Nous n’avons aucune idée de l’issue du drame grec. A notre avis personne n’en a à ce stade. Mais la logique existe et au delà de la volonté des hommes, elle s’impose. Au travers des essais et des erreurs, au travers de cris et des pleurs.
Alors que beaucoup vont se concentrer sur les négociations de ce jour et ce que l’on appellera un succès ou un échec. Nous pensons qu’il n’y a pas de miracle , de succès ou d’échec en tout ou rien. Il y a une voie, un processus éventuel , c’est tout. et il faut l’élaborer. Le tout est de savoir si les Allemands ont eu le bras assez tordu par les Américains pour accepter d’aller dans cette voie.
La Grèce est un pion géostratégique. Et ce n’est pas un hasard si elle flirte avec les Russes. Le FMI a senti le danger, lui qui a fait un pas dans la direction d’une restructuration de la dette Grecque et ainsi brisé le front commun avec les Allemands.
Il est évident que Tsipras a plus de levier que l’on ne croit. Si le FMI continue à se montrer aussi gentil avec l’Ukraine, en faillite et aussi dur avec la Grèce, qui ne l’est pas encore, alors Tsipras se tournera vers le tout nouveau concurrent du FMI qui vient d’être mis en place, ou sur les fonds baptismaux, par la Chine. Ce serait un camouflet et un précédent énormes.Une initiative Russe seule nous parait peu probable, mais conjointement avec les Chinois, ce serait de bonne guerre. N’oublions pas que la Grèce est une pièce maitresse de l’OTAN, et que ce serait un point d’appui inestimable pour les routes maritimes Chinoises.
Dans le cas d’un entêtement Allemand, cette solution qui consiste, pour la Grèce, à mettre en balance son poids stratégique, son « leverage géopolitique », pourrait lui sauver la mise.
Il nous parait évident que beaucoup de contacts et de négociations restent discrètes, nous ne serons non seulement pas avertis, mais en plus, nous serons fourvoyés.
Dans le cas de concessions Allemandes, concessions dans lesquelles, bien entendu chacun sauverait la face puisque nous serions à nouveau dans la diplomatie et non plus dans l’affrontement, les dindons de la farce pourraient bien être les classes moyennes grecques, si il en reste, et les classes moyennes européennes.Les dindons seraient également les contribuables Allemands bien entendu et par contrecoup, la popularité de Merkel. Hollande, lui ne risque rien car il a eu l’habilité de prendre une position médiane.
Il faudrait en effet satisfaire aux demandes de Tsipras qui veut une reflexion d’ensemble et une voie viable de redressement. Cela veut dire d’une part une restructuration, réduction du poids des dettes grecques, mais symétriquement une contribution significative, un sacrifice des citoyens grecs. Il faut comme l’a dit Varoufakis, reconstituer la capacité du système grec de créer du crédit. En pareil cas, quoi de mieux qu’un genre de Chypriotisation?
Une Chypriotisation que bien entendu vous interpréterez correctement, c’est à dire comme l’exemple de ce qui vous attend un jour, si vous êtes dans un pays du Sud ou intermédiaire.