L’affaire de la FIFA une pierre dans le jardin de la Suisse

Quand on est cynique, un chien, on peut regarder l’affaire de la FIFA sous un autre angle que celui qui est véhiculé par la bien-pensance. Cela nous fait rire de voir que l’on feint de découvrir la corruption les pots de vin, les rétro-commisions, les enrichissements personnels dans le monde du sport global. Que ce soit au niveau du football ou au niveau de l’Olympisme, cela ne fonctionne que comme cela. Ce sont de gigantesques pompes à argent noir sur plusieurs étages:

-la sélection des pays d’accueil: les politiciens sont prêts à payer très cher pour abriter des manifestations sportives qui sont source de prestige, de notoriété, de travaux avec rétro-commissions, de médiatisation, de marketing.

-les droits de retransmission dont une partie transite par des boites noires avec de multiples parties prenantes

-les ventes aux publicitaires des marques avec des intermédiaires discrets, non soumis aux impératifs de la comptabilité en partie double…

-les prestations de services comme la sécurité , surévaluées avec une évaporation considérable

Cela fait des années que tout cela est connu, suivi, écouté, enregistré « pour le cas » ou, c’est à dire pour le moment opportun. Tout a commencé avec la pourriture de l’Olympisme sur laquelle notre ami défunt , Alain Fabarez avait en son temps, dans l’indifférence générale tenté d’attirer l’attention.

Les autorités américaines ont tout, ou quasi tout, depuis 20 ans, elles collectent par le bais des écoutes illégales et recoupent, amalgament. Avant, l’idée n’était pas de moraliser, non, l’idée était de « tenir », faire chanter certaines personnes, en faire des « obligés ». La morale n’avait rien à faire dans ces histoires.

Les autorités américaines, comme dans les affaires de fraude fiscale n’ont plus,à partir des écoutes,illégales, qu’à monter des constructions parallèles pour faire tomber ceux qu’elle jugera bon de faire tomber, selon ses intérêts. Les révélations seront sélectives en fonction des objectifs poursuivis. Notre conviction est que cette affaire est « un coup de billard ».Suivez mon regard du coté de … la Russie.

La Suisse a raté une merveilleuse occasion de « laver plus blanc » et de ne pas paraitre à la remorque, une fois de plus, du blanchisseur mondial, les Etats-Unis.
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Le Point , via lesobservateurs.ch
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Quarante-huit heures avant de renouveler (en toute vraisemblance) le mandat de son président, la Fifa réunissait ses cadres et ses délégués dans des hôtels de Zurich. Une occasion en or pour déclencher une spectaculaire opération mains propres. Mercredi, dès potron-minet, des enquêteurs ont interpellé au saut du lit au moins six membres influents de cette institution qui dirige le football mondial. Ces interpellations marqueront les esprits au moment où le pouvoir autocratique, et très critiqué, de Joseph Blatter, qui brigue un cinquième mandat, est discuté.

La justice de plusieurs pays soupçonne ce cénacle de corruption. Une accusation difficile à prouver. Il faut des témoins, des corrupteurs passifs qui désignent des corrupteurs actifs et, en matière de corruption, l’affaire OM-VA a montré qu’il était difficile d’y voir clair. Pour Pascal Praud, un autre écueil se dresse sur le chemin des enquêteurs : « La Fifa repose sur un tas d’or. Sous les présidences de João Havelange hier et de Joseph Blatter depuis 1998, elle a largement redistribué son trésor aux fédérations en leur laissant une totale autonomie. Résultat : personne ne peut leur en vouloir ni être tenté de régler des comptes avec eux. D’autant que la Fifa a largement contribué à l’essor des petites nations du foot. » Il n’en reste pas moins que la Fifa agit sans contrôle. Elle fait ce qu’elle veut de son argent et agit selon les règles qu’elle se fixe !
Le sport n’est pas au-dessus des lois

Même si l’on peut légitimement s’interroger sur le choix du Qatar pour accueillir en 2022 la Coupe du monde du Brésil, alors même qu’il ne disposait pas du meilleur dossier, il sera ardu de montrer que tel ou tel représentant s’est enrichi grâce à son vote. Il n’empêche, désormais les soupçons de corruption sont sur la table. Personne ne pourra les méconnaître. Et le sport n’est pour une fois pas au-dessus des lois morales…

Le communiqué du ministère suisse de la Justice est d’ailleurs prudent, mais argumenté : « La police cantonale a arrêté six fonctionnaires du football (…) à la demande des autorités américaines. Des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d’organisations footballistiques (des délégués de la Fifa et d’autres personnes appartenant à des organisations affiliées à la Fédération internationale de football association) en échange de droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux États-Unis et en Amérique du Sud. »

3 réflexions sur “L’affaire de la FIFA une pierre dans le jardin de la Suisse

  1. Celui qui contrôle le monde fait régner sa loi. Il peut faire appliquer la loi qu’il souhaite, changer à tout moment les règles du jeu et aussi fermer les yeux envers ses éventuels alliés.

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  2. je ne suis pas juriste, mais une fois de plus, la seule chose qui m’horripile dans cette affaire, c’est la prétention d’extra territorialité du DOJ US pour des faits commis entre la FIFA et des pays d Amérique du sud. Je ne comprends pas la servilité du ministère de la justice suisse, à quoi servent les tribunaux suisses?

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