L’important, c’est la Chine, pas la Grèce. Attention! Avec ajouts

L’important, c’est la Chine, pas la Grèce.

La crise financière s’y développe et les autorités semblent dépassées. Dans un second temps, la Crise Boursière peut devenir bancaire et dans un troisième devenir économique. Nous avons attiré votre attention il y a quelques jours.

La chute de plus de 30% du marché des actions fait suite à un doublement en moins d’un an. La cotation de plus de 1000 titres est suspendue. C’est le trou. La hausse autant que la baisse traduisait le désespoir et la gravité de la détérioration de la situation de la Chine. En effet, ce qui se passe en Chine est, en caricature, le condensé de ce qui se passe dans le monde occidental depuis 2008, nous sommes dans des hausses que nous appelons « hausses de misère », elles ne reflètent pas la bonne santé, mais les déséquilibres.Et les vaines tentatives pour y pallier.

Tout ceci exprime l’erreur fondamentale qui consiste à vouloir traiter et masquer les problèmes de l’économie réelle par le recours aux politiques monétaires; on gonfle des hernies et finalement, elles s’infectent, se déchirent et le mal se répand… la différence entre les situations occidentales et Chinoises sont essentiellement des différences de formes et de rythme, la logique qui est à l’oeuvre est la même. Seul le doigté pour gérer est différent.

La Chine n’est pas isolée, elle fait partie du monde global, elle en est un élément essentiel. Nous soutenons même que le couple formé par les USA et la Chine constitue le squelette qui fait tenir le système.

Le mode de contagion est bien sur la finance, le crédit et les flux internationaux, mais il y a aussi les « commodities » et la spéculation sur les matières premières. La chute des prix du pétrole est là pour le rappeler. Sans parler de la dislocation des échanges internationaux qui s’en suivra si la crise se poursuit.

Nous ne craignons pas de dire que cette fois, la similitude avec la crise 1929 est flagrante, il suffit de remplacer, dans l’articulation logique des causes et des effets, les USA, puissance montante d’alors, par la Chine: croissance extraordinaire, enrichissement rapide, laxisme monétaire, crédit exponentiel, mal-investissement, appétit pour le risque et la spéculation, tout y est. La chute du marché nippon et les rachats sur le yen indiquent que des liquidations de positions sont en cours.

Un des éléments qui nous semble négligé est la transmission globale de la crise Chinoise par le biais de la chute de l’appétit mondial pour le risque. Le Japon sous cet aspect est particulièrement vulnérable. Toutes les valeurs économiques et financières japonaises sont fausses et cela a infecté le monde entier par le carry japonais.

La question majeure, et nous ne pouvons y répondre est celle-ci: est ce qu’une économie dirigée, centralisée est mieux à même de faire face à ce type de crise qu’une économie plus libérale, plus répartie statistiquement? Les commentateurs se raccrochent à l’idée que le gouvernement Chinois a des armes dont ne disposaient pas les Etats-Unis en 1929. Nous avons tendance à penser que ce n’est pas tout à fait vrai, car dans notre cadre analytique nous soutenons toujours que les gouvernements ne diffèrent pas, par essence, des institutions géantes privées, simplement, elles sont plus grosses, font plus d’erreurs et pendant plus longtemps car elles sont moins sanctionnées.

Ajout Mercredi 12h

La dégringolade de la place boursière chinoise n’est pas sans conséquence pour les matières premières. Des métaux précieux au pétrole, en passant par les métaux industriels et le minerai de fer, quasiment toutes les « commodities » s’échangent au plus bas de l’année, voire depuis plusieurs années, à l’image du cuivre tombé sur un plancher de plus de six ans. L’indice Bloomberg Commodities, qui suit 22 matières premières, affiche un recul de 7% depuis le premier janvier. Sur les quatre derniers jours, l’indice perd 4,6%, soit sa plus forte baisse depuis 2011.

