Document. Jeffrey Sachs : La guerre contre l’Iran a brisé l’empire américain et ses systèmes d’alliances

Jeffrey Sachs : La guerre contre l’Iran a brisé l’empire américain et ses systèmes d’alliances

Dans une interview récente accordée à Glenn Diesen, le professeur Jeffrey Sachs, directeur du Center for Sustainable Development à l’université Columbia, analyse les conséquences de la guerre contre l’Iran.

Il explique comment ce conflit révèle l’effondrement de l’hégémonie américaine, l’échec du « shock and awe » et la désintégration progressive des alliances sur lesquelles les États-Unis s’appuient depuis des décennies.

Sachs décrit un moment historique où la puissance militaire et la crédibilité des États-Unis sont mises à rude épreuve, tandis que les alliés traditionnels commencent à douter de leur stratégie.

Sachs souligne d’abord l’extrême imprévisibilité de l’administration Trump et la violence verbale qui l’accompagne. Il compare les discours de Trump et de Netanyahu à une mentalité archaïque :

« Sa ligne sur le fait de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre… Tout le monde dans le monde, je pense, peut ajouter que son partenaire dans ce crime, Benjamin Netanyahu, a prononcé un discours tout aussi choquant la veille… Il a visité dix plaies sur le peuple iranien. C’est à nouveau un discours d’une brutalité choquante… une mentalité du IXe siècle avant J.-C. »

Selon Sachs, ces propos ne relèvent pas seulement de la rhétorique : ils reflètent une violence déshumanisante et un mépris du droit international qui choquent le monde entier, y compris aux États-Unis.

L’hégémonie américaine sur le champ de bataille est évidente .Le cœur de l’analyse de Sachs porte sur l’illusion de la supériorité militaire américaine.

L’idée que la puissance écrasante des États-Unis force tout le monde à s’incliner est en train de s’effondrer :

« L’hégémonie américaine repose ultimement sur la croyance que l’Amérique domine le champ de bataille… Cette idée se défait de plus en plus. On pourrait dire qu’elle s’est défaite il y a des décennies au Vietnam… Mais chaque fois, la même proposition est avancée : la puissance des États-Unis est écrasante. »

Il cite les exemples concrets du conflit en cours : avions américains abattus, systèmes antimissiles épuisés, porte-avions contraints de rentrer pour démontrer que la réalité du terrain contredit le discours officiel :

« L’évidence sur le champ de bataille est tout à fait contraire à ce qui est revendiqué par les États-Unis. L’Iran semble avoir la capacité de continuer à exercer une force de représailles massive. »

La désintégration des systèmes d’alliances est en cours . Sachs explique que de nombreux pays (États du Golfe, Europe, Asie de l’Est) ont misé leur sécurité sur la protection américaine pendant 80 ans.

Cette stratégie est aujourd’hui en train de voler en éclats :

« Beaucoup de pays du Golfe à l’Europe et à l’Asie de l’Est ont essentiellement parié toute leur sécurité sur la protection américaine… Ils se sont liés à l’hégémonie américaine. Maintenant que cette hégémonie est en déclin… cet ordre se défait très rapidement. »

Il rappelle la célèbre formule d’Henry Kissinger, qu’il a répétée à de nombreux gouvernements :

« Être un ennemi des États-Unis est dangereux, mais être un ami est fatal. »

Des personnalités « psychopathes » sont au pouvoir et elles menent une politique de pur caprice.

Sachs n’hésite pas à qualifier le comportement de Trump et de Netanyahu de « psychopathe », soulignant que la personnalité des dirigeants joue un rôle décisif dans les guerres :

« Donald Trump est un psychopathe… C’est un jugement clinique fait par des psychologues et psychiatres médico-légaux depuis qu’il est apparu sur la scène publique. Ce n’est pas un homme qui rassemble des informations par des processus rationnels. C’est un homme impulsif, paranoïaque, psychopathe et mégalomane. »

Il ajoute que cette guerre ressemble à « une guerre de caprice » plutôt qu’à une stratégie rationnelle.

Son conseils aux alliés est radical: sortir de la vassalité et embrasser la multipolarité. Sachs adresse un message clair aux alliés européens et du Golfe : il est temps d’abandonner les bases militaires américaines, de retrouver leur souveraineté et de faire la paix avec leurs voisins.

« Mon recommandation a toujours été : l’idée selon laquelle idée vous trouvez votre sécurité auprès des États-Unis est fausse… Invitez les États-Unis à rentrer chez eux. Ces bases ne vous protègent pas ; elles sont un aimant pour les conflits et elles sapent votre souveraineté. »

Il insiste sur la nécessité d’une approche réaliste dans un monde multipolaire :

« Regardez vos voisins. Soyez amis avec vos voisins. Ne laissez pas l’empire américain vous diviser… Votre sécurité et votre bien-être dépendent de vos voisins… Ne pensez pas en termes de “vous êtes avec nous ou contre nous”. C’est la mentalité américaine. »

Pour Jeffrey Sachs, la guerre contre l’Iran marque un tournant historique : non seulement elle révèle les limites militaires et économiques de l’hégémonie américaine, mais elle accélère aussi la perte de confiance de ses alliés.

Les gouvernements qui persistent dans la soumission à Washington risquent de se couper de leur propre opinion publique et de compromettre leur avenir dans un monde multipolaire

Je pense que la reflexion de Jeffrey Sachs est interessante et adéquate mais il y manque une dimension qu’il ne fait qu’aborder; que faire quand des leaders psychopathes prennent le pouvoir? C’est une question qui est maintenant centrale dans sos systèmes car nous sommes à la fois incapables de choisir des bons leaders mais en plus de nous débarrasser des mauvais .

En clair comment restaurer la légitimité dans nos systèmes et c’ est un probleme général

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