INTERVIEW DE LAGARDE . Et moi qui croyait que la nature avait horreur du vide!

Lagarde dépeint un monde en profonde incertitude géopolitique et économique, où le retrait américain crée un vide que ni les États-Unis ni une nouvelle puissance dominante n’ont encore comblé.

Elle plaide pour une réforme des institutions multilatérales tout en appelant à une coopération accrue des puissances moyennes.

Lagarde aborde principalement la politique étrangère de Donald Trump, le retrait américain du leadership mondial et le rôle éventuel des « puissances moyennes » dans un nouvel ordre mondial.

Un article complémentaire publié le même jour dans The Economist évoque également son analyse sur le choc énergétique provoqué par la guerre dans le Golfe .

La « trahison » du mantra de Trump: Lagarde estime que les actions récentes de l’administration Trump contredisent directement son discours de campagne:

« The mantra of President Trump which was ‘No war. We disengage, we stay at home. We work for America. America is first.’ Well, a lot what has happened in the last few months is complete betrayal of that position. »

Le mantra du président Trump était “Pas de guerre. Nous nous désengageons, nous restons à la maison, nous travaillons pour l’Amérique. L’Amérique d’abord.” Eh bien, ce qui s’est passé ces derniers mois constitue une trahison complète de cette position. »)

Le rôle historique des États-Unis mis en question: elle s’interroge sur l’image des États-Unis en tant que modèle démocratique et juridique :

« So where does it take this great nation which has been regarded for decades as beacon of democracy, the beacon of respect for the rule of law? I think it’s a huge question mark. »

Où cela mène-t-il cette grande nation qui a été considérée pendant des décennies comme un phare de la démocratie, le phare du respect de l’État de droit ? Je pense que c’est une très grande interrogation. »)

Elle ajoute que cette incertitude génère une anxiété mondiale :

« It is part of uncertainty and anxiety that abounds around the world because you don’t have certainty about that this role model, rightly or wrongly, that the United States constituted number one is not holding. »

Cela fait partie de l’incertitude et de l’anxiété qui règnent dans le monde, car on n’a plus la certitude que ce rôle modèle – à tort ou à raison – que constituaient les États-Unis en position numéro un tienne encore. »)

Le vide laissé par les États-Unis et le rôle des puissances moyennes; Lagarde réagit à la proposition du Premier ministre canadien Mark Carney selon laquelle les « puissances moyennes » devraient collaborer pour combler le vide :

« What do you make of Prime Minister Carney’s suggestion that the answer is the middle powers working together? Are you a Carniest in this view? »
Réponse : « Yes and no. »

Que pensez-vous de la suggestion du Premier ministre Carney selon laquelle la réponse réside dans la collaboration des puissances moyennes ? Êtes-vous “carniste” sur ce point ? » → « Oui et non. »)

Elle reconnaît que l’ancien ordre mondial a disparu :

« When he says the old world order is gone I think he [is] right… We need to reinvent everything. »

Quand il dit que l’ancien ordre mondial a disparu, je pense qu’il a raison… Nous devons tout réinventer. »)

Cependant, elle nuance : les institutions internationales existantes (FMI, Banque mondiale, OMC, ONU dans une moindre mesure) ne sont pas « cassées » mais doivent être réformées, en particulier les principes fondés sur la dominance américaine :

« I think institutions that have proven their virtue and their capacity to respond to crisis times such as the IMF, such as World Bank, such as WTO… I don’t think these ones are broken. They can be fixed… Some of principles which have operated based on dominance prevalence of the United States has to be significantly changed. »

Je pense que les institutions qui ont fait la preuve de leur vertu et de leur capacité à répondre aux périodes de crise, comme le FMI, la Banque mondiale, l’OMC… je ne pense pas qu’elles soient cassées. Elles peuvent être réparées… Certains principes qui ont fonctionné sur la base de la dominance et de la prévalence des États-Unis doivent être significativement modifiés. »)

4. Le choc énergétique du Golfe: Dans l’article « Christine Lagarde’s sober tone on the Gulf war energy shock », elle décrit le choc provoqué par la guerre dans le Golfe comme historique et sous-estimé :

« We are facing a real shock… probably beyond what we can imagine at the moment. »

Nous faisons face à un vrai choc… probablement au-delà de ce que nous pouvons imaginer en ce moment. »)

Elle juge « overly optimistic » (trop optimistes) les espoirs d’un retour rapide à la normale.

Un entretien d’une incroyable superficialité, creux, qui enfonce des portes ouvertes, d’un ton doctoral, prétentieux, sans capacité aucune d’analyse au delà des banalités. Si on compare aux analyses offertes par les Russes ou les Chinois , on a honte.

Les journalistes décrivent mieux la situation et Twitter et les réseaux sociaux nous délivrent plus de profondeur utile.

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