« La petite excursion » en Iran, ainsi que Donald Trump la décrit lui-même, s’est avérée être une marche vers le désastre

«La petite excursion » en Iran, ainsi que Donald Trump la décrit lui-même, s’est avérée être une marche vers le désastre.

Son « opération de combat majeure » est passée de l’objectif de bloquer l’Iran dans l’acquisition d’une capacité nucléaire qui aurait été soi-disant «anéantie» en juin dernier à celui de débloquer le détroit d’Ormuz et de restaurer la situation qui prévalait avant le début de l’opération.

Quel que soit l’objectif, le statu quo d’avant-guerre est irrécupérable. Trump ne peut pas déclarer la victoire et s’en aller sans céder à l’Iran ce conduit vital pour l’expédition maritime.

Avec sa capacité prouvée à semer le chaos dans l’économie mondiale, une dictature militaro-théocratique bombardée a entamé le démantèlement final du pouvoir impérial américain.

Au Moyen-Orient, la guerre a sapé les fondations financières de l’hégémonie américaine. Quoi qu’il advienne de la fin de la guerre, le résultat sera la réémergence de l’Iran en tant que puissance majeure.

En tant qu’arbitre du passage par Ormuz, l’Iran est devenu la force décisive dans l’économie mondiale du pétrole. Si Trump choisit de « terminer le travail » et lance une opération terrestre, les États-Unis seront entraînés dans un fiasco plus vaste que le Vietnam, l’Afghanistan et l’Irak réunis.

Bien que l’Otan puisse perdurer de nom, l’alliance transatlantique est opérationnellement morte.

L’Amérique revient à sa trajectoire d’avant 1914 en tant que civilisation séparée de l’Europe.

Au Royaume-Uni, la position par défaut est d’attendre que la tempête passe jusqu’à ce que la raison revienne à Washington.

On ne s’explique pas pourquoi Poutine ou Xi Jinping devraient faire preuve d’une patience similaire. Y aurait-il un meilleur moment pour eux d’agir ?

Intensifier la guerre hybride en Europe sous-défendue donnerait à Poutine un levier dans tout accord de paix en Ukraine. Avec Trump ayant déplacé des actifs militaires de l’Asie-Pacifique vers le Moyen-Orient et réduit les stocks de munitions, Xi pourrait peut-être absorber Taïwan sans tirer un coup de feu.

Il ne s’agit pas simplement d’un cas où les leçons de l’histoire sont ignorées. La guerre de Trump ressemble davantage à un exemple de ce que Sigmund Freud décrivait comme une compulsion de répétition – un processus inconscient dans lequel l’esprit rejoue ce qu’il ne peut pas se rappeler correctement.

Créature du moment qu’il soit, Trump semble animé par une impulsion à réimaginer le passé et à réaffirmer la grandeur américaine – et la sienne propre. Quand une fantaisie infantile d’omnipotence se heurte à des réalités inflexibles, la réponse est une rage incohérente.

La psychopathologie pourrait être plus éclairante que la géopolitique à ce stade. Dans un sens plus profond que ce qui est communément reconnu, Donald Trump ne sait pas ce qu’il fait. Sa petite excursion marque un point de non-retour dans le retrait de l’Amérique en tant que puissance mondiale.

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