Les Emirats demandent aux USA d’aller jusqu’au bout!

Ceci est une tribunede Yousef Al Otaiba, ambassadeur des Émirats Arabes Unis à Washington, publiée hier (25 mars 2026) dans le Wall Street Journal.

Le message principal est limpide : les Émirats ne se contentent plus d’encaisser les attaques iraniennes. Ils se positionnent comme un acteur qui « tient tête » à Téhéran et appellent à un dénouement concluant de la guerre actuelle donc pas un cessez-le-feu fragile, mais une solution qui neutralise durablement l’ensemble des menaces iraniennes qu’elles soient nucléaire, missiles/balistiques, drones, milices proxys comme les Houthis, et chantage via les détroits maritimes.

Depuis le début du conflit les Émirats ont subi des centaines (voire plus de 2 000 selon certaines sources officielles émiraties) de drones et missiles iraniens. Leurs défenses aériennes ont intercepté la grande majorité, mais des débris sont tombés, des sites énergétiques ont été touchés, et l’économie (aviation, tourisme, ports) en pâtit.

Al Otaiba rappelle que les Émirats ont été attaqués malgré leur refus d’autoriser des frappes américaines depuis leur territoire. C’est un signal : « Nous ne sommes pas neutres par faiblesse, mais nous ne voulons pas être le champ de bataille. »

Les EAU ne déclarent pas la guerre à l’Iran. Ils renforcent leur alliance avec les États-Unis (« les vraies alliances se construisent sur la contribution mutuelle, pas sur la dépendance »), tout en insistant pour que Washington et ses partenaires aillent jusqu’au bout .C’est une façon de dire : « Ne nous laissez pas seuls face à la vengeance iranienne si vous arrêtez à mi-chemin. »

Lien est direct avec la carte que joue l’Iran en ce moment (Bab el-Mandeb / mer Rouge) .


L’article sous-entend que laisser l’Iran conserver ses outils de chantage maritime (Ormuz + potentiellement Bab el-Mandeb via les Houthis) serait une erreur stratégique majeure.

Si Téhéran peut menacer 10-12 % du trafic mondial supplémentaire en mer Rouge en plus du golfe Persique, il tiendra effectivement « l’économie mondiale en otage », comme le dit Al Otaiba.

Les EAU, qui ont beaucoup investi dans la diversification , ports de Jebel Ali, DP World, pipelines alternatifs vers la mer Rouge ou l’océan Indien, ont tout intérêt à ce que ces détroits restent ouverts et sécurisés.

Les Émirats sont vulnérables. Une escalade avec les Houthis en mer Rouge toucherait indirectement leurs intérêts via la route vers l’Europe via Suez.

Le Golfe dans son ensemble (Arabie saoudite incluse) essaie encore de rester le plus possible en posture ambigue, défensive tout en interceptant les attaques. Une ligne trop dure pourrait pousser l’Iran à intensifier précisément la carte Bab el-Mandeb .

Les Emirats sont un maillon faible du Golfe.

Laisser un commentaire