Imaginez un président iranien présentant calmement une « liste de cibles à éliminer » à un ambassadeur étranger : le président des États-Unis, les leaders du Congrès, les généraux les plus hauts gradés. Puis déclarant, sans la moindre hésitation :
« Nous les éliminerons. Un par un. »
En quelques heures, le monde s’embraserait.
Sessions d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Hystérie médiatique incessante. Sanctions, menaces, peut-être même la guerre — le tout emballé proprement dans le langage du « droit international » et de la défense de « l’ordre mondial ».
Mais lorsqu’il s’agit d’Israël, les règles habituelles du jeu semblent ne plus s’appliquer.
Les mêmes gardiens autoproclamés du « droit et de l’ordre » se taisent, équivoquent, ou pire : fournissent les armes et la couverture.
Ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas de l’hypocrisie.
L’hypocrisie suppose encore une forme de honte.
Ce qui se passe est plus froid : un effondrement moral calculé — où les règles n’existent que pour les adversaires, et où l’impunité est réservée aux alliés.
Comme toujours, Israël ouvre la voie en entraînant son partenaire américain toujours plus profondément dans un abîme moral et politique.
Israël ne semble accorder aucune importance aux répercussions de la normalisation de ses méthodes de terreur abjectes. Mais la communauté internationale ne devrait pas ignorer cette témérité ; car à chaque action correspond inévitablement — et toujours — une réaction.