Goldman Sachs confirme que le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz s’est effondré, passant de 19,5 millions de barils par jour à 0,5 million.
Deux systèmes indépendants de suivi des navires n’ont enregistré aucun pétrolier traversant le détroit le 12 mars.
Sept grands clubs de protection et d’indemnisation (P&I) ont annulé leur couverture contre les risques de guerre dans le golfe Persique à compter du 5 mars, conformément aux protocoles de Solvabilité II.
Les primes pour les couvertures restantes ont bondi de 300 % à 1 000 %, atteignant 1 % de la valeur de la coque : de 2 à 3 millions de dollars par VLCC, renouvelable tous les sept jours.
Le dispositif de réassurance DFC de 20 milliards de dollars, soutenu par Chubb, est peu utilisé car il exclut la totalité de la responsabilité P&I.
Le détroit est ouvert. L’assurance, elle, ne l’est pas.
Et sans assurance, aucun navire ne peut naviguer.
Alors que 19 millions de barils par jour restent bloqués de part et d’autre du point de passage stratégique, la flotte parallèle chinoise transporte du pétrole brut iranien, dont les transactions sont réglées en yuans via le CIPS.
Kpler confirme que 11,7 à 16,5 millions de barils ont atteint la Chine depuis le 28 février.
Ces pétroliers ne sont pas assurés par les compagnies occidentales. Ils bénéficient d’une couverture garantie par l’État chinois, du passage sécurisé des Gardiens de la révolution iraniens et d’un règlement en yuans
Le seul pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz est un pétrole dont les transactions ne sont pas libellées en dollars.
Mais les données de Goldman Sachs révèlent ce que les sceptiques ignorent : la guerre a offert une démonstration concrète et à grande échelle d’un système énergétique post-dollar.
Les pétroliers chinois transitent. Le yuan est réglé. Le CIPS est compensé. Le pétrole iranien arrive dans les raffineries chinoises à un prix inférieur de 9 à 12 dollars au Brent, tandis que les acheteurs occidentaux paient 96,72 dollars. Le système fonctionne.
EN PRIME
Le « pétrodollar » n’a pas été tué par une monnaie rivale ; il est étouffé par son propre système d’assurance et de règlement.
Les clubs de protection et d’indemnisation occidentaux refusent de prendre en charge le risque alors que le système chinois soutenu par l’État (CIPS/Yuan) permet aux pétroliers de continuer à circuler, le monde assiste à une évolution forcée.
Il ne s’agit plus d’un débat theorique sur la dédollarisation, mais d’une migration vers les seuls moyens de trafic opérationnels.
Les marines peuvent déminer, mais elles ne peuvent contraindre un actuaire londonien à signer une police d’assurance.