Discours de Trump :« une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne jamais renaître »
Déclaration suivante : « J’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une période de deux semaines… Nous avons reçu une proposition en dix points de l’Iran et nous pensons qu’elle constitue une base de négociation acceptable. Presque tous les points de désaccord antérieurs ont été résolus entre les États-Unis et l’Iran, mais une période de deux semaines permettra de finaliser et de mettre en œuvre l’accord… C’est un honneur de voir ce problème de longue date si près d’être résolu. »
Trump est persuadé de detenir un pouvoir sans précédent. Il peut, à sa guise, menacer et punir. Il peut tout aussi facilement récompenser et enrichir. Un tel pouvoir est enivrant et addictif. Comment pourrait-il ne pas engendrer une soif insatiable de toujours plus d’exploits ? Et produire une cohorte toujours plus nombreuse et moins scrupuleuse de suiveurs?
Dans le regime de l’inflationnisme il n’y a pas de limite avant la limite finale, celle de la fin du regime.
Dans le monde de bulle spéculative produit par l’inflationnisme , l’argent coule à flots pour tout financer: le beurre, les canons, les drones, sans oublier une course à l’ intelligence artificielle d’une ampleur historique. De l’argent, il y en a littéralement, pour tout et n’importe quoi. Trump envisage 500 milliards de dollars supplémentaires pour garantir sa suprématie en matière de menaces , d’intimidation et de conquêtes historiques qui remplaceraient à son age, celles des femmes.
Les déficits sont abyssaux, et il n’y a aucune sanction. Les marchés qui s ‘en mettent pleins les poches avalisent, que dis je bénissent le sabre et le goupillon Evangelico-sioniste..
Cette semaine, le S&P 500 a progressé de 3,6 % . Le secteur bancaire a bondi de 5,6 % Le Nasdaq 100 a progressé de 4,5 % . Le secteur des semi-conducteurs a bondi de 13,5 % .
Cette semaine a illustré, de manière spectaculaire, comment les marchés financiers mondiaux évoluent dans un environnement de risque binaire extrême, où la géopolitique, les bulles spéculatives et les stratégies de couverture par produits dérivés s’entremêlent pour créer une vulnérabilité systémique croissante qui par solde …se traduit par une explosion de hausse.
Elle a aussi mis en lumière un paradoxe central de la finance contemporaine : plus les marchés paraissent calmes et confiants, plus les risques sous-jacents s’accumulent, alimentés par une dépendance excessive à des « assurances » implicites des décideurs politiques.
John P. Hussman que je cite souvent pour ses travaux sur les cycles de marché et les bulles spéculatives, insiste sur ce phénomène de tarification défaillante du risque. Selon lui, dans une bulle, les investisseurs extrapolent les rendements passés et sous-estiment massivement le risque réel.
Les valorisations extrêmes (comme celles actuelles du S&P 500, qui dépassent selon ses mesures les pics de 1929 et 2000) ne reflètent pas une tolérance rationnelle au risque, mais une illusion : celle d’un marché qui sera toujours sauvé parce qu’il l’ a été jusqu’à présent.
C’est a tort que l’on dit que les marchés sont risk-on, non ils n’acceptent pas le risque! C’est tout simplement qu’ils sont persuadés qu’il n’y en a pas ! Ils sont persuadés que c’est le temps du free lunch! Le risk soi disant -on est en realité un simple appétit pour le jeu, un appétit inconscient du risque de perdre!
Cest le règne du mismatch; on achète des actifs risqués non parce qu’on chiffre ou évalue le risque mais parce qu’on est persuadé qu’il n’y en a pas.
Un krach n’est alors, comme le dit Hussman qu’une sortie, qu’un réveil de l’inconscience dans laquelle on baignait; rien d’autre qu’un retour soudain de la conscience du risque et à sa légitime aversion face à un marché qui n’a jamais véritablement intégré ce coût dans ses prix.
Hussman souligne que les interventions répétées des autorités on créé un effet d’apprentissage, un moral hazard structurel : les acteurs prennent des risques excessifs en pariant implicitement sur un soutien permanent, ce qui gonfle la bulle tout en rendant le besoin de correction future plus violent.
Ce que j’exprime autrement quand je dis que les operateurs font le pari structurel maintenant sur « la monnaieitude des actifs financiers », ils sont toujours aussi bons que de la monnaie; on peut les échanger et les vendre instantanément sans perdre beaucoup même si ce sont des actifs longs et risqués.
Face à une guerre en cours et à une crise énergétique mondiale, la rationalité dictait de se couvrir contre les chocs sur les marchés internationaux. L’échéance fixée par le président Trump mardi soir, assortie de menaces explicites (« bombarder jusqu’à l’âge de pierre », « anéantir une civilisation entière »), introduisait un événement binaire clair : accord de dernière minute ou escalade incontrôlable.
Ce type de risque présente deux caractéristiques dangereuses :
-Il survient souvent en dehors des heures d’ouverture des marchés américains, privant les émetteurs d’options et de dérivés de la liquidité nécessaire pour ajuster dynamiquement leurs positions.
-L’issue potentielle – gap haussier en cas d’accord ou gap baissier massif en cas d’échec – rend les couvertures baissières (puts) particulièrement coûteuses à l’approche de l’échéance, puis susceptibles de s’effondrer en valeur si le scénario haussier se réalise.
Dans un tel contexte, une fermeture du détroit d’Ormuz ou une attaque sur les ressources énergétiques du Golfe aurait pu déclencher une spirale de panique, avec vente forcée d’actions, d’obligations et de dérivés par les vendeurs de protection.
La conviction que Trump ou la Fed interviendront pour éviter un krach joue un rôle stabilisateur à court terme, mais elle distorde profondément la tarification du risque. Nous sommes dans un nouveau système depuis Greenspan: si le risque n’est pas « pricé » de façon endogène par les marchés, c’est parce qu’il est devenu exogène, externalisé sur la banque centrale et le Trésor, qui en dernier ressort l’assument.
Les acteurs du marché des produits dérivés peuvent vendre sereinement des « assurances » contre le risque, persuadés que les décideurs politiques ne laisseront pas se produire le scénario d’une forte baisse. Ils savent que les probabilités d’événements binaires sont nettement biaisées en faveur des scénarios haussiers, les fonds spéculatifs et les investisseurs se concentreront inévitablement sur la probabilité d’une forte hausse. Comme nous l’avons encore constaté mercredi, le rapport risque/rendement favorise toujours fortement les rachats des ventes à découvert et le débouclage forcé des couvertures. De nombreuses stratégies de couverture ne fonctionnent plus comme prévu par les modèles probabilistes..
Les acteurs privés (hedge funds, émetteurs de dérivés) vendent sereinement des « assurances » contre les chutes, persuadés que les décideurs politiques supporteront le coût ultime en cas de choc majeur. Le risque n’est plus internalisé dans les prix des actifs ou des primes d’options ; il est transféré vers les institutions publiques, qui agissent comme assureur en dernier ressort. Cette externalisation, que Hussman décrit comme un moral hazard amplifié par des décennies d’interventions, explique pourquoi les primes de risque restent anormalement basses malgré des valorisations historiquement extrêmes : le marché ne paie pas le vrai coût du risque, car ce coût est socialisé.
Les résultats observés cette semaine en attestent
Le S&P 500 et le Nasdaq 100 ont très peu varié mardi, clôturant la semaine à seulement 2 % de leurs records historiques.
Les Credit Default Swaps (CDS) high-yield ont chuté de 60 points de base en neuf séances, atteignant 346 pb, soit 30 pb sous la moyenne des cinq dernières années (376 pb).
Les vendeurs d’assurance se goinfrent systématiquement sur le dos des gogos acheteurs. Cette perception d’une « main invisible » politique fausse le prix des couvertures et encourage l’endettement à haut risque.
Le piège des stratégies de couverture dans une bulle est struturel. Au cœur du vrai risque financier se trouve une réalité cachée : un marché ne peut pas se couvrir contre lui-même. Les stratégies populaires d’options et de dérivés transfèrent simplement le risque vers des contreparties (banques, hedge funds) qui, en cas de stress sévère, privilégient la vente à découvert ou la réduction de bilan plutôt qu’honorer les contrats.
Plus la bulle spéculative grossit plus le risque est en fait inassurable!
Plus les positions de couverture saturent la liquidité disponible.
Plus le risque d’une ruée simultanée sur des milliers de milliards de dollars d’ETF « liquides » devient réel.
Plus les modèles de risque (VaR, stress tests) deviennent obsolètes sinon ridicules face à des événements binaires hors norme.
Plus la solvabilité effective des intermédiaires se réduit.
Ls stratégies de couverture courantes ne font que transférer le risque à des acteurs qui n’auront jamais les moyens d’honorer les couvertures en cas de forte chute ». c’est un mythe tout comme celui de la garantie des dépôts bancaires; ils ne valent que tant qu’il n’y a pas de nécessité de les mettre en oeuvre.
Conséquences: la compression des primes de risque , CDS, options a un effet pervers puissant : elle facilite l’accès au crédit à des emprunteurs à haut risque. Les emprunteurs et les prêteurs perçoivent le coût de l’assurance comme bas, ce qui maintient artificiellement les flux de prêts malgré la vulnérabilité croissante et c’est ce que l’on a vu dans le « crédit privé ». Cette dynamique est d’autant plus dangereuse que les problèmes structurels du crédit (endettement élevé des entreprises, dépendance aux refinancements) persistent.
Le marché parie implicitement sur une intervention permanente des autorités, mais cette assurance n’est ni gratuite ni illimitée. Elle repose en réalité sur la capacité du Trésor et de la banque centrale à absorber tous les choc. Mais les disproportions de taille et de ressources entre les marchés et les institutions sont telles que le choc systémique , le vrai, lui est inabsorbable.
Les analyses de John P. Hussman et mes analyses convergent : tant que le risque reste externalisé hors des marchés , la tarification reste faussée et la bulle se nourrit d’elle-même . Le vrai danger n’est plus seulement l’événement binaire isolé, mais la prolifération des stratégies qui supposent que le prochain choc sera toujours géré par d’autres. Plus les bulles grossissent et plus les couvertures se généralisent, plus le risque systémique s’accroît. Tant que les primes de risque restent comprimées et que les vendeurs d’assurance dominent, le système paraît résilient.
Cette semaine a démontré que les marchés peuvent frôler le précipice sans y tomber. La confiance dans la capacité de Trump à calibrer précisément les points de bascule et dans la réactivité de la Fed reste intacte.
Ce qui nous place en bonne position pour de nouveaux excès et de nouvelles aventures.