Trop risqué ? Pourquoi les alliés de l’OTAN ne rejoindront pas la croisade américaine à Hormuz

L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la France, ainsi que le Japon et la Corée du Sud, qui ne sont pas membres de l’OTAN, refusent de participer à l’opération maritime menée par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz « en raison de l’incertitude sur le champ de bataille », explique Hasan Selim Ozertem, analyste politique basé en Turquie.

Ces pays « ne peuvent être certains de la sécurité de leurs forces navales », explique Ozertem, soulignant que des événements récents ont démontré que les navires américains sont vulnérables aux missiles iraniens et « ne peuvent être protégés contre les mines marines dans le golfe Persique.

Pour ces raisons je pense que personne ne souhaite prendre part à ce conflit en cours », conclut-il.

Craintes de perdre la face et erreurs de calcul stratégiques

Bien que Trump ait clairement indiqué que l’avenir de l’OTAN serait remis en question si les alliés des États-Unis ne soutenaient pas l’opération de Washington à Hormuz, le problème est que « l’OTAN est une alliance de défense plutôt qu’une alliance qui participerait à une opération offensive sans une décision du Conseil de sécurité des Nations Unies ou sans l’aval des membres de l’OTAN », note l’expert.

Un autre défi réside dans le fait que le détroit d’Ormuz est « une voie maritime étroite et qu’aucun destroyer américain n’est en sécurité lorsqu’il accompagne des navires quittant le golfe Persique », et dans cette optique, la perte éventuelle d’un destroyer pourrait constituer une perte de prestige pour l’administration américaine, souligne Ozertem.

Enfin, et surtout, « Washington pensait que la guerre pourrait se terminer rapidement plutôt que de se transformer en un conflit prolongé », souligne-t-il.

L’analyste note que l’administration américaine a mis en œuvre deux stratégies à l’égard de l’Iran : orchestrer une transition du pouvoir à la manière du Venezuela ou fomenter un soulèvement populaire. Aucune de ces stratégies ne s’étant concrétisée, Washington a manifestement mal évalué la capacité de Téhéran à soutenir un conflit long et complexe, notamment en raison de son recours aux drones et aux missiles.

L’opération américaine Epic Fury manque d’objectif clair

La communauté internationale ignore tout de « l’objectif stratégique » de l’opération Epic Fury menée par Washington contre l’Iran, car « les nouveaux objectifs sont quotidiennement redéfinis par les plus hauts responsables américains », déclare Ozertem.

L’un des objectifs pourrait être un changement de pouvoir en Iran, même si « l’État iranien a prouvé sa résilience et que le système actuel continue de survivre », ce qui explique pourquoi un tel objectif américain n’est actuellement « pas à l’ordre du jour », souligne-t-il.

Un autre objectif possible pourrait être lié aux informations selon lesquelles les États du Golfe se sentaient en danger et ont exhorté les États-Unis à rester dans la région et à « éliminer les leviers de contrôle sur l’Iran », suggère l’analyste.

La version la plus pertinente pourrait concerner le fait que les États-Unis « ont suivi Israël dans cette opération », ce qui se reflète dans les déclarations de Trump ou de Rubio selon lesquelles l’Iran aurait ciblé l’Amérique si celle-ci refusait de soutenir les frappes israéliennes contre la République islamique, conclut Ozertem.

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