Fortes tensions sur le crédit, danger de la désintermédiation et de l’opacité.

Le secteur du crédit privé aux États-Unis traverse actuellement une période de fortes tensions, marquée par une vague massive de demandes de rachats, des doutes sur la valorisation des actifs, des risques accrus de défauts et une opacité persistante qui alimente l’inquiétude des investisseurs.

Ce marché, estimé entre 1 800 et 2 000 milliards de dollars, a connu une croissance explosive ces dernières années, mais les signaux d’alerte se multiplient en ce mois de mars 2026.

Une ruée vers la sortie des investisseurs se dessine. Dès le début du premier trimestre 2026, les investisseurs, notamment les particuliers fortunés, ont massivement cherché à retirer leurs capitaux. Plus de 10 milliards de dollars de demandes de rachat ont été enregistrées sur certains des plus grands fonds gérés par des acteurs majeurs comme Blackstone, BlackRock, Cliffwater, Morgan Stanley ou Monroe Capital.

Ces fonds n’ont pu honorer qu’environ 70 % des demandes initiales, et plusieurs ont dû imposer des limites strictes aux retraits.

Le cas du Cliffwater Corporate Lending Fund (environ 32-33 milliards de dollars d’actifs) est emblématique : les demandes de rachat ont atteint près de 14 % des parts au premier trimestre, contraignant le fonds à limiter les sorties à 7 % (au lieu du seuil habituel de 5 %).

S&P Global Ratings a abaissé sa perspective à négative, soulignant que dépasser ce garde-fou fragilise la liquidité du véhicule.

De même, le fonds Stone Ridge Alternative Lending Risk Premium Fund, axé sur les prêts à la consommation et aux petites entreprises via des fintechs comme Affirm, Block, LendingClub ou Upstart, n’a pu satisfaire que 11 % des demandes récentes, signe que les tensions s’étendent au-delà des secteurs les plus exposés.

L’impact de l’IA et des vulnérabilités sectorielles commence à etre rpisen compte. Un facteur aggravant majeur est la disruption provoquée par l’intelligence artificielle dans le secteur du logiciel.

Selon Morgan Stanley, les taux de défaut sur les prêts directs pourraient grimper jusqu’à 8 %, un niveau inédit depuis la pandémie, en raison des endettements élevés et des ratios de couverture faibles dans ce secteur. Les échéances de remboursement approchantes accentuent le risque.

Un exemple concret : l’opération de refinancement de Qualtrics (12,5 milliards de dollars acquis en 2023) a été suspendue pour plus de 5 milliards de dollars d’émissions de dette par JPMorgan et d’autres banques, face au scepticisme des investisseurs sur la résilience du modèle économique face à l’IA.

Opacité, effet de levier excessif et exposition bancaire constituent une chaiende contagion. L’opacité reste un problème structurel. Le fonds Cliffwater, par exemple, détient plus de 3 600 participations, souvent dans des entités peu connues, avec 6,9 milliards de dollars d’engagements de prêts non financés. Cette complexité rend difficile l’évaluation réelle des actifs, alimentant les soupçons de surévaluation des valeurs liquidatives.

Davidson Kempner Capital Management alerte sur un problème déjà présent dans le capital-investissement : effet de levier excessif, flux de trésorerie faibles et contrats de dette laxistes préparent le terrain à une vague de défauts.

Les banques ne sont pas épargnées ainsi selon l’Office of Financial Research (OFR), l’exposition des banques et institutions non bancaires aux fonds de crédit privé oscille entre 410 et 540 milliards de dollars. Des litiges, comme celui opposant Western Alliance à une filiale de Jefferies autour d’un prêt lié à First Brands (en faillite), illustrent les risques de contagion.

Perspectives ne sont pas forcement catastrophiques mais la cure pourrait etre longue.Sixth Street Partners évoque une «réinitialisation intense mais justifiée» qui pourrait durer plusieurs années, menant à un secteur plus sain.

PIMCO se tient à l’écart des prêts mis en vente, jugés en «très mauvais état» et trop chers par rapport au risque.

Barclays note une envolée des primes de risque sur la dette des sociétés de développement commercial (BDC), avec des spreads atteignant 260 points de base, bien au-dessus des vehicules comparables comme les CLO.

Richard Bookstaber, ancien du Trésor américain, met en garde : le système financier est plus interconnecté et plus fragile que jamais.

Les risques -IA, crédit privé, marchés actions, géopolitique- ne sont pas isolés et ils peuvent se propager rapidement dans un écosystème complexe.

Le crédit privé, jadis vu comme une source stable de rendement élevé, révèle aujourd’hui ses limites en termes de liquidité et de transparence.

Attendez a du sang dans ce marigot, les requins attendent; les grandes banques comme JPM créent des vehicules ad’hoc pour shorter le crédit!

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