Danger, l’appétit pour le risque diminue.

Danger, l’appétit pour le risque diminue. Et cela nous inquiète. Nous avons hésité avant de choisir de ne pas écrire « nous terrorise ».

Le temps boursier passe à l’orage. On peut passer au travers ; on peut croire que l’on passe au travers si une « solution » intervient pour la Grèce.

Avant de livrer notre commentaire, voyons la nouvelle qui le justifie et qui alimente notre inquiétude.

Les investisseurs mondiaux ont retiré 9,3 milliards des marchés d’actions des pays émergents la semaine dernière. C’est le plus gros retrait depuis la crise de 2008. L’Asie a été particulièrement touchée avec des retraits de 7,9 milliards. C’est un record depuis 15 ans.

Les marchés émergents sont le maillon faible du système en cas chute de l’appétit pour le risque, en cas réduction de la liquidité, en cas de hausse non anticipée des taux d’intérêt. Ils ont bénéficié pendant des années des sorties/déversements de capitaux des pays développés avides de performance et avec la perspective de la fin des politiques non conventionnelles américaines, ils soufrent de l’inverse, le retour au bercail.

Par ailleurs, un malheur n’arrive jamais seul, leur conjoncture domestique est dégradée, les régulateurs sont impuissants à soutenir l’activité, le change est au plus bas etc…Tout se conjugue : les taux qui montent, les obligations et le crédit qui chutent, les actions qui glissent et le change qui plonge. Les grandes banques globales comme Deutsche Bank réduisent leur leverage pour consolider leur bilan et user moins de fonds propres.

A propos, et ce n’est pas vraiment une incidente, les changements de direction et de stratégie d’un établissement comme la Deutsche Bank montrent bien qu’une époque se termine et que l’on joue les prolongations. C’est la fin d’une époque, et les transitions sont toujours très risquées. Nous vous conseillons de suivre de près les cours de ces grandes maisons comme la DB, ils peuvent être annonciateurs.

Les pertes de la Communauté Spéculative mondiale s’accumulent et seules les facilités de la comptabilité permettent de les ignorer. En fait on revit, mais de façon douce et non spectaculaire le « tantrum » de 2013, celui qui avait disloqué les marchés temporairement sur la perspective du « Taper » . On avait alors décidé de retarder, mais retarder n’est pas annuler et on sait qu’un jour il faudra y passer.

Les marges de manœuvre des régulateurs comme Yellen sont de plus en plus faibles ; elle est dans un corner. Pour éviter le risque de dislocation financière, Yellen retarde le plus possible, elle étale, la régularisation mais ce faisant, elle se trouve en retard par rapport aux besoins de modération , elle est comme on dit « behind the curve ». Et tous les professionnels le savent.

Elle a commis l’erreur de vouloir agir par les taux, par « baby steps » et de laisser inchangé le surplus de liquidités, le «liquidity glut », cela pourrait être fatal.

Les politiques monétaires mettent environ deux ans à produire leurs effets – n’en déplaise aux idiots de la BCE qui crient victoire après un mois- et si vous ne prenez pas beaucoup d’avance, vous êtes, un jour, débordée. C’est ce qui risque d’arriver à Yellen et le scénario qui se met en place explique et justifie les craintes que l’on peut avoir sur les marchés. Si vous êtes en retard et que l’inflation passe au dessus des objectifs, vous êtes obligés, en catastrophe, de monter vite les taux et de réduire les liquidités et c’est le Krach, la révulsion. A force de vouloir jouer au plus fin, la gestion devient impossible. Yellen ne peut gérer correctement car elle est paralysée par la peur, par la menace que constituent les marchés financiers, elle est otage pour le pire.

Nous avouons que nous sommes effrayés par l’évolution de la situation. La question de la compétence des chefs et du bien fondé de leur politique passe au second plan, ce qui vient au premier plan, c’est que peu à peu, ils perdent le contrôle de la situation. Ils sont, ils risquent d’être dépassés par les mouvements qu’ils ont suscités. Les masses de capitaux sont énormes, les pertes peuvent aussi être énormes et dans le système actuel, tout est transitif, tout est réflexif.

La question de la surévaluation des prix des actifs financiers est quasi tranchée, presque tous les grands ont admis l’idée que les niveaux actuels n’étaient justifiés que par :

-le niveau des taux des fonds d’Etat
-la surabondance des liquidités.

On sait aussi que tant que l’esprit de jeu est présent sur les marchés, tant que l’appétit pour le risque subsiste, alors il est inutile d’attaquer les cours, de vendre ferme ou à découvert. C’est la claque assurée. Mais on sait que si l’appétit pour le jeu et le risque viennent brutalement à disparaître, il ne faudra pas longtemps pour que les cours tentent de rejoindre leurs valeurs normales de long terme.

La première étape de la chute sera à moins 20% , et ce sera rapide. Sous une forme ou sous une autre, c’est ce que l’on comprend à la lecture des notes des brokers ou des Banques d’Investissement.

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