Document. L’ analyse des flux de capitaux de la Réserve fédérale confirme que nous restons bien dans le régime que je désigne sous le nom de régime de l’inflationnisme.

Rapport Z.1 de la Fed – Quatrième trimestre 2025 :

L’ analyse des flux de capitaux et des bilans financiers que la Réserve fédérale a publié le 8 avril 2026 confirme que nous restons bien dans le regime que je désigne sous le nom de régime de l’inflationnisme.

Ces données soulignent la vigueur des flux de capitaux et placent les ratios d’endettement et de valorisation à des sommets inédits en temps de paix.

Les prochains trimestres permettront de confirmer si cette dynamique se poursuit ; je n’ai aucun doute sur la poursuite de la production de crédits et de dettes.

Je souris poliment quand j’entends parler de rigueur, de modération ou de pause dans le système de l’imaginaire monétaire et financier; c’est ‘marche ou crève et ce qu’il y ait de la hausse des prix des biens, des service, du pétrole ou quoi que ce soit.

Les discours ne sont que des hommages du vice à la vertu. Si les escrocs n’inspiraient pas confiance, ils ne pourraient pas excercer leur activité.

Les données du rapport Z.1 sur les comptes financiers des États-Unis pour le quatrième trimestre 2025 met en lumière une expansion soutenue de la dette non financière et des actifs financiers, avec plusieurs records historiques.

Croissance record de la dette non financière (DNF)La dette non financière a augmenté de 3 987 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2025. Ce montant dépasse tous les exercices antérieurs, à l’exception des années 2020 et 2021 marquées par les mesures de relance liées à la pandémie du Covid.


À titre de comparaison :

  • 2024 : +3 501 milliards de dollars
  • Moyenne annuelle 2010-2019 : +1 874 milliards de dollars
  • Record pré-pandémie (2007) : +2 527 milliards de dollars

Sur quinze ans, depuis la crise de 2008, la dette non financière a plus que doublé (+107 %) pour atteindre 80 719 milliards de dollars, soit 262 % du PIB (contre 233 % en 2007 et 192 % à la fin des années 1990).

Dette du Trésor et la dette publiquecontinuent sans maitrise aucune. La masse de titres du Trésor ont progressé de 1 930 milliards de dollars en 2025, soit près de la moitié de la croissance totale de la dette non financière. Leur encours a atteint 36 054 milliards de dollars, en hausse de 569 % depuis fin 2007. Rapportés au PIB, les titres du Trésor représentent désormais 98 % (contre 31 % en 2007).


En incluant comme il se doit les 12 843 milliards de dollars de dette des Agences gouvernementales (GSE), la dette totale du Trésor et des GSE s’établit à 119 % du PIB, un niveau record.

Au quatrième trimestre seul (données annualisées corrigées des variations saisonnières – SAAR), la dette du gouvernement fédéral a augmenté de 2 682 milliards de dollars, contre 688 milliards pour les ménages, 522 milliards pour les entreprises et 23 milliards pour les administrations locales et étatiques.

La dynamique du secteur bancaire n’est pas en reste! Les actifs bancaires ont progressé de 379 milliards de dollars au quatrième trimestre 2025 (après +200 milliards au troisième trimestre et +18 milliards au quatrième trimestre 2024).
Les prêts ont bondi de 344 milliards de dollars, la plus forte hausse depuis le quatrième trimestre 2022 :

  • Prêts hypothécaires : +63 milliards (+3,5 % annualisé)
  • Crédit à la consommation : +60 milliards (meilleur trimestre depuis fin 2022)
  • Prêts aux entreprises (non classés ailleurs) : +220 milliards

Les avoirs en titres du Trésor détenus par les banques ont atteint un record de 1 962 milliards de dollars (+239 milliards sur un an).

