Un discours pivot de l’ayatollah imam Sayyed Mojtaba Khamenei.

Dans un discours structuré de douze minutes, l’ayatollah imam Sayyed Mojtaba Khamenei a délaissé la rhétorique habituelle pour aborder des sujets bien plus importants.

La première partie a suivi le scrip habituel , revenant sur des décennies de rhétorique belliciste américaine : sanctions, assassinats, conflits régionaux.

Mais à mi-parcours, la communication est devenu stratégique.

Sayyed Khamenei a formulé trois demandes concrètes, chacune assortie d’un calendrier précis :

-un retrait militaire américain rapide du Moyen-Orient,

-une levée totale des sanctions dans un délai de 60 jours

-une compensation financière à long terme pour les dommages économiques.

Puis vint l’ultimatum.

En cas de refus, l’Iran intensifierait ses actions sur les plans économique, militaire et potentiellement nucléaire.

Non pas de manière hypothétique, mais concrètement :

-fermeture du détroit d’Ormuz,

-formalisation des liens de défense avec la Russie et la Chine,

– passage d’une position ambiguë à une dissuasion nucléaire déclarée.

En quelques heures, Pékin et Moscou ont publié des communiqués s’alignant, avec précaution mais sans équivoque, sur la version de Téhéran. Il s’agissait manifestement d’une action concertée.

Le contexte plus large est important.

Sayyed Mojtaba Khamenei incarne un style de leadership différent de celui de son prédécesseur.

Là où Sayyed Ali Khamenei privilégiait un équilibre à long terme et une escalade maîtrisée, Sayyed Mojtaba semble en mesure de vouloir obtenir des résultats plus opérationnels, plus rapides et plus décisifs. Il est également plus hardi et plus opportuniste.

Les rapports internes iraniens sont clairs : le Corps des gardiens de la révolution islamique n’est en aucun cas intéressé par une approche progressive.

Il milite pour un changement structurel : l’élimination de l’influence américaine dans la région, le rétablissement de la puissance militaire iranienne et une renégociation des rapports de force mondiaux.

Et pour la première fois depuis des décennies, l’Iran a pratiquement les moyens d’y parvenir.

La hausse des prix du pétrole, l’instabilité régionale, le rapprochement croissant avec la Chine et la Russie et les vulnérabilités des routes commerciales mondiales, le rejet international de l’aventurisme sans scrupules de Trump et de Netanyahu ont modifié le paysage stratégique.

Il ne s’agissait donc pas d’un simple discours. C’était un pivot et un agenda . Un test visant à déterminer si les États-Unis étaient disposés, voire capables, d’agir dans un nouveau contexte de contraintes.

Ce qui se passera ensuite définira non seulement la trajectoire du conflit, mais aussi l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient.

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