Prémices de crise obligataire mondiale.

Crise obligataire mondiale : les marchés sont déjà sous pression face à la guerre en Iran, l’inflation va accélérer, les banques centrales ont moins de latitude, les besoins sont considérables, la fluidité mondiale va se réduire avec redomestications.

Le marché obligataire mondial traverse l’une de ses pires phases depuis des années. Depuis le début du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran (fin février 2026), les rendements des obligations souveraines ont explosé, reflétant les craintes d’une inflation persistante due au choc énergétique (pétrole et gaz).

Vendredi 20 mars a marqué un pic alarmant, avec des hausses quotidiennes spectaculaires sur tous les continents.

Les rendements des obligations souveraines sont en forte hausse

  • Au Royaume-Uni, le rendement des Gilts à 10 ans a dépassé les 5 % pour la première fois depuis 2008 (pic à environ 5,02 % vendredi), en hausse de 15 points de base (pb) sur la séance et de 76 pb depuis le début de la guerre.
  • En Italie, les BTP à 10 ans ont grimpé de 19 pb vendredi pour atteindre 3,96 % (+69 pb en trois semaines), l’Italie étant particulièrement vulnérable en raison de sa dépendance énergétique et du débouclage des carry trades.
  • En Grèce, +17 pb à 3,93 % (+68 pb en trois semaines).
  • Aux États-Unis, le Treasury 10 ans a bondi de 13 pb à 4,38 % (sommet sur 8 mois, +44 pb en trois semaines).
  • En Australie et Nouvelle-Zélande, les rendements à 10 ans ont atteint des sommets pluriannuels (5,02 % et 4,72 % respectivement).

Ces hausses traduisent une vente massive , des ell-off : les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour compenser le risque inflationniste importé par la flambée des prix du pétrole (Brent souvent >100-110 $/baril) et les perturbations dans le détroit d’Ormuz.

Marchés émergents et carry trades sont sous tension

Les positions à effet de levier très populaires (emprunts en devises fortes pour investir dans des rendements plus élevés) se débouclent violemment.

Vendredi :

  • Obligations en dollars : Argentine +25 pb (10,53 %), Ukraine +18 pb (15,27 %), Turquie +16 pb (7,53 %).
  • En monnaie locale : Brésil +20 pb (14,18 %), Hongrie +15 pb.
    Les devises émergentes ont chuté : Chili -2,1 %, Brésil -1,8 %, Afrique du Sud -1,6 %, Inde -1,1 % (roupie à un plus bas historique, -4,1 % depuis janvier).

Les indicateurs de stress explosent :

  • CDS marchés émergents +52 pb (niveau exceptionnel).
  • CDS haut rendement US +17 pb à 375 pb.
  • Indice MOVE (volatilité obligataire US) +24 pb à 109 il a presque doublé depuis avant-guerre, ~64.
  • La baisse de la valeur des garanties, les collatéraux va peser sur la liquidité mondiale deja en recul ces derniers temps.

Les MBS, le crédit et les banques sont touchés

Les obligations adossées à des hypothèques (MBS) US +20 pb à 5,47 % (+66 pb en trois semaines).

Les CDS bancaires (US et européens subordonnés) atteignent des niveaux records depuis avril/mai 2025, signalant une pression accrue sur le secteur financier.

Le choc d’offre énergétique provoque un choc d’offre majeur : perturbations dans le détroit d’Ormuz (20 % du pétrole mondial), attaques sur sites énergétiques, flambée des prix de l’énergie et toute une kyrielle de matières premièers..

Cela ravive l’inflation et va forcer les banques centrales (Fed, BCE, BoE) à revoir leurs anticipations : hausses de taux probables (ou maintien haut) au lieu de baisses.

Vendredi soir, le président Donald Trump a tenté de calmer les marchés via un message sur les réseaux sociaux : les États-Unis sont « très proches » d’atteindre leurs objectifs (dégradation complète des missiles iraniens, destruction de l’industrie de défense, élimination marine/air, blocage nucléaire, protection des alliés). Il évoque une réduction progressive de l’engagement militaire américain, laissant la sécurisation d’Ormuz à d’autres nations.

Malgré ce TACO les investisseurs doutent d’une fin rapide du conflit et craignent une stagflation prolongée (inflation + croissance ralentie, voire récession en Europe).

La crise obligataire risque de s’aggraver, avec des conséquences graves pour les économies très endettées avec la transitivité qui va se mettre en branle et les solvabilités qui vont encore se degrader.

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