ROLE CENTRAL DES REPOS

Courtiers en valeurs mobilières ne sont bien sur pas en reste avec les opérations de pension (repo). Les actifs des courtiers ont augmenté de 147 milliards de dollars au quatrième trimestre (+9,6 % annualisé) et de 1 006 milliards de dollars sur l’année (+19,1 %).


Les actifs liés aux opérations de repo ont progressé de 300 milliards de dollars (+17,7 %) pour atteindre 1 990 milliards de dollars, un niveau record.


Les engagements de repo ont bondi de 492 milliards de dollars (+21,1 %) pour s’établir à 2 828 milliards de dollars, également un record.

Sur l’ensemble du système, les actifs totaux en repo ont gagné 1 064 milliards de dollars (+15 %) en 2025, portant l’encours à 8 168 milliards de dollars.

Les actifs des fonds monétaires (MMFA) ont progressé de 947 milliards de dollars (+13,1 %) sur l’année pour atteindre 8 190 milliards de dollars, c’est la deuxième meilleure performance annuelle après 2023.


Au seul quatrième trimestre, leur hausse s’est élevée à 416 milliards de dollars (+21,4 % annualisé).


Les avoirs en bons du Trésor des fonds monétaires ont atteint un record de 2 454 milliards de dollars.

Les « autres activités financières » (filiales de financement et comptes de dépôt pour garanties de titres) ont progressé de 67 milliards de dollars au quatrième trimestre (+19,4 % annualisé) pour s’établir à 1 444 milliards de dollars, un nouveau record.6.

Les titres de créance ont augmenté de 3 250 milliards de dollars en 2025 pour atteindre 65 151 milliards de dollars.

LE SYSTEME DE JOHN LAW CONTINUE SA GRANDE EXPERIENCE


Les actions ont progressé de 17 533 milliards de dollars pour s’établir à 111 355 milliards de dollars.

L’inflation totale des titres (dette + actions) a atteint 20 783 milliards de dollars sur l’année, un record.

Le ratio actions/PIB a terminé l’année à 362 % (contre 182 % en 2007).

Le ratio global titres/PIB s’établit à 574 %, contre 375 % en 2007 et 358 % en 1999.

Les ETF ont enregistré une hausse de 3 068 milliards de dollars (+29,8 %) pour atteindre 13 373 milliards de dollars.

LES MENAGES CROULENT SOUS LA RICHESSE

L’actif total des ménages a progressé de 15 149 milliards de dollars en 2025 pour atteindre 205 613 milliards de dollars.


Le passif a augmenté de 662 milliards de dollars, portant le patrimoine net à 184 106 milliards de dollars (+14 486 milliards sur l’année).


Rapporté au PIB, le patrimoine net représente 598 %, un record hors période pandémique (contre 483 % en 2007 et 449 % en 1999).

Les avoirs financiers des ménages ont gagné 13 485 milliards de dollars (+10,3 %) pour s’établir à 143 866 milliards de dollars (458 % du PIB).


Les avoirs en actions et fonds communs de placement atteignent 194 % du PIB, un niveau sans précédent en dehors des périodes de bulle.

Les avoirs du reste du monde en actifs financiers américains ont progressé de 8 388 milliards de dollars (+14,7 %) pour atteindre 65 473 milliards de dollars, un record annuel.


Sur neuf trimestres, ces avoirs ont augmenté de 19 787 milliards de dollars (+43,3 %).

Le rapport Z.1 du quatrième trimestre 2025 confirme la poursuite d’une expansion rapide des dettes et de la valorisations des actifs qui en decoule.

Plusieurs catégories – dette non financière, titres du Trésor, opérations de repo, fonds monétaires, patrimoine net des ménages et encours d’actions – ont atteint des niveaux records historiques.

Ces données soulignent la vigueur des flux de capitaux et expliquent la résilience apparente du système americain: la dette dope tout. Les ratios d’endettement et de valorisation sont à des sommets inédits en temps de paix.

Source : Federal Reserve, Financial Accounts of the United States (Z.1), publication du 8 avril 2026.

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