The Economist entre dans la danse de la Grande Politique, par le biais d’une interview avec Carlson

Tucker Carlson : « Si l’Europe n’est pas l’alliée des États-Unis, la Chine domine le monde »

Le 19 mars 2026, le compte officiel de The Economist a publié une vidéo tirée d’une interview exclusive de Tucker Carlson par Zanny Minton Beddoes, sa rédactrice en chef.

L’extrait est clair et percutant : l’ancien journaliste vedette de Fox News, aujourd’hui figure indépendante de la droite américaine, déclare qu’« il y a des gens dans le gouvernement américain qui détestent vraiment l’Europe » et qu’il ne comprend pas pourquoi.

Puis vient la phrase choc :

« Si l’Europe n’est pas une alliée des États-Unis, alors la Chine dirige le monde. »

Qui est Tucker Carlson ?

Pour les Européens qui ne suivent pas de près la politique américaine, un rappel rapide : Tucker Carlson est l’un des commentateurs les plus influents de la droite « America First ». Il a quitté Fox News en 2023, critique souvent l’establishment républicain et se pose en voix «authentique » du trumpisme.

Il n’est pas un néoconservateur pro-guerre ; il est isolationniste et réaliste.

Le contexte de l’interview

Cette conversation avec The Economist (publiée le même jour dans un article intitulé « Tucker Carlson on whether Donald Trump has betrayed his base – And why MAGA must look toward Europe ») n’est pas anodine. Carlson y accuse ouvertement Donald Trump d’avoir trahi le slogan « America First » en lançant une guerre contre l’Iran selon le calendrier israélien et non selon l’intérêt américain pur.

Pour lui, le vrai « America First » ne consiste pas à suivre aveuglément Tel-Aviv ou à se fâcher avec l’Europe, mais au contraire à se rapprocher du Vieux Continent pour contenir la Chine.

Cette déclaration est importante pour nous, Européens


Carlson, qui n’est pas un europhile sentimental, reconnaît froidement que l’Europe reste indispensable. Sans elle, Washington perd son principal bloc allié (économie, technologie, bases militaires, marché). Sans l’Europe Pékin devient hégémonique sans effort.


Il affirme qu’une partie du gouvernement (probablement les néocons, les faucons pro-Israël ou certains conseillers) nourrit une vraie hostilité envers l’Europe. Cela explique peut-être les tensions actuelles : menaces de tarifs douaniers massifs sur l’automobile européenne, pressions sur les dépenses de défense de l’OTAN, ou critiques récurrentes sur la « faiblesse » européenne face à la Russie.


Même un critique virulent de l’establishment américain comme Carlson voit l’Europe comme un pilier contre la Chine. C’est une bonne nouvelle : l’alliance transatlantique n’est pas morte dans l’esprit de tout le camp républicain. Mais c’est aussi une alerte : rien n’est acquis. Si les voix anti-européennes gagnent du terrain à Washington, l’Europe risque de se retrouver seule face à un monde où la Chine dicte les règles.

    La droite américaine n’est pas uniformément anti-européenne. Des figures influentes comme Carlson poussent même au rapprochement.

    C’ est un message clair pour Bruxelles, Paris, Berlin et Varsovie : il est temps de diversifier. Renforcer l’autonomie stratégique européenne (défense, semi-conducteurs, énergie, commerce avec l’Asie) n’est plus un luxe idéologique : c’est une assurance-vie face à l’incertitude américaine.

    En résumé, ce clip partagé par The Economist n’est pas un exercice journalistique, c’est de la politique au plus haut niveau; The Economist est un think thank, une institution d’influence. Et lui aussi prend ses distances avec le sionisme devenu apocalyptique.

    C’est un miroir tendu aux Européens : l’alliance avec les États-Unis reste vitale contre la Chine, mais elle n’est plus automatique.

    L’Europe doit se montrer utile, sérieuse et moins naïve, car même ses « amis » américains les plus bruyants le disent désormais ouvertement : sans nous, Pékin gagne.

    Une lecture utile pour tout décideur ou citoyen européen qui veut comprendre où en est vraiment le débat à Washington en ce printemps 2026.

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