Editorial important. Une crise c’est toujours une crise de la pensée, c’est quand ce que l’on croyait être un invariant varie

La pensée est toujours en retard sur le Réel!

Les signes, les récits , les idées, tout cela est produit par la Realité, par l’évolution et la dialectique de l’Histoire. Par le jeu des forces de sens contraire, par les antagonismes, par les contradictions internes et externes au système dans lequel nous vivons..

La pensée théorique est produite par le Réel, pas par la rhétorique ou la combinatoire langagière, et non l’inverse; la pensée ne produit pas le Réel. C’est la bourgeoisie qui croit que sa pensée, sa volonté, ses prétentions produisent le Réel,

En réalité la bourgeoisie ne fait que répéter et c’est pour cela que le monde va de crise en crises!

Ainsi avant la crise de 2008 , la bourgeoisie et ses penseurs n’ont fait que répéter les enseignements de la crise de 29 des Friedman et autres, .. on a vu ce que cela a donné…et on vu ce que cela donne depuis les pseudo diagnostics et pseudo remèdes ; jamais il n’y en a eu autant… à répétition …

Lisez cette déclaration de l’ancien patron de Goldman Sachs, celui qui, fort justement avait reconnu qu’il ne faisait que réaliser l’Œuvre de Dieu, c’est à dire qu’il n’était que l’artisan apparent de la Nécessite, d’une Nécessite qui lui échappait.

Les soi disants acteurs de l’Histoire sont des tenants-lieux , statut qui leur permet l’admiration des sots, le respect des idiots; qui leur permet de s’attribuer les richesses, les honneurs, les femmes et maintenant les hommes, ou la Part maudite du système … ce sont des intermédiaires de la Nécessité, du Destin ou de la dialectique matérialiste de l’histoire, selon la philosophie a laquelle on se rallie. Ou croit se rallier.

L’homme qui a dirigé Goldman Sachs , Lloyd Blankfein, a exprimé, certainement malgré lui, une vérité terrible.

A mon avis si j’en juge par les propos qu’il a tenu ultérieurement, il n’en n’a pas mesuré la portée, il a declaré « j’accomplis l’Œuvre de Dieu » pendant l’effondrement de 2008.

On vient de lui poser la question, s’agissant des signes de révulsion du crédit : cela pourrait-il dégénérer en quelque chose de systémique ?

Voila ce qu’il a répondu, soyez très attentif:

« Il y a une très grande différence aujourd’hui par rapport à la crise financière mondiale, parce que celle-ci était une crise bancaire. »

Voici pourquoi c’est important .

Les gouvernements ne peuvent pas prêter de l’argent directement aux gens, et les banques centrales ne peuvent pas non plus prêter de l’argent directement aux gens, seules les banques peuvent le faire.

Les banques sont le véritable système circulatoire de l’économie, les tuyaux par lesquels tout sauvetage atteint le monde réel.

En 2008, ces tuyaux ont été brisés.

Quand les banques sont en détresse, vous pouvez leur jeter des trillions et elles vont s’asseoir dessus.

Elles doivent d’abord reconstituer leurs propres réserves, donc la reprise s’enlise, la récession s’aggrave, et la douleur traîne pendant des années.

C’est ce qui a rendu 2008 si catastrophique.

Aujourd’hui, c’est différent.

Les banques sont bien capitalisées en ce moment. Les taux d’intérêt ne sont pas à zéro, ce qui signifie que la Fed dispose réellement de munitions pour baisser les taux.

Donc la conclusion est que les problèmes à venir ne vont pas cascader et s’amplifier en quelque chose de plus grand.

Mais ensuite, il a prononcé la phrase qui devrait effrayer tout le monde.

« Je n’ai pas nécessairement vu quoi que ce soit de systémique dans la période précédant la crise non plus. »

ANALYSE

Blankfein nous livre une analyse-retard, une analyse qui est produite par la situation de 2008! A savoir qu’il y a eu une crise parce que les banques étaient mal capitalisées et qu’elles avaient gardé le risque pour elles sans le disséminer comme elles auraient du le faire, elles l’ont fait par avidité pour gagner plus .

Donc si on tire les enseignements de 2008 , la bonne capitalisation des banques et le fait qu’elles aient disséminé le risque nous mettraient à l’abri d’une crise, n’est-ce pas ?

Eh bien non!

Cela c’est la pensée qui est produite par la crise de 2008 et c’est une imbécillité, comme celle qui avait été produite par la crise des années 20 et 30..

certes

les banques sont mieux capitalisées qu’en 2008 mais elles ont déchargé leurs risques sur … les marchés, elles ont transféré la situation bancaire de 2008 sur les marchés boursiers.

C’est à dire que toutes les faiblesses du système bancaire de 2008 se retrouvent dans un ensemble, dans un système beaucoup plus vaste, un système colossal que l’on appelle les marchés boursiers; toutes les faiblesses et contradictions qui se situaient chez les banques ont été transférées sur Wall Street.

Et souvenez vous de ce que je vous explique à longueur d ‘année; les marchés boursiers accomplissent toutes les fonctions bancaires, ce sont de colossales banques, (collecte, transformation, création de crédit, allocation), à ceci près qu’au lieu d’avoir des gens à peu près compétents à leur tête ils sont dominés par les animal spirits, par l’esprit de jeu, par l’irrationalité.

Les banques étaient compétentes avec une pointe d’animal spirits car elles sont dirigées par des gens avides et gourmands mais les marchés eux sont beaucoup moins compétents et beaucoup, beaucoup plus avides et gourmands; toutes les faiblesses que Blankfein reconnait au système bancaire de 2008 se retrouvent au centuple au niveau de la colossale banque qu’est Wall Street.

Pensez y, je ne me trompe pas, c’est de la logique pure. La prochaine crise s’originera nécessairement dans les marchés boursiers et elle remontera dans les banques centrales qui devront les sauver.

Dans un mois? Dans un an, dans 10 ans nul ne sait. Nous sommes dans l’inconnu.

La contradiction majeure, déterminante de notre époque Post-moderne c’est l’écart, la disjonction entre les signes, les paroles, les théories et la Réalité qu’ils sont censés refléter qu’ils ne reflètent plus; c’est la négation de leur fonction de reflet.

Les signes seront détruits car ils se seront niés eux même.

Laisser un commentaire