L’axe franco-grec de plus en plus apparent, contre l’expulsion. Avec MAJ

Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis samedi à Bruxelles pour examiner le plan de réformes déposé par la Grèce. Le sentiment est maintenant beaucoup plus mitigé qu’il ne l’était en fin de semaine dernière.

Les pays du Nord et Schauble ne veulent pas lâcher prise. Après avoir salué la reddition en rase campagne de Tsipras, on la lui reproche,  car ainsi il a démontré que l’on ne pouvait pas lui faire confiance.

Dans sa reddition il a perdu … sa crédibilité. L’argument est certes fondé, mais ce ‘est pas une raison pour oublier la mauvaise foi qui l’anime. Schauble maintient sa tactique, il veut par un coup de billard relancer et redonner vie au Pacte de Stabilité écorné par les Francais et la Grèce est la boule qu’il utilise pour frapper.

On comprend mieux à la lueur de cette interprétation le volontarisme un peu étonnant de Hollande: il sait que c’est lui qui est visé. François Hollande, qui s’est investi personnellement pour faire aboutir les négociations, avait salué vendredi le paquet de réformes déposé par la Grèce, à laquelle Paris a prêté une assistance technique et politique pour leur élaboration. A fleurets mouchetés c’est bien d’un combat France-Allemagne qu’il s’agit. Les Francais, si ils avaient un peu de jugeotte soutiendraient leur Président dans ses positions.  Pour une fois qu’il défend les intérêts de la France, cela mérite d’être signalé.

L’optimisme et le volontarisme affichés par la France sur ce dossier tranche en effet avec le scepticisme de nombreuses capitales aux yeux desquelles la crédibilité du gouvernement d’Alexis Tsipras a été brisée pendant les longues négociations.

« La confiance a été détruite d’une manière incroyable au cours des derniers mois », insiste  le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à la réunion de l’Eurogroupe.il le dit d’autant plus facilement qu’il sait qu’économiquement le plan Tsipras ne tient pas debout.

C’est un mouton à cinq pattes fruit de l’accouplement des demandes des créanciers et de ce qui reste des limites qu’avait tenté d’imposer Varoufakis. Il n’y a plus aucune logique autre que celle d’un nouvel « extend and pretend ». Ceci signifie pour Schauble qu’il lui faudra recommencer ses manoeuvres, mais que dans l’intervalle, le temps aura passé. Et avec lui, les élections Espagnoles, les élections françaises …En plus, le temps, c’est de l’argent pour la BCE et Target 2.

Les dernières propositions du gouvernement grec, a-t-il encore estimé, sont loin d’être suffisantes pour l’octroi d’un troisième plan d’aide à Athènes. Les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international leur ont pourtant donné un premier avis favorable.

Ils ont chiffré à 82 milliards d’euros les besoins financiers supplémentaires de la Grèce pour faire face à ses obligations.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a obtenu aux premières heures de samedi le soutien du Parlement au programme de réformes qu’il se propose de mettre en oeuvre en échange d’un prêt de 53,5 milliards d’euros sur les trois prochaines années du Mécanisme européen de stabilité (MES).

L’axe franco-grec est presque clair et public: « la France (…) est un trait d’union et nous jouerons ce rôle de trait d’union jusqu’au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous », a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin, juste avant le début des travaux de l’Eurogroupe. La discussion « sera (…) exigeante parce que la confiance est un élément déterminant de l’accord, si nous voulons un accord global et un accord durable », a-t-il ajouté.

De fait, il faut aller au delà de la technique et de la diplomatie d’arrière salle, il faut engager l’affrontement , montrer les dents et enfin sortir de la complaisance dans laquelle la France s’est enfoncée jusqu’à présent. Hollande a des atouts, il est soutenu par les Anglo-Saxons et à notre avis par Draghi. La non-expulsion de la Grèce doit -être sa première victoire. Elle serait une première pierre pour l’avenir.

Certains responsables européens, même critiques vis-a-vis de la Grèce, estimaient vendredi qu’un accord était probable samedi, mais l’incertitude semble avoir regagné les esprits. Une source, qui vendredi soir se disait pratiquement certaine qu’un accord serait trouvé confiait en fin de matinée ne plus en être sûre, à quatre heures de la réunion de l’Eurogroupe.

A son arrivée à Bruxelles, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a dit s’attendre à des négociations « difficiles » entre les ministres favorables à un accord avec la Grèce et ceux qui demandent des garanties supplémentaires.

Les discussions, qui doivent aussi porter sur une aide à court terme pour faire la jonction entre les besoins immédiats de la Grèce et l’adoption du nouveau plan, s’annoncent longues et la conférence de presse finale de l’Eurogroupe était provisoirement fixée à 22h00.

Jeroen Dijsselbloem a prévenu que la question du rééchelonnement d’une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son produit intérieur brut (PIB), pourrait ne pas être abordée faute de temps.

L’aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l’Allemagne, mais constitue le principal argument d’Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d’austérité.

A défaut d’accord samedi, ce serait au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement prévu dimanche de débloquer la situation.

Important :

Il ne faut pas se tromper d’interprétation, car comme nous l’avons expliquée il y a peu, la question grecque n’est pas circonstancielle, elle est fondamentale.

Elle repose toutes les questions non résolues au fil du temps et repoussées.