Le pétrole n’est pas épargné par ces ventes massives. Le WTI vient d’enchainer cinq séances consécutives de repli pour retomber sur ses niveaux du mois de mars. Outre les craintes chinoises, l’incertitude grecque et les pourparlers au sujet du nucléaire iranien pèsent sur l’or noir depuis le début de la semaine. Sans oublier la surabondance de l’offre avec une production de l’Opep au plus haut et une exploitation du pétrole de schiste en Amérique du Nord qui tourne à plein régime.

Ajout Jeudi 8h

Les marchés boursiers chinois ont rebondi jeudi au lendemain de l’interdiction faite aux gros actionnaires de vendre leurs titres pendant une période de six mois dans le cadre des mesures de soutien décidées par les autorités.

Par ailleurs, une équipe emmenée par le vice-ministre de la Sécurité publique Meng Qifeng, s’est rendue jeudi matin dans les locaux du régulateur boursier pour prendre connaissance d’éléments suggérant des ventes à découvert d’actions « malveillantes », indique l’agence de presse officielle Chine nouvelle.

Les autorités « riposteront » aux activités illicites, indique Chine nouvelle, sans donner de précisions sur les activités illégales en question ou sur les personnes objet des éventuelles enquêtes.

L’autorité bancaire de son côté a fait savoir que les crédits adossés à des actions pourraient être renouvelés.

Vers 04h20 GMT, l’indice CSI300 des principales sociétés cotées à Shanghai et Shenzhen gagnait 2,43% tandis que la Bourse de Shanghai prenait 1,3%. Les deux indices avaient encore reculé de 6% à 7% mercredi.

Depuis la mi-juin, la chute des marchés boursiers chinois se chiffre à plus de 30%. A tel point que, pour certains investisseurs mondiaux, une déstabilisation du système financier qui serait due à la correction boursière chinoise constitue aujourd’hui un risque plus important que la crise grecque.

Les Etats-Unis ont fait part de leur inquiétude.

« La crainte, réelle, porte sur la signification de tout cela en termes de croissance à long terme en Chine », a déclaré mercredi le secrétaire au Trésor Jack Lew.

L’autorité de régulation des marchés boursiers chinois, la CSRC, a annoncé mercredi soir que les actionnaires détenant des participations supérieures 5% dans des sociétés chinoises cotées en Bourse n’auraient plus le droit de vendre leurs titres pendant une période de six mois.

« SENTIMENT DE PANIQUE »

L’interdiction s’applique aussi aux investisseurs étrangers qui détiennent des participations dans des sociétés cotées à Shanghai ou à Shenzhen, bien que celles-ci soient souvent inférieures à 5%.

La CSRC, qui a évoqué un « sentiment de panique » sur un marché dominé par les actionnaires individuels, a promis que les contrevenants seraient sévèrement sanctionnés.

Par ailleurs, les principaux actionnaires des grandes banques chinoises telles que ICBC ou de grandes entreprises comme la société de raffinage pétrolier Sinopec ont promis de conserver leurs participations, voire de les augmenter.

Les autorités politiques ont publié ces derniers temps une série de mesures pour soutenir les marchés boursiers : baisse des taux d’intérêt, suspension des introductions en Bourse, incitation des sociétés de Bourse à acheter des actions garanties par des liquidités de la banque centrale.

La Chine a demandé à ces intermédiaires boursiers et aux géants de fonds de s’engager à acheter des actions pour l’équivalent de plusieurs milliards d’euros, avec l’aide d’une société soutenue par l’Etat qui a promis de fournir des liquidités en quantités suffisantes.

Mais le barrage de mesures d’urgence n’ayant pas fait la preuve de son efficacité, la moitié des sociétés cotées à Shanghai et Shenzhen ont choisi de se protéger de la déroute en demandant la suspension de leur cotation.

Par ailleurs, des appels commencent à se faire entendre dans le public pour demander la démission de Xiao Gang, le président de la CSRC. Une recherche en ligne effectuée jeudi par Reuters montrait que certains de ces appels ont été censurés.

Des recherches effectuées sur les mots « Xiao Gang démission » sur Baidu et Weibo, respectivement principal moteur de recherche en Chine et sa version Twitter, affichaient le message suivant : « conformément aux lois et règlements en vigueur, certains résultats de recherche ne peuvent être affichés. »

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