A propos des rendement négatifs

Article  Bruno Bertez du 16mars 2015

Il y a une question que nous regrettons de ne pas avoir évoquée dans nos derniers articles : comment se fait-il qu’il puisse y avoir des gens ou des institutions qui achètent des emprunts d’Etat ou de grandes sociétés avec un rendement négatif?
Nous formulons autrement la question afin de faciliter la compréhension: comment se fait-il que des gens ou des institutions paient pour posséder des titres émis par l’Etat ou des grandes sociétés comme Nestlé? Comment se fait-il que certains acceptent de voir leurs économies ou leur capital s’éroder de cette façon?
D’abord, il faut avoir présent à l’esprit que ce que les gens ou les institutions échangent, ce n’est pas du cash, mais des dépôts bancaires. En achetant un emprunt à taux négatif, ils procèdent à un échange, ils échangent une créance sur leur banque contre une créance sur un débiteur solide comme un gouvernement ou Nestlé.
Cela signifie qu’ils considèrent que le gouvernement en question ou la grande multinationale est plus sûre, plus solvable que leur banque. Voilà ce qu’il faut avoir présent à l’esprit.

bank

Ensuite, un dépôt bancaire n’est pas un droit de propriété classique, en fait ce n’est plus un dépôt, c’est une créance sur la banque. Un dépôt bancaire n’est plus un dépôt, cela c’était avant ! Un dépôt bancaire, c’est une relation avec la banque, relation gouvernée par les lois bancaires et le code monétaire. Or, tout a été changé subrepticement. Le motif du changement est scélérat, car il se résume à ceci: en cas de crise, il ne faut pas que ce soit le contribuable qui paie, mais les clients des banques. Sous prétexte de protéger le contribuable, en fait, on veut faire payer le client de la banque. C’est une escroquerie intellectuelle, car tout le monde étant bancarisé, la classe des contribuables et celle des clients se recouvrent. En fait, quand ils, le grand « ILS », disent « contribuables », comprenez l’Etat, le Gouvernement. Il s’agit de protéger l’Etat, le Gouvernement, de couper le lien entre le système bancaire et les gouvernements pour protéger ces derniers.
Si vous nous suivez, vous comprenez que l’achat de titres souverains ou solides avec des taux négatifs n’a de sens que si on considère que les dépôts bancaires sont menacés. En achetant ces titres, on prend un assurance, on se couvre contre un ou plusieurs risques; ces risques sont variés, mais néanmoins réels.
Il y a le risque de taxation sur les dépôts bancaires par les gouvernements. Il y a le risque de taux négatifs sur les dépôts imposés par les banques, comme cela se fait déjà, sans publicité, dans beaucoup d’endroits en Europe. Il y a le risque de bail-in, c’est à dire de blocage de votre compte de dépôt lors de difficultés de votre banque. Et surtout, ce dont on ne parle pas, le risque de « run ». Un run, c’est quand tout le monde se précipite à la banque pour retirer son argent. Le run met la banque en faillite par manque de liquidités et c’est le risque, le gros risque, caché, du système de « fractionnal banking » et de la ré-hypothècation. Ce risque est colossal. Pour le contrer, les gouvernements ont justement institué des limites aux montants de retraits et des limites dans la périodicité de ces retraits, cela protège les banques, mais cela transforme vos avoirs en avoirs non liquides, ce n’est plus du cash. Dans un second temps, après le blocage, vient l’amputation, la confiscation partielle.
C’est contre tous ces risques que les gros, les ultra riches, les institutions veulent se protéger.
Et pour se protéger, alors, il faut prendre une assurance, et pour avoir une assurance, il faut payer. Ainsi les taux négatifs doivent être interprétés comme un coût, une prime d’assurance que l’on paie, un sacrifice pour améliorer sa sécurité.

Plus les taux vont devenir négatifs et plus ils vont se généraliser, plus les assurances seront chères, ce qui signifie que la perception du risque va augmenter, et si la perception du risque augmente, alors le risque réel augmente lui aussi. C’est une prophétie qui se réalise d’êre crue, comme souvent en matière financière. Cela, les idiots qui gouvernent n’y ont pas pensé, ils accroissent eux-mêmes le risque qu’ils prétendent juguler.
Les taux négatifs constituent l’aveu par les gouvernements et les Banques Centrales que, non seulement la crise n’est pas finie, mais qu’elle n’est pas encore commencée!
Enfin, nous sommes dans un gigantesque piège et la vérité oblige à dire qu’il n’y a pas d’endroit où se cacher, « no place to hide ».
Pour fuir le risque qui pèse sur les dépôts bancaires, vous pouvez acheter des fonds d’Etat, des obligations Corporate, des actions, etc. Mais tout ce que vous pouvez acheter est surévalué. Tout ce qui est achetable est en bulle, comme on dit. Le risque de baisse est colossal, au moins de 50%, mais plutôt de 60% à notre avis. Donc vous remplacez un risque de prélèvement, peut-être pas trop important, par un risque d’amputation de votre capital beaucoup plus gros. C’est le calcul de certains du gros « Smart money ». Ils, le grand « ILS », ont piégé les gens, les peuples, voilà la réalité et c’est volontaire, c’est cynique.

Quand on est en mode risk-off, c’est à dire quand on a peur du risque, on va sur le cash et les fonds d’Etat avec les risques que cela comporte et décrits ci-dessus ; quand on est en mode risk-on, appétit pour le risque, on va sur les actions et on supporte les risques de surévaluation que cela comporte.
Dans l’univers conventionnel, vous êtes « b…és, pour parler crûment.
Les gouvernements jouent avec vous à cache-cache, mais vous êtes toujours perdants. La destruction est inévitable, c’est la nécessité qui s’impose de la divergence entre la masse des promesses contenues dans le stock colossal d’actifs financiers et la richesse réelle.
Tout se passe comme sur l’autoroute lorsqu’elle est embouteillée. Vous voyez un trou, vous changez de file et vous croyez aller plus vite que les autres. Quelques minutes plus tard, vous constatez que c’est votre ancienne file qui roule mieux, vous rechangez et ainsi de suite. Vous avez oublié, dans votre comportement, la loi du marché qui est que tout s’égalise, au fil du temps.
Si vous fuyez le cash, vous allez vous faire « tarter » par les taux négatifs sur les fonds d’Etat, si vous fuyez les fonds d’Etat, vous allez vous faire « tarter » sur les actions, etc. en boucle… no place to hide.
L’achat d’or est une assurance, mais il a un coût bien entendu. Ils se débrouillent pour vous faire peur, vous dissuader, donc faire chuter les cours de temps à autre, ils introduisent de la volatilité. Et puis ils vous effraient avec les menaces de réquisition, de taxation, de vol, etc. Et l’or n’est pas très liquide, c’est un coût a ajouter.
Mais la seule protection, c’est de sortir de l’univers, de leur univers.
Nous conseillons :
– beaucoup de cash chez soi
– de l’or physique en pièces sans prime, type Krugerrand ou 50 Pesos mexicaine
– des fonds d’Etat maturité courte, 3 ans par exemple
– des OPCVM d’immobilier locatif
– de l’immobilier locatif de petite surface en zone urbaine
et surtout, de financer sa propre activité, sa petite entreprise.Seul le travail vivant protège.

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