Trump accélère la fin de l’exceptionnalisme et ouvre la voie encore plus large à la contestation du pouvoir américain.

Le gros problème de Trump et de sa clique est que depuis 2017 ils n’ont pas compris que la voie suivie par le capital traditionnel américain était déjà un optimum. Un optimum pour ralentir le déclin et pallier son problème d’excès de capital, de financiarisation destructrice, d’insuffisance de profit gagné .

Le capital traditionnel américain a joué, jusqu’à Trump, la carte du néo libéralisme pour prolonger le régime du capitalisme financiarisé autour du dollar-roi ; mondialisation, délocalisations, drainage de l’épargne mondiale, importation à bas prix, consolidation de la masse de profits, accumulation de dettes pour rouler le stock et masquer le surendettement.

Trump a détruit tout ce qui avait servi à prolonger la domination du capital americain, et, détruisant tout, il se retrouve avec comme seule voie possible; la force, la guerre, le « tout pour le tout ».

La thèse de John Mearsheimer telle qu’elle est expliquée dans la vidéo/post de

@NewOrder_TV (premier épisode de l’émission New Order animée par Afshin Rattansi sur RT, diffusé le 22 mars 2026)

Résumé point par point,

La vidéo est une interview exclusive avec le professeur John J. Mearsheimer (Université de Chicago, théoricien du réalisme offensif et auteur de The Tragedy of Great Power Politics).


Dans cet épisode, Mearsheimer applique sa thèse principale aux événements en cours.

Thèse centrale exposée :
Dans un système international anarchique, les grandes puissances cherchent à maximiser leur pouvoir relatif pour survivre. Les États-Unis, en lançant une guerre imprudente contre l’Iran, commettent une erreur stratégique majeure qui affaiblit l’Amérique, renforce ses rivaux (Russie et Chine) et accélère le passage à un monde multipolaire.

L’Iran « tient toutes les cartes » grâce à sa résilience (guerre d’usure, contrôle du détroit d’Ormuz, proxies, profondeur stratégique, consensus social ).

Cela profite directement à Moscou et Pékin, qui ont tout intérêt à aider Téhéran discrètement pour humilier Washington.

Mearsheimer ne défend pas moralement un camp ; il décrit froidement la logique de puissance , le réalisme offensif : tout le monde agit par intérêt stratégique, pas par « valeurs ».

Résumé des points clés expliqués par Mearsheimer

  1. Les États-Unis perdent et passent pour des « fous » : « Nous ne gagnons pas contre l’Iran. Nous envoyons le message que nous sommes un tas d’imbéciles qui ont commencé une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner. »
  2. L’Iran tient toutes les cartes : Capacité à prolonger le conflit (usure), chaos régional, fermeture possible du détroit d’Ormuz, soutien de proxies. Impossible de faire un « regime change » sans troupes au sol massives.
  3. Russie et Chine sont les grands gagnants :
    • Elles ont un intérêt vital à ce que les États-Unis subissent une défaite humiliante.
    • Cela distrait Washington de l’Ukraine (bon pour Poutine) et montre à Pékin que l’Amérique est imprudente et faible.
    • Incitations énormes à aider l’Iran (armes, renseignements, diplomatie).
  4. Accélération de la multipolarité : Cette guerre prouve la fin de l’unipolarité américaine. Elle profite au Global South et à BRICS.
  5. Conseils pour l’Inde et les puissances montantes : Repenser leur calcul stratégique, réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis, se rapprocher de la Russie/Chine, exploiter la faiblesse américaine (ex. : Joe Kent et l’exposition du lobby israélien aux USA).
  6. Bonus : Le lobby pro-Israël aux États-Unis est fragilisé ; Trump/Netanyahu montrent les limites de la politique américaine.

C’est exactement l’application pratique de sa thèse de 2001 : les grandes puissances se comportent comme des « maximisateurs de pouvoir » ; l’expansionnisme libéral américain provoque des réactions comme en Ukraine en 2022, et maintenant en Iran.

La guerre contre l’Iran fait de la Russie et de la Chine les grands vainqueurs et accélère la multipolarité.

Face à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le professeur de Chicago phare de la pensée réaliste en matière de strategie geopilique, livre une analyse qui résume en quelques minutes sa célèbre théorie du réalisme offensif.

« Nous ne gagnons pas contre l’Iran. Nous envoyons simplement le message que nous sommes un tas d’imbéciles qui ont lancé une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner. »

Cette phrase résume tout.

Selon Mearsheimer, le système international est anarchique : aucun État ne peut faire confiance aux autres. Pour survivre, les grandes puissances doivent donc maximiser leur pouvoir relatif.

Les États-Unis, en attaquant l’Iran sans stratégie de sortie claire, violent cette logique élémentaire. Ils s’enlisent dans une guerre d’usure où Téhéran « tient toutes les cartes » : contrôle du détroit d’Ormuz, réseaux de proxies régionaux, capacité à créer du chaos durable et impossibilité d’un changement de régime sans invasion terrestre massive.

Résultat ? Deux super-gagnants silencieux : la Russie et la Chine.


« Les Russes et les Chinois ont un intérêt vital à ce que les États-Unis subissent une défaite humiliante en Iran », explique Mearsheimer. Washington est un « éléphant fou » imprévisible et dangereux pour eux. Voir l’Amérique piégée et affaiblie est une aubaine stratégique:

  • Pour Vladimir Poutine, cela détourne les ressources américaines de l’Ukraine.
  • Pour Xi Jinping, cela prouve que les États-Unis sont imprudents et vulnérables.

Mearsheimer va plus loin : Moscou et Pékin ont toutes les raisons d’aider discrètement l’Iran par renseignements, armes, et diplomatie. Ce n’est pas de l’idéologie, c’est du calcul pur de puissance.

Cette guerre, loin de restaurer l’hégémonie américaine, accélère au contraire la naissance d’un monde multipolaire. Elle expose les limites de la puissance US et offre une fenêtre historique aux pays du Global South et aux BRICS.

Mearsheimer conseille explicitement à l’Inde et aux puissances émergentes de recalibrer leur politique étrangère : moins de dépendance vis-à-vis de Washington, plus de liens avec la Russie et la Chine, et exploitation maximale de la distraction américaine. Je trouve dommage qu’il n’analyse pas la situation de leurope et l’opportunité de « libération » quis ‘ouvre à elle dans ce cadre, cela pourrait faire réfléchir quelques imbéciles.

Il évoque aussi l’affaiblissement du lobby pro-Israël aux États-Unis (référence à la démission de Joe Kent) comme symptôme d’une Amérique qui perd le contrôle narratif même chez elle.

Mearsheimer ne juge pas : il décrit.

Sa thèse, inchangée depuis 25 ans, est limpide : le libéralisme interventionniste américain provoque toujours la même réaction – le retour de bâton des puissances rivales. Après l’Ukraine en 2022 (« la faute de l’Occident » selon lui), voici l’Iran en 2026. Chaque fois, la multipolarité sort renforcée.

Un diagnostic brutal, mais qui, selon le professeur, correspond exactement à ce que prédit le réalisme offensif : la tragédie de la politique des grandes puissances continue… et cette fois-ci, ce sont Moscou et Pékin qui rient sous cape.


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