Penser juste en matière d’emploi avec ajout

Les partenaires sociaux et le gouvernement se réunissent pour examiner les obstacles à l’emploi. Avec la philosophie de Gribouille qui est la leur, il y a fort à parier qu’une fois de plus cette réunion ne servira à rien d’autre qu’à justifier leur existence parasitaire.

Ces gens pensent faux. Ils partent de l’idée imbécile que l’emploi est un gisement statique dans lequel il faut puiser, qu’il faut répartir et qu’il faut manipuler. L’emploi n’est pas statique, mais dynamique, c’est une résultante, pas un objectif. Les seuls systèmes qui ont « produit » de l’emploi sont les systèmes communistes, on a vu ou cela les a mené.

Nous prétendons que seule la Vérité est efficace. Ce n’est pas une affirmation morale, c’est une affirmation utilitariste. Nos écrits sont inspirés par ce constat; et ils se traduisent par un effort , nous disions bien un effort, pour penser juste. Toujours au sens logique, pas au sens moral. Beaucoup de problèmes peuvent être traités par « le penser juste ».
.
En voici un exemple.
.
Lisez ce texte et lisez notre commentaire ensuite.
.
« La part des embauches en CDD a atteint un niveau historique au quatrième trimestre 2014 ! Selon une étude du ministère du Travail, elle s’est établie à 86%, en hausse de près de deux points par rapport aux trois mois précédents. A l’inverse, le taux d’entrée en CDI recule pour ressortir à 2,3%, « son niveau le plus bas depuis le 1er trimestre 2007 ».
Les entreprises de 1 à 9 salariés sont celles dont la part de recrutement en CDD était la plus élevée au quatrième trimestre (88% contre 84,5% au troisième trimestre), contre un taux de 83,4% pour celles de 10 à 49 employés et 86,4% pour les groupes de plus de 50 personnes. L’étude montre également que le secteur tertiaire est le plus grand pourvoyeur de contrats à durée déterminée, quelle que soit la taille de l’entreprise. La part des CDD y est supérieure à 80% ! »
.
Commentaire :
.
Si vous pensez juste ; logique, non socialo-moralo-menteur, vous tirez du texte ci dessus des vérités d’évidence :
-les entreprises embauchent
-elles embauchent parce qu’elles en ont besoin
-elles préfèrent embaucher en CDD, c’est à dire en flexible
.
Donc la demande de main d’oeuvre existe et elle présente une caractéristique : elle porte sur la main d’oeuvre que l’on peut réduire, la main d’oeuvre que l’on n’est pas obligée de conserver . La main d’oeuvre que l’on n’est pas obligé de conserver lorsque l’activité varie.
.
C’est une lapalissade : une entreprise n’a aucune raison de refuser d’augmenter ses effectifs, quand elle a du travail rentable à offrir. Personne ne refuse de gagner plus d’argent, c’est le BA-BA de la rationalité économique sur laquelle sont fondés les modèles.
.
Si l’entreprise ne recrute pas, c’est soit parce qu’elle n’a pas d’emploi rentable à offrir, soit parce qu’elle considère que l’avenir étant incertain, il est dangereux d’augmenter ses charges alors que son chiffre d’affaires n’est pas assuré.
.

L’embauche flexible en CDD correspond donc à une nécessité économique, elle est une conséquence de l’incertitude.
Les chiffres d’affaires sont variables, donc il faut que ce qui sert à fabriquer le chiffre d’affaires soit lui aussi variable.
.
La demande pour du travail flexible est pour ainsi dire la seule demande qui se manifeste dans nos systèmes privés de croissance à long terme. Si on veut créer des emplois et mettre les gens au travail -ce qui est mieux qu’être chômeur ou assisté- il faut, au lieu de décourager la demande qui existe , la stimuler, la faciliter par tous moyens puisque c’est là que se situe le « gisement » d’emplois.Il faut abaisser le seuil à partir duquel on peut embaucher quelqu’un en temporaire.
.
Que font les illuminés qui gouvernent ?
Ils pénalisent le travail flexible, les CDD afin de diminuer l’attrait qu’il y a à embaucher. Ils pénalisent la demande, la rendent plus chère, plus rigide. Mieux ils stigmatisent l’employeur qui serait tenté d’y recourir.
.
Conclusion , ils amputent la demande qui pourrait autrement se manifester ; et ainsi découragent l’offre de travail. Celle ci se situe à un niveau inférieur à celui qui, en l’absence de pénalités pourrait être disponible. C’est le contraire d’une subvention, c’est un handicap sur … ce qui marche.

Le penser-juste en économie, comme en finance conduit à mettre du fixe sur du fixe et du variable sur du variable. C’est cela la bonne gestion. Le penser-juste ne consiste pas à handicaper le variable en croyant que, par miracle il se transformera, contre tout bon sens, en fixe.
.

En prime :

Quelques tweets de Christian de Saint Etienne

Trop de Français semblent ignorer la situation catastrophique de la France. 4% de déficit après 70 milliards d’euros de hausses d’impôts !

Le moment du redressement est venu ! Il viendra par l’effort ! Je fais le pari que les Républicains sont prêts, à condition d’être unis !

NDLR Je crois que Christian a fait une faute de frappe , il a écrit « unis » au lieu de « punis »

L’économie de la France sera non compétitive aussi longtemps que l’on punira l’emploi du capital et du travail sur notre territoire !