-efficacité des politiques d’austérité

-validité du modèle allemand pour tous

-l’euro monnaie d’état ou simple mécanisme de changes fixes

-transferts au sein de l’ensemble européen

-Europe démocratique ou loi du plus fort

et finalement . marche ou non vers le fédéralisme.

Ajout  dimanche 9h

la Finlande refuse un nouveau bail-out

Finland’s parliament has decided it will not accept any new bailout deal for Greece, media reports said Saturday, piling on pressure as eurozone finance ministers were locked in tortuous talks to stop the debt-laden country from crashing out of the euro.

Lawmakers’ decision to push for a so-called « Grexit » came after the eurosceptic Finns Party, the second-largest in parliament, threatened to bring down the government if it backed another rescue deal for Greece, public broadcaster Yle reported citing sources close to the talks.

Les Allemands s’acharnent .

A document prepared by Germany’s finance ministry and seen by The Wall Street Journal floats a “timeout” for Greece from the eurozone for “at least the next five years” as one of two options for dealing with the debt-ridden country.

The one-page document, titled “Comments on the latest greek proposals » envisage la sortie pour 5 ans de la Grèce.

6 réflexions sur “L’axe franco-grec de plus en plus apparent, contre l’expulsion. Avec MAJ

  1. Je ne souhaite pas anticiper ce que sera finalement la décision de l’Eurogroupe mais permettez moi d’exprimer ici mon indignation quand même devant ce que j’ai pu constater ce matin en parcourant la presse, de proprement scandaleux, et qui relève de la manipulation politique, du formatage des cerveaux, sur fond d’une germanophobie quasi délirante. Mon coup de gueule ici : http://contre-regard.com/coup-de-gueule-apres-ce-titrage-viral-qui-fait-le-buzz-ignoble-et-irresponsable/

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  2. Mon commentaire vaut aussi bien pour Charles que pour Turgot.

    Ce n’est pas la première fois que je conseille de soutenir Hollande. Je l’ai déjà fait, si mes souvenirs sont bons, à l’occasion d’une question sur les banques. je me souviens avoir expliqué que le peuple n’avait pas intérêt à trop affaiblir ses représentants face aux classes kleptos et aux banques, ils sont déjà assez faibles et soumis comme cela, Pas besoin d’en rajouter.

    Ma position est ici de la même inspiration. je pense que lors d’un combat ou, ce qui est en jeu est d’ordre national , souverain, il faut soutenir le gouvernement francais contre le gouvernement étranger qui l’agresse.

    Ici, je suis sûr de l’analyse, Schauble veut mettre la France au pas, je suis Francais, je refuse d’être du côté des Allemands.

    J’ai fait de la politique avec des gens férus d’idéologie, persuadés de détenir la vérité. Cela les conduisait à pratiquer ce que l’on appelle la politique du pire.

    Idéologiquement, je suis pour le Central Banking orthodoxe Allemand, je suis pour la rigueur économique allemande, je suis contre le « extend and pretend », je suis pour la sortie amicale, généreuse de la Grèce, mais mon choix idéologique passe après mon réalisme politique quand j’ai le sentiment que quelque chose d’important se joue. Et j’avoue que j’ai le sentiment, en ce moment, que quelque chose d’important se joue, que nous sommes à un tournant en Europe.

    Mais je vais plus loin.

    Si Schauble réussit et expulse les Grecs, les citoyens des pays endettés seront terrorisés par le spectacle du chaos qui va y régner pendant deux ans, cela va les rejeter dans les bras des européistes.

    Ceux-ci vont en profiter pour dire: je vous l’avais bien dit, on ne peut contester et sortir de l’euro. C’est l’euro ou le chaos. Les européistes, les Juppé et autres vont avoir beau jeu de ridiculiser les quelques politiciens qui sont encore anti-euro et anti-Europe dans leur forme actuelle. Le camp qui est le mien va se trouver affaibli, il va même se réduire comme peau de chagrin.

    Marine le Pen a commis une grave erreur en ne résistant pas au plaisir de se désigner comme madame Frexit, cela va lui couter de nombreux points lors des élections. Les européistes tiennent le haut du pavé par la peur, il ne faut pas donner aliment et spectacle aux peurs.

    Bien entendu, ces considérations tactiques reposent sur une opinion.

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    1. Evidemment, je ne l’avais pas vu sous cet angle, et il semble que cette fois-ci les allemands iront jusqu’au bout car il y a trop de menaces avec l’Espagne en premier lieu et bien sûr la France. Etant du Nord Est, je ne supporte plus la politique de nos dirigeants, et je me laisse facilement prendre par La Ordnung. Oui, Il faut soutenir son pays, je suis avant tout français et j’aime mon pays, mais en même temps c’est très drôle de voir sautiller nos grands politiques dans tous les sens.

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  3. Bonjour, je ne vois pas personnellement quel interet a la France a jouer les chevaliers blancs dans cette affaire et de maniere aussi outranciere. Je me demande si il n y a pas un deal france-US contre l allemagne en train de s’echafauder? Objectivement, hollande defend plus des interets US que ceux des citoyens francais. A suivre…

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  4. Monsieur Bertez,
    J’ai du mal à comprendre. Soutenir Hollande vers plus de gabegie, de non réforme, etc……
    Ne serait-il pas meilleur pour la Grèce de sortir le plus tôt possible et retrouver une gestion logique de son économie?
    Je suis peut-être un peu trop ordo-libéral sans pour cela admirer le parcours allemand dans la gestion de cette crise.
    Merci de nous tenir au courant avec cette régularité.

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