Dé-sanctionner le pétrole iranien, la manoeuvre de Bessent

Washington joue les barils iraniens contre Téhéran pour faire chuter les prix du pétrole.

C’est évidemment une manœuvre typique de « realpolitik » cynique :

utiliser les barils iraniens eux-mêmes contre l’Iran pour faire baisser les prix du pétrole pendant la campagne militaire.

Scott Bessent explique sans détour : on va « dé-sanctionner » 140 millions de barils iraniens déjà en mer (10 à 14 jours de production) qui sinon iraient en Chine, et on va les laisser inonder le marché pour casser les cours.

En gros : « on se sert des barils iraniens contre les Iraniens ».

C’est malin sur le papier mais diplomatiquement explosif.

La réaction probable de l’Arabie saoudite, des Émirats, du Qatar, de l’Irak et du Koweït ne va pas être positive: ils vont détester voir l’Iran revenir massivement sur le marché alors qu’ils ont respecté les quotas OPEP+.

C’est un coup de poignard dans le dos des alliés du Golfe au moment où la région est déjà en feu avec les frappes sur South Pars, la riposte iranienne sur le Qatar, la menace Trump de tout faire sauter.

En résumé : efficace à court terme pour pe sur ser les prix, mais au risque d’aggraver les tensions régionales et de rendre la coalition anti-Iran encore plus fragile.

Trump/Bessent paniqués, jouent avec le feu énergétique mondial

Alors que Donald Trump menace de « faire exploser massivement » l’intégralité du champ gazier de South Pars si l’Iran attaque à nouveau le Qatar, l’administration américaine dévoile une arme économique : inonder le marché avec du pétrole iranien.

Dans une interview accordée à Fox Business, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a expliqué la stratégie de Washington : « Dans les jours qui viennent, nous pourrons « unsanctionner » le pétrole iranien qui est déjà en mer. Il s’agit d’environ 140 millions de barils. Selon le calcul, cela représente entre 10 jours et deux semaines de production que les Iraniens auraient envoyés en Chine.

En substance, nous utiliserons les barils iraniens contre les Iraniens pour maintenir les prix bas pendant les 10 à 14 prochains jours. »

Bessent a également confirmé qu’une deuxième libération massive des réserves stratégiques américaines (SPR) est envisagée, après les 400 millions de barils déjà approuvés la semaine dernière.

Objectif affiché : empêcher une explosion des cours du brut malgré l’escalade militaire.

Le chroniqueur énergie de Bloomberg, Javier Blas, a immédiatement pointé le risque diplomatique : « J’ai hâte de voir comment l’Arabie saoudite, les Émirats, l’Irak, le Qatar et le Koweït vont réagir à la levée des sanctions sur les barils iraniens. »

Une réaction qui s’annonce glaciale : Riyad et Abu Dhabi, déjà irrités par la guerre, verront d’un très mauvais œil le retour en force d’un concurrent qu’ils espéraient affaibli.

Cette double approche – menace militaire spectaculaire de Trump + stratégie « pétrole contre pétrole » – révèle la priorité de la Maison Blanche : stabiliser les prix de l’essence aux États-Unis à tout prix, quitte à froisser ses alliés du Golfe.

Reste à savoir si Téhéran et ses voisins accepteront de jouer le jeu… ou si le Moyen-Orient va basculer dans une crise énergétique totale avant même que les barils iraniens n’atteignent les raffineries.


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