La nouvelle et inexorable poussée du chômage résulte de l’excès d’impôts, notamment sur le capital, et des blocages du marché du travail.
.
Ajout au 2 Juin sans commentaire
.
Le chômage a poursuivi sa progression au mois d’avril en France… Les chiffres du ministère du Travail publiés lundi soir montrent que le nombre de demandeurs inscrits en catégorie A, et n’exerçant donc aucune activité, a augmenté de 0,7%, soit 26.200 personnes supplémentaires, pour s’établir à 3.536.000 en France métropolitaine. Le nombre de demandeurs en activité réduite (catégories B et C) s’établit à 1.808.600 sur un mois, soit une hausse de 1,9%.
Troisième mois consécutif de hausse
« Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégories A, B, C s’établit à 5.344.600 en France métropolitaine fin avril 2015 (5.645.000 en France y compris Dom) », explique le ministère du Travail – soit un bond de 7,1% sur un an. Il s’agit du troisième mois de hausse consécutif après une légère baisse en janvier. En février comme en mars, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A avait augmenté de 0,4%. Les 54.100 demandeurs d’emplois supplémentaires recensés en avril dans les catégories A, B et C constituent la progression la plus forte depuis janvier 2013, sans prendre en compte le « bug » informatique qui avait affecté les chiffres d’août et septembre 2013.
Les signes de reprise économique n’auront donc pas déteint sur l’emploi, et dans un communiqué, le ministre du Travail François Rebsamen déclare que, si la croissance économique a accéléré au premier trimestre (+0,6%), « il faut toutefois un délai de plusieurs mois avant que la reprise de l’activité ne se traduise par des embauches. » « L’enjeu des prochains mois est d’accompagner le retour de la croissance en levant les freins au recrutement qui subsistent », a-t-il ajouté au moment où le gouvernement prépare des mesures pour favoriser l’emploi dans les PME et les très petites entreprises.
Autres chiffres livrés par le ministère : le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an sur les listes de Pôle emploi a continué d’augmenter en avril, de +1,1% en un mois et +10,2% sur un an. Leur part dans le nombre total de demandeurs d’emploi inscrits est de 43,7% (+0,1 point en un mois, +1,3 point sur un an). L’ancienneté moyenne des inscriptions est également en hausse, à 548 jours (+2 jours)…

2 réflexions sur “Penser juste en matière d’emploi avec ajout

  1. Mais malheureusement lorsqu’on est en CDD, on ne vous prête pas, on ne vous loue pas, parce que justement votre situation est trop précaire et incertaine. Et comme vous même vous le savez alors vous ne consommez pas, vous n’investissez pas et vous épargnez pour les dépenses contraintes et au final quels bénéfices pour les entreprises qui ne vendront plus rien à personne, baisse du chiffre d’affaires qui appel à une réduction des coûts et plus de flexibilité ? c’est le cercle vicieux par excellence de visions court-termistes qui amène l’appauvrissement pour tous et plus de profit pour une élite improductive qui détient le capital.

    Inutile de s’attarder sur un remède des conséquences néfastes du système lorsque ce sont l’ensemble des règles du jeu iniques, mauvaises, destructrices qu’il faudrait entièrement supprimer à commencer par le monopole de la création monétaire par le secteur bancaire privé qui parasite ceux qui produisent la vrai richesse.

    J’aime

    1. Penser juste pour le sujet de l’article consiste à comparer la situation du travailleur qui a la chance d’avoir un CDD à la situation du travailleur au chômage et non la situation du travailleur qui a un CDD à celle de celui qui a un emploi à durée indéterminée.

      Certes le travailleur au chômage qui bénéficie d’indemnités assurées pendant , mettons un an, est dans une situation moins précaire que celui qui n’a que des CDD ….de trois mois, mais est il mieux loti? Par ailleurs sa dignité est elle plus grande?

      Votre réflexion aurait plus de sens et serait plus productive si vous vous interrogiez sur les raisons de l’incertitude économique. Elle est supérieure à l’incertitude économique historique , traditionnelle. Pourquoi? Comment la réduire? Comment en tempérer les effets de telle façon que les entreprises aient plus confiance dans l’avenir et osent plus s’engager.

      Une autre piste à explorer est celle de la stimulation des embauches en CDD avec reconnaissance sociale du développement des CDD , c’est à dire la mise en place de systèmes qui améliorent l’accès au crédit, au logement par exemple, des gens qui sont sous ce type de contrat de travail. A partir du moment ou le CDD devient la norme, il faut que la société en tienne compte et que les pratiques dans les domaines énoncés ci dessus, se modernisent. On l’a fait par exemple dans un domaine voisin en facilitant l’accès au crédit, aux assurances, à certains ex grands malades.

      J’observe par ailleurs que les Etats-Unis qui pratiquent la liberté de licenciement ne semblent pas avoir un moindre développement du crédit et de l’accès au logement que la France.

      Quant à votre sortie sur le monopole de la création monétaire par le secteur privé, elle est inadéquate pour le problème. La création monétaire par un secteur dit public, c’est à dire étatique ne vaut guère mieux. Mais c’est une autre histoire.

      J’aime

Répondre à brunobertezautresmondes Annuler la réponse.