Avraham Burg : « Netanyahu ne peut que tuer, jamais s’arrêter »Un ancien président de la Knesset et speaker du Parlement israélien critique sans concession la stratégie israélienne
Interview exclusive d’Avraham Burg sur The Tucker Carlson Show
Dans une interview diffusée lundi sur la plateforme de Tucker Carlson, Avraham Burg – ancien président par intérim d’Israël, ancien speaker de la Knesset et figure historique de la gauche israélienne – livre un réquisitoire sans filtre contre Benjamin Netanyahu et la direction actuelle de l’État hébreu.
Pour lui, le Premier ministre israélien est incapable de conclure la paix : « Il ne peut que tuer, jamais s’arrêter ».Ce n’est pas un critique extérieur. Burg a occupé les plus hautes fonctions de l’État. Il connaît les rouages du pouvoir de l’intérieur.
Ce qu’il décrit est une dérive dangereuse. Pas de stratégie, seulement des coups de marteau
Burg affirme qu’Israël n’a aucune stratégie à long terme dans les conflits actuels, que ce soit à Gaza ou contre l’Iran. « Personne n’a la moindre idée de ce que sera l’issue », explique-t-il.
Ni les dirigeants israéliens, ni les Américains.
Dans ce vide stratégique, l’armée fait simplement ce qu’elle sait faire : « frapper le clou ».
Une succession de tactiques militaires sans objectif politique clair.
Pour Burg, cette absence de vision transforme chaque opération en une escalade sans fin. Netanyahu, selon lui, ne cherche pas la victoire définitive au sens classique, mais la perpétuation du conflit.
Une guerre religieuse fondamentaliste
L’ancien président va plus loin : il qualifie le 7 octobre 2023 de « premier round d’une guerre religieuse à grande échelle » entre le fondamentalisme juif du gouvernement israélien et le fondamentalisme musulman du Hamas. L’actuel conflit avec l’Iran en serait le deuxième acte.
Il rappelle qu’il y a eu au moins cinq tentatives sérieuses, depuis 1967, par des extrémistes israéliens pour détruire la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher afin de reconstruire le Troisième Temple. Si cela arrivait, prévient Burg, « ce serait la fin de la justification de l’existence de l’État d’Israël » et déclencherait une réaction massive dans le monde musulman, capable de renverser des régimes et de redessiner l’ordre mondial.
La paix ? Israël n’en veut pas
Burg répond sans ambiguïté à la question de Tucker Carlson : non, Israël ne veut pas vraiment la paix. La logique actuelle est celle de la force permanente, pas de la négociation. Netanyahu a transformé la politique israélienne à jamais, en la plaçant sous l’emprise d’une vision messianique et eschatologique qui rend tout compromis impossible.
Quant au projet du « Grand Israël », Burg doute qu’il existe sous une forme cohérente et planifiée, mais il reconnaît que la rhétorique biblique et religieuse imprègne de plus en plus les décisions.
Les Israéliens et les Américains : amour et mépris!
Burg décrit le regard des Israéliens sur les États-Unis avec une franchise brutale : « Nous vous aimons, nous vous admirons, nous voulons tous y déménager… et nous vous trouvons tellement enfantins et naïfs. » Une vision qui, selon lui, explique en partie pourquoi Israël continue d’agir sans craindre vraiment les conséquences américaines.
Netanyahu face à Trump et à l’Amérique
L’ancien dirigeant estime que Netanyahu n’a pas peur de Donald Trump, mais qu’il instrumentalise l’alliance américaine pour poursuivre sa propre logique de guerre permanente. Quant à ce que les États-Unis gagnent dans ce conflit, Burg est sceptique : rien, sinon un engagement toujours plus profond dans un bourbier religieux sans issue.
Un appel à la lucidité.Tout au long de l’entretien, Avraham Burg insiste : les dirigeants spirituels israéliens restent étrangement silencieux face à ce qu’il considère comme des atrocités. Lui, en revanche, parle. Et ce qu’il dit est clair : tant qu’Israël restera prisonnier de cette logique de « tuer plutôt que de s’arrêter », la paix restera impossible et les conflits se multiplieront.
tégie, dimension religieuse du conflit, critique virulente de Netanyahu, vision israélienne des États-Unis, et refus de la paix com