Article Bruno Bertez du 14 juin 2015
Le lien entre la chute des marchés financiers et les menaces sur le cash n’est pas évident . Beaucoup de gens ne voient pas le rapport entre les deux. On se garde bien de le leur expliquer: Pourtant il est direct. Et nombreuses institutions Américaines et Suisses, des Think Tanks ont procédé à des travaux qui chiffrent l’incidence d’une chute des bourses sur les fonds propres des banques.
Voici le cheminement.
Chute des bourses= pertes bancaires=dé-solvabilisation des banques=insuffisance de fonds propres=fin de l’accès au refinancement de gros= ruée sur les banques.
On est toujours puni par ou l’on a péché. Autrement dit : on a sauvé les banques par la bulle des bourses et l’éclatement de la bulle les fera rechuter.
Vous avez probablement entendu parler de la guerre contre le cash, guerre contre les espèces. Vous n’y avez pas prêté attention car vous ne voyez pas en quoi vous êtes concerné. Tout cela vous paraît lointain, presque sans fondement.
Vous n’avez pas compris l’essentiel, à savoir que la crise de 2008 n’est pas terminée, que l’on a gagné du temps par diverses mesures monétaires et fiscales et que le temps est venu de payer, de présenter l’addition.
La guerre contre le cash n’est pas une mesure fiscale, ce n’est pas une mesure technique, non c’est un vol délibéré d’une partie de la population au profit d’une autre partie de la population, celle qui s’est enrichie avant 2008 et qui a multiplié sa fortune de 2009 à 2015 grâce au gonflement des indices boursiers.
En deux mots, voici la logique qui est à l’œuvre. Nous essayons d’être le plus didactique possible, mais sachez que si les choses monétaires et bancaires étaient simples, on ne pourrait vous voler et les autres, les ultra-riches ne pourraient pas s’enrichir à vos dépens.
Voici la situation :
-les banques sont insolvables et illiquides depuis 2008/2009
-pour les rendre liquides, les Banques Centrales ont créé, imprimé beaucoup d’argent, des trillions
-pour les rendre solvables, les Banques Centrales ont mis les taux d’intérêt à zéro
-pour les rendre solvables, les Banques Centrales ont fait monter les Bourses, actions et obligations, elles ont soufflé une bulle généralisée
On a débouché artificiellement les tuyaux du système pour forcer l’argent à circuler et, pour le faire, on a dû tout inonder, tout noyer. Ainsi, on n’a plus vu ceux qui se baignaient nus, selon la comparaison de Warren Buffett.
On est en train de toucher les limites de ces manipulations monétaires et financières et le système devient à nouveau très dangereux. Il faut songer à stopper ces manipulations qui favorisent la spéculation, rendent les marchés financiers très instables et surtout très fragiles. Le premier ensemble économique qui va pratiquer le sevrage, qui va tenter la manœuvre très dangereuse de stopper les politiques exceptionnelles, ce sont les Etats-Unis. Ils préparent la manœuvre depuis 20013, mais ils ont tellement peur qu’ils ne sont pas encore allés jusqu’au bout, ils envisagent, après beaucoup d’hésitations, de tenter de normaliser, de monter les taux à la rentrée. Tout le monde a peur d’un choc, de réactions non-maîtrisées. Tous les autres pays du monde sont concernés par la décision américaine parce que le dollar est la monnaie mondiale, parce que, en matière financière, tout communique, c’est ce que l’on appelle l’interconnexion. Disons pour simplifier que tout va devenir plus risqué, nous allons traverser une période longue de dangers. Longue car la durée de transmission des vagues monétaires est de deux ans.
Normaliser les politiques monétaires, c’est remonter les taux d’intérêt, c’est stopper la création de monnaie et ce que l’on appelle le gonflement du bilan de la Banque Centrale. Toutes ces mesures deviennent nécessaires car on risque de déclencher l’inflation, la hausse des prix et des revenus. Si on la déclenchait, ce serait la catastrophe car le système est préparé à la déflation et non pas à l’inflation. L’inflation ferait chavirer le paquebot mondial, car tout le monde est d’un seul et même côté, du côté de la baisse des prix et non du côté de la hausse.
Si on tarde, les prix et les revenus vont échapper au contrôle, la mécanique infernale va s’enclencher et les taux à long terme vont s’envoler. On ne pourra plus les manipuler par les artifices monétaires. Et si les taux à long terme s’envolent, alors les actions vont chuter, les obligations et les fonds d’Etat vont s’effondrer, les déficits des gouvernements ne seront plus financés. Ce sera, d’une autre façon, sous une autre forme, une sorte de retour à ce qui s’est passé en 2008 et 2009. Le système va se gripper à nouveau.
Si vous nous avez suivis, vous comprenez que les autorités n’ont pas le choix, il faut qu’elles tentent de préparer et de prévoir ces mesures de normalisation. Il faut qu’elles prennent les mesures qui permettront d’éviter la catastrophe quand il faudra monter les taux, stopper la planche à billets.
Les autorités sont persuadées qu’il y aura des accidents, des dégâts, c’est à dire que certaines banques vont être en difficulté comme en 2008 et 2009. Et il faut préparer des mécanismes qui limitent les conséquences de ces futures défaillances bancaires. Il faut être prêt pour le moment où cela va commencer à tanguer. Lors des réunions mondiales, des décisions ont été prises afin de tenter de faire face par des mesures communes. Ce sont des décisions mondiales et chaque pays a passé ou est en train de passer en cachette, dans le secret, des lois qui permettent de faire face à la future catastrophe des banques et des marchés?
