Cela nous fait plaisir de voir Pigasse et Montebourg fustiger Hollande et Valls.
Leurs traits sont acérés et ils visent juste, nous aurions presque pu écrire cette diatribe.
L’ennui est que leur critique est faite au nom d’idées qui, si elles étaient mises en pratique conduiraient à des catastrophes encore plus redoutables.
La position de Montebourg et Pigasse est celle qu’avaient défendu les partisans de l’autonomie Française dans les années 83 et 84 au moment des débats sur la rigueur et les dévaluations.
Pour mener une politique autonome, dans l’intérêt des Français, il faut sortir, refuser les contraintes extérieures, celle de l’Europe et celles de la globalisation à tout crin. Personne n’a eu le courage de le faire, pas plus Montebourg que les autres en leur temps; il n’a même pas le courage de le dire. Pour mener la politique de Montebourg, il faut sortir du carcan européen et en même temps prendre des libertés avec la globalisation. Si on n’ose pas le faire il faut faire du Valls et du Hollande recyclé façon Rocard.
« Dans leur tribune, Matthieu Pigasse et Arnaud Montebourg s’interrogent : « Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays ? Est-il encore possible d’éviter le désastre politique et moral pour cette gauche de gouvernement qui semble avoir abandonné la France ? »
« Oui, nous croyons qu’il n’est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu’ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs) », écrivent-ils. L’exécutif s’est « rallié en deux mois » aux « exigences destructrices de l’austérité », déplorent-ils.
Ils voient dans « l’explosion du chômage, la hausse de la pauvreté et la montée du sentiment de vulnérabilité dans presque toutes les couches de la société française » les raisons qui jettent des millions de Français dans le vote FN.
« Ainsi, le conformisme politique est désormais devenu le principal adversaire du renouveau économique du pays », ajoutent-ils. « C’est lui qui nous paralyse et chaque mois qui passe le rend plus insupportable. »
« Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne. Et voici des années que cette comédie de l’impuissance publique dure », insistent-ils.
Ils invitent les dirigeants politiques français à cesser de mener une lutte « purement verbale » contre le parti d’extrême-droite pour agir sur les causes réelles de la montée du FN.
« Il faut refuser de se contenter d’attendre que la croissance revienne, comme s’il s’agissait d’un phénomène météorologique ou du cycle des saisons. Il faut refuser de se féliciter quand est annoncée, pour 2015, une progression du PIB de 1% environ, après trois années de croissance zéro. »
« Cela veut dire se battre pour la croissance en interrompant les politiques absurdes, inefficaces et anti-économiques de Bruxelles et rendre sous forme de baisses d’impôts ce qui a été lourdement prélevé sur les ménages », ajoutent Arnaud Montebourg et Matthieu Pigasse. « Cela veut dire ne plus se laisser faire par Berlin et Bruxelles et changer la politique économique nationale et européenne. »
Manuel Valls a renvoyé dimanche Arnaud Montebourg à son « irresponsabilité » après la charge en règle de l’ancien ministre contre la politique économique du gouvernement, une « insulte aux militants » selon Jean-Christophe Cambadélis, au moment où se tient le congrès du Parti socialiste à Poitiers.
L’ex-ministre socialiste de l’Economie, flanqué de l’homme d’affaires Matthieu Pigasse, estime dans le Journal du Dimanche que, « hébétés, nous marchons droit vers le désastre »
« L’absurde conformisme bruxellois de la politique économique de la France actuelle est devenue une gigantesque fabrique à suffrages du Front national », écrivent-ils. »