Nouvelles du poker menteur Grec

La situation Grecque reste confuse et il ne faut pas compter sur les nouvelles pour y mettre un peu d’ordre. Les fuites et déclarations n’ont qu’un objectif: embrouiller les marchés et le public. Ainsi on ne cesse d’annoncer un accord imminent dans le but de faire patienter les marchés et les empêcher d’anticiper,l’objectif est de paralyser.

La fraction dure de Syriza a été défaite dans un vote récent qui allait dans le sens de l’intransigeance, voire la rupture face aux demandes Européennes, donc le manège est reparti pour un tour.
La position de Blanchard, encore au FMI, suggère une certaine souplesse, dans la mesure ou le chef économiste évite d’imposer un contenu prioritaire aux réformes, mais demande qu’elles soient cohérentes : « Si la Grèce veut obtenir plus de flexibilité, elle doit d’abord présenter un plan de réformes plus cohérent ». Dans un entretien publié mardi par ‘Les Echos’, Blanchard estime ainsi que les mesures proposées par la Grèce à ses créanciers internationaux sont pour l’instant insuffisantes pour lui accorder cette flexibilité.

« Le Fonds Monétaire International a une position flexible sur ce qu’Athènes doit faire, dès lors qu’un programme cohérent est présenté in fine », déclare ainsi le responsable du FMI. Or, « au vu de ce qui est proposé pour l’heure, on est encore assez loin » des conditions susceptibles de permettre à la Grèce de maintenir un excédent budgétaire primaire (avant charge de la dette), poursuit l’économiste. « En tenant compte des dernières estimations faisant état d’un déficit budgétaire substantiel pour le moment, il faut donc des mesures crédibles pour transformer ce dernier en surplus et maintenir ce surplus dans l’avenir ».

l’ennui est que la Grèce court après le surplus budgétaire comme un chien court après sa queue, l’absence de reprise économique, la poursuite de la dégringolade du moral de la population et les divisions politiques empêchent de récolter les fruits des mesures qui ont déjà été prises.

Le crédit est totalement bloqué tant en raison de la situation des banques, du facteur risque et de l’absence de perspectives. Yanis Varoufakis a fort justement fait des propositions positives, elles ont été balayées d’un revers de main méprisant. Pourtant Varoufakis a raison, à ce stade il faut coupler, jumeler, un plan de réformes avec un plan de relance du crédit afin de soutenir l’activité et faire ressortir le fameux surplus qui n’est que potentiel. Pour sortir de l’impasse il faut absolument s’élever un peu, regarder plus loin , au dela des simples questions de trésorerie et de remboursement. Il faut aussi sortir des jeux de chantages.

La Grèce, qui est à court de liquidités, a prévenu le week-end dernier qu’elle ne serait pas en mesure de rembourser les prochaines échéances dues au FMI (1,6 milliard d’euros en 4 échéances, courant juin), si elle n’obtenait pas le déblocage de la prochaine tranche d’aide de l’Union européenne. Lundi soir, le porte-parole du gouvernement a cependant assuré que « la Grèce s’acquittera de ses obligations », mais « dans la mesure où nous sommes capables de payer », ce qui n’a pas vraiment clarifié la question.

Malgré des semaines de négociations difficiles, les créanciers d’Athènes refusent encore de lui verser le solde de 7,2 MdsE prévu par leur programme d’aide, dans la mesure où le gouvernement grec ne s’est pas engagé à mener des réformes suffisamment crédibles aux yeux de ses créanciers.

Le FMI exige une réforme des retraites et moins de fonctionnaires, comme si cela était acceptable en ce moment. il est évident que c’est un objectif qu’il faut se fixer, mais avant tout il faut faire repartir la machine. La position du FMI nous fait penser à ses exigences lors de la crise Russe, ces exigences ont tout disloqué.

Olivier Blanchard estime qu’en l’état actuel des propositions grecques, « ce qui est évident, c’est que le système des retraites est souvent trop généreux, qu’il y a encore trop de fonctionnaires… Cela implique aussi de regarder quelles mesures structurelles sont essentielles pour garantir une croissance soutenue à moyen terme ».

Il a par ailleurs dit qu’il existait actuellement « plusieurs scénarios de crise, allant du contrôle des capitaux à la sortie de l’euro » de la Grèce, espérant toutefois « tous les éviter ».

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