Les mesures sont complexes et on se garde bien de les exposer au public, de les commenter et encore plus d’en débattre. On vous débat des 2500 euros de frais de voyage par abus de bien national de Valls, mais on ne vous parle pas de mesures qui peuvent porter sur des trillions! Vos banques vous parlent de leur excellence en matière de téléphonie mobile, de leurs offres d’assurances, elles publicisent des cadeaux de 70 euros, elles flattent les jeunes, etc., mais elles se gardent bien d’aborder ces questions, qui sont pourtant les seules sérieuses.
Ce qu’il faut comprendre, c’est :
-le lien qu’il y a entre la crise de 2008/ 2009 non résolue
-l’accumulation de mesures inoffensives, sans rapport entre elles
-la logique profonde qui unit le tout
Ce qui en cause, c’est c e que nous avons dit dès 2009 à savoir: qui va solder l’addition de la crise, qui va payer car l’addition n’a pas encore été présentée, on a repoussé, gagné du temps. Et le temps est venu. Aux USA d’abord, en Europe plus tard.
Il y a des émergences de temps à autre, mais vous n’y faites pas attention car vous ne voyez pas le fil conducteur. Le Gouvernement multiplie les limitations à l’utilisation des espèces tandis que les soi-disant économistes de banque veulent aller plus loin, et bannir le cash. C’est la même idée, il faut simplement habituer les gens, y aller progressivement. L’un prépare l’autre, en douceur. Il faut limiter les usages des espèces, il faut restreindre ce que l’on peut faire avec les espèces, il faut avoir la possibilité d’interdire les retraits d’espèces des comptes bancaires et, enfin, il faut supprimer le cash. La monnaie doit cesser d’être une monnaie souveraine, publique, adossée à au Trésor Public, à la Banque Centrale, à l’Etat et à la démocratie, pour devenir monnaie exclusivement privée, monnaie de banque, monnaie qui n’est que créance sur une banque. C’est une double confiscation, non seulement de l’argent, de votre argent, mais d’un bien public, émanation de la souveraineté populaire. Tout cela, c’est un contrôle des mouvements de capitaux qui ne dit pas son nom, doublé d’une confiscation qui force vos capitaux à rester, à être emprisonnés dans le système bancaire.
Le cash dans vos mains, les espèces sont à vous, elles valent en elles-mêmes, vous en faites ce que vous voulez, on ne peut vous les confisquer ou vous les bloquer. L’argent en banque est d’une autre nature, c’est une créance sur la banque, c’est une dette de la banque à votre égard. La preuve que cet argent est d’une autre nature, c’est que le gouvernement est obligé de vous garantir que vous le retrouverez dans une limite de… 100.000 euros. On peut vous le taxer à volonté, vous l’amputer, vous l’exproprier en cas de faillite de votre banque, c’est le but de toutes les lois que l’on prend en cachette en ce moment. On peut vous imposer des frais et des taux d’intérêts négatifs, comme cela se fait déjà dans beaucoup de pays, Suisse, Pays du Nord, etc.
Un jour, les marchés financiers vont chuter.
-Les avoirs des banques vont être fortement dévalorisés par la baisse des cours boursiers.
-Les pertes vont être considérables, les capitaux propres des banques vont être insuffisants.
-Les institutions qui prêtent aux banques vont retirer leurs prêts.
La logique serait que vous ayez le droit de retirer votre argent, que vous cessiez de prêter à la banque, mais non, vous, le petit et moyen épargnant, il s’agit de vous priver de ce droit que l’on laisse aux gros, aux très gros, il s’agit de vous immobiliser, de vous bloquer.
Pourquoi croyez-vous que l’on vous dissimule l’essentiel sur les affaires chypriotes ou grecques, parce que vous comprendriez! Vous comprendriez que ce que l’on met en place, c’est la possibilité de vous « Chypriotiser ». Vous comprendriez que ce que fait Tsipras, c’est narguer Merkel en refusant d’instaurer un contrôle des mouvements de capitaux, il laisse les Grecs vider leurs comptes bancaires. Avec les nouvelles lois, ce serait impossible, ils seraient ruinés, dépouillés.
Vous ne trouverez aucune trace de tout cela dans votre presse MSM ou vos radios et télés, c’est miracle que j’aie été invité par les médias suisses à expliquer tout cela, il est vrai que j’écris régulièrement dans l’AGEFI Suisse et qu’il est difficile de m’ignorer. Qui sait que les calculs ont été faits, calculs qui démontrent que si on avait décidé de taxer les comptes bancaires des pays développés de 6% en 2008/2009, alors on aurait pu éviter la GFC, la Grande Crise Financière. Remarquez que personne ne parle de « mater » les banquiers, de les mettre au pas et de les sanctionner, non, on parle d’éviter la Crise en ponctionnant vos dépôts! On parle de taxer les victimes et de laisser impunis et riches, les responsables, les coupables.
Ceux qui s’en sortiront ne seront pas forcément les plus sophistiqués, non , car ce qui compte c’est le bon sens et l’instinct de survie. Ceux qui s’en sortiront seront ceux qui toujours, garderont à l’esprit la panique de 2009, ceux qui auront compris que l’on n’a fait, depuis, que les endormir.
Bonjour, dans le cas particulier de la France, il faut intégrer les compagnies d assurance dans le tableau car elles sont devenues, fiscalité oblige, le principal pour ne pas dire unique récipiendaire de l’épargne française pour les avoirs supérieurs à 100.000 €
Ces compagnies vont connaître les mêmes difficultés que les banques face à la hausse des taux. Or, contrairement aux compte titres des banques, les fonds actions et obligations que vous avez dans l’assurance-vie sont la propriété de la compagnie et vous ne possédez pas des titres comme vous pouviez le penser mais une créance sur la compagnie d’un montant libellé en équivalents actions ou sicav . En cas de difficultés vous êtes coincé et ferez la queue avec les autres créanciers
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