L’Iran vient de jouer une nouvelle carte

L’Iran vient de jouer une nouvelle carte, menaçant les navires empruntant le détroit de la mer Rouge. Les supplétifs houthis sont parfaitement capables de mener une telle action.

Les navires seraient contraints de faire un détour par Suez, ce qui rallongerait leur trajet de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois – à moins que de nouvelles frappes ne paralysent complètement le port.

L’Iran vient effectivement de brandir une nouvelle carte stratégique dans le contexte de l’escalade actuelle au Moyen-Orient : la menace de perturber ou de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée sud de la mer Rouge.

Dans le cadre de la guerre en cours avec les États-Unis et Israël (qui ont déjà frappé le territoire iranien), Téhéran a fermé ou fortement perturbé le détroit d’Ormuz (dans le golfe Persique), un point de passage vital pour environ 20 % du pétrole mondial.

Maintenant, une source militaire iranienne (citée par l’agence semi-officielle Tasnim) a averti que, en cas d’invasion terrestre américaine, d’attaques sur les îles iraniennes ou de pressions navales supplémentaires, l’Iran ouvrirait « un nouveau front » au niveau du détroit de Bab el-Mandeb.

Les Houthis (rebelles yéménites soutenus par l’Iran et qui contrôlent une partie de la côte yéménite) sont prêts à agir : ils ont déjà montré leur capacité à attaquer des navires en mer Rouge depuis 2023-2024, et ils menacent explicitement de reprendre ou d’intensifier ces opérations pour soutenir Téhéran.

C’est un chokepoint maritime étroit entre le Yémen et Djibouti/Erythrée, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien.

Il donne accès au canal de Suez (route la plus courte vers l’Europe).

Environ 10-12 % du pétrole mondial transporté par mer et plus de 20 % du trafic de conteneurs passent par là.

Une fermeture ou des attaques répétées forceraient les navires à contourner par le cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud), ce qui allonge les trajets de plusieurs semaines, augmente les coûts d’assurance et de fret de manière massive, et renchérit l’énergie et les biens partout dans le monde.

Si les deux détroits (Ormuz + Bab el-Mandeb) étaient simultanément perturbés, cela pourrait représenter jusqu’à 25 % de l’offre mondiale de pétrole hors service, avec des conséquences économiques très lourdes (hausse des prix du brut, inflation, perturbations des chaînes d’approvisionnement).

C’est logique de « guerre asymétrique par procuration » :

  • L’Iran n’a pas besoin de déployer directement sa marine (relativement faible).
  • Il utilise les Houthis comme levier pour menacer un point de passage critique sans engager toutes ses forces.
  • Le message est clair : « Si vous m’attaquez trop durement, je peux frapper l’économie mondiale via les routes maritimes. »

Les Houthis avaient déjà ralenti considérablement le trafic en mer Rouge en 2023-2024 ; une reprise coordonnée avec la crise d’Ormuz serait un saut qualitatif.Situation actuelle

  • Les menaces sont pour l’instant verbales et conditionnelles (en réponse à une invasion terrestre ou à des frappes supplémentaires).
  • Les Houthis n’ont pas encore lancé une campagne massive ces derniers jours, mais ils sont en « alerte maximale » selon les médias iraniens et yéménites.
  • Les marines occidentales (États-Unis, Europe avec la mission Aspides, etc.) sont déjà présentes en mer Rouge, mais sécuriser Bab el-Mandeb est complexe (côte yéménite longue, missiles et drones anti-navires faciles à dissimuler).

Cette nouvelle carte jouée par l’Iran vise à dissuader une escalade terrestre américaine et à faire payer un coût économique élevé à l’Occident et à ses alliés.

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