourchette d’environ 28 dollars, soit la plus grande amplitude depuis que les prix sont brièvement devenus négatifs au plus fort de la pandémie. Le Brent a clôturé sous la barre des 99 dollars, après avoir atteint un plus haut en séance de 119,50 dollars, enregistrant ainsi la plus forte baisse jamais observée entre un plus haut en séance et un cours de clôture. Les contrats à terme sur le WTI ont bondi de 31 % lors d’une séance de négociation asiatique particulièrement agitée. »
L’indice Bloomberg des matières premières a progressé de 2,6 % (en hausse de 23 % depuis le début de l’année).
L’or au comptant a reculé de 2,9 % à 5 020 $ (en hausse de 16,2 %). L’argent a chuté de 4,7 % à 80,5927 $ (en hausse de 12,5 %).
Le pétrole brut WTI a bondi de 7,81 $, soit 8,6 %, à 98,71 $ (en hausse de 72 %).
L’essence a grimpé de 10,7 % (en hausse de 77 %), tandis que le gaz naturel a reculé de 1,7 % à 3,131 $ (en baisse de 15 %).
Le cuivre a légèrement baissé de 0,9 % (en hausse de 1 %).
Le blé a progressé de 1,2 % (en hausse de 22 %) et le maïs de 1,2 % (en hausse de 3 %).
Le bitcoin a gagné 2 550 $, soit 3,7 %, à 70 950 $ (en baisse de 19,1 %).
10 mars – Reuters :
« Chaque crise financière est différente, mais elles présentent des similitudes, et des parallèles commencent à apparaître entre les secousses qui se propagent actuellement dans le crédit privé et celles qui ont touché les prêts hypothécaires à risque aux États-Unis et qui ont conduit à la crise financière mondiale de 2007-2009. Cela ne signifie pas pour autant qu’une répétition de ce krach historique est inévitable. Mais le risque est croissant que les tensions croissantes sur le crédit privé – liquidités rares voire inexistantes, opacité des prix et explosion des remboursements – se répercutent sur les marchés des valeurs mobilières. »