Les Bourses puent à nouveau, les marchés ne tiennent plus très bien

Nous n’avons rien de précis à écrire sur les Bourses, si ce n’est qu’elles ne sentent pas bon.

Les marchés ne nous plaisent pas et suscitent des impressions désagréables. Tenter de rationaliser et de fournir des explications en forme traditionnelle, d’un côté il y a ceci qui plaide en faveur de la hausse et de l’autre il y a cela qui plaide en faveur de la baisse, tenter cela  nous parait un jeu vain. les marchés ne sont plus redevables de ce jeu .

On est au delà.

Il y a longtemps que les arguments traditionnels ont cessé d’être utiles et opérationnels, il y  a longtemps que la magie du momentum a remplacé la réflexion. il faut comprendre que le momentum est une double magie.  Une magie psychologique individuelle, la hausse nous incite à acheter, et une magie systémique, la hausse solvabilise, enrichit et crée l’illusion que le système est tiré ou se tire d’affaires.

Les hésitations des très grands responsables comme Yellen montrent cependant que le doute est permis. Si il n’y avait aucun doute, on monterait les taux et le débat serait clos. Hélas, c’est la valse hésitation. Ce qui nous frappe c’est que si les conditions pour monter les taux étaient réunies, il ne devrait pas y avoir de débat: l’activité économique serait satisfaisante, l’inflation serait revenue à un niveau acceptable, les marchés financiers seraient soutenus par l’économie réelle, laquelle servirait de filet de sécurité conformément aux plans de 2010.

Nous voyons ici et là passer des articles qui découvrent et qui s’inquiètent du niveau des prix des fonds d’Etat, de la faiblesse des rendements. On découvre, ce que nous répétons depuis 2011: que les nouvelles fragilités sont constituées par  le niveau des valeurs à revenus fixe et on se demande si il résistera à une hausse des taux; si le reflux sera ordonné; si les modèles qui prévoient une normalisation très progressive ne se trompent pas.

On reparle de la fameuse crise de 1987 provoquée par le marché obligataire. On se demande comment tout cela pourra bien se régulariser. On ose évoquer les erreurs passées. On fait des bilans.  On se demande si le temps gagné par les Banques Centrales a bien été mis à profit par les gouvernements, si il n’a pas été gaspillé. On va jusqu’à se poser des questions que l’on croyait enterrées du genre, la politique des baby-steps et de la transparence est elle judicieuse? Il est bien temps.

Mais là n’est pas l’important, l »important est que cela circule, on en parle. Les commentaires sont le signe d’un travail souterrain de prises de conscience. Une sorte de travail de sape. Et c’est grave, car cela crée un climat qui sous l’influence d’un catalyseur pourrait bien s’assombrir. Dans pareil décor, tout devient affaire de déclic.

L’échéance se rapproche, cela fait de nombreux mois, mais un jour prochain on sera au pied du mur.

Le QE  de Draghi est un échec sur le plan de l’ambiance et du sentiment des marchés. Il ne fait pas oublier le Taper Américain et la perspective prochaine de la hausse des taux. En fait, ce n’est pas un relais, c’est un ersatz. Une pâle imitation. Les marchés Européens ne sont pas décorrélés, ils continuent d’être couplés à Wall Street, c’est mauvais signe. Bref, vous voyez, rien de bien concret , mais une accumulation qui façonne un paysage plus sombre, une accumulation par petites touches, qui ternit. Les marchés ne tiennent ni par le fondamental, ni par la confiance. Ils tiennent par le cynisme et la  croyance. Ce que nous discernons, peut -être prématurément, c’est une étape dans la détérioration de cette croyance, elle s’effrite. Et le cynisme, lui, il amplifiera la chute.

Comme les autres analystes et autres intervenants, nous nous accrochons à cette idée: ce que nous savons, ils, le grand « ILS », le savent et ils feront ce qu’il faut, pour l’éviter.

Une réflexion sur “Les Bourses puent à nouveau, les marchés ne tiennent plus très bien

  1. En Bourse, la magie et la superstition regnent. Nous avons meme connu le grand patron du service analyse d’une grande banque TBTF qui croyait a l’influence des taches solaires sur les cours. Dans cet esprit, nous vous rappeleons que le mois d’Avril depuis 1950 est le meilleur mois boursier pour le marche directeur mondial, Wall Street. Mars a toujours ete un mois de turbulence et Avril un mois gratification. Sur 65 ans, le S&P a ete en hausse 45 fois et en recul 20 fois seulement. Le gain moyen des mois d’Avril est de 1,5%